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« D’une résurgence de la ménippée dans la littérature québécoise contemporaine : Du Virtuel à la romance »
Si la critique, à travers les travaux d’André Belleau notamment, a mis au jour une indéniable propension de la littérature québécoise du second demi-siècle au carnavalesque, on ne s’est guère interrogé en revanche, semble-t-il, sur la possible résurgence d’une veine ménippéenne et sur ses incidences formelles, en notre époque
d’hybridation générique marquée. Peut-être ce qui se joue ici ne concerne-t-il plus tant cette assimilation du « bas » qui faisait tout le sel du réalisme tel qu’il est défini par Auerbach et tel que le carnavalesque bakhtinien le met exemplairement en œuvre, que le
brouillage des frontières génériques et la déroute du lecteur qui en résulte. Alors que l’on a pu tenir le roman moderne pour l’héritier de la ménippée antique, il semble en effet qu’en se tournant vers elle à présent, celui-ci fasse de son impureté constitutive une
revendication : à travers l’intertextualité parodique qu’il met en œuvre ce faisant, sa transgénéricité n’apparaît plus l’expression anodine d’une polyphonie harmonieuse mais discordante. C’est l’hypothèse que l’on se propose d’examiner à travers cette étude du
texte de Pierre Yergeau intitulé Du Virtuel à la Romance (L’Instant même, 1999), que sa filiation revendiquée avec la Terre Vaine de T.S. Elliot et le Satiricon rend tout désigné pour l’interroger.
Docteure de l’Université de Paris III-Sorbonne Nouvelle et auteure d’une thèse sur le pays imaginaire, Audrey Camus travaille actuellement sur les formes contemporaines de la ménippée dans le cadre d’un post-doctorat au CRILCQ à l’Université de Montréal. Sa recherche articule aux problématiques des genres et de la fiction une réflexion sur l’espace du roman. Elle a publié plusieurs articles traitant de ces questions dans diverses revues et collectifs (à propos de René Daumal, Robert Pinget ou Antoine Volodine notamment) et prépare en ce moment un colloque sur l’œuvre de Boris Vian. |
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«Making the Scene: la traduction du théâtre d'une langue officielle à l'autre au Canada»
Façonnée par les facteurs historiques propres au contexte linguistique canadien, la traduction théâtrale doit aussi répondre aux nécessités du texte dramatique destiné à la scène et livré dans une langue orale. Parce qu'il est avant tout oral, le texte dramatique donne à entendre une parole fort différente selon qu'on s'exprime dans une langue majoritaire sûre d'elle ou dans une langue minoritaire menaçée. En ce sens, son étude fait voir de façon privilégiée la dynamique des représentations identitaires dont sont investies les dramaturgies écrites, traduites et produites dans les deux langues officielles du Canada.
Diplômée du Conservatoire d'art dramatique de Montréal, Louise Ladouceur s'est consacrée au théâtre expérimental et féministe avant de s'intéresser à la traduction. Elle a traduit six oeuvres pour la scène tout en poursuivant des études universitaires. Professeure agrégée à l'University of Alberta, elle détient une maîtrise en traduction de l'Université de Montréal et un doctorat en études interdisciplinaires de l'University of British Columbia. |
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«Discours de filiation contemporains: la responsabilité
comme principe structurant»
Longtemps préoccupés par la quête de l'origine, les discours de filiation se conçoivent de façon de plus en plus marquée dans la littérature québécoise contemporaine dans une perspective d' à - venir par laquelle le penser-à-l'autre détermine la constitution du sujet. Si un intérêt pour l'amont du récit demeure sensible, la notion de filiation se prête aussi à l'établissement d'une tradition de pensée, c'est-à-dire d'une mémoire, certes, mais surtout d'une mémoire en acte qui assure un lien entre présent et passé tout en différenciant le présent de lui-même. Il s'agit donc de voir, à partir d'essais et de romans québécois récents, comment s'invente ou se module la filiation à partir d'une éthique de la responsabilité, de voir en somme ce qui se joue dans la faille qui, paradoxalement, soude les générations. Après avoir soutenu à l'Université d'Ottawa une thèse portant sur le discours culturel des essayistes québécois (1960-2000), Anne Caumartin est présentement stagiaire postdoctorale au CRILCQ - Université Laval. Elle s'intéresse aux représentations de la culture au Québec et à ses modalités de (non-) filiation dans l'essai et le roman contemporains. |