Appel de communications

Patrimoines urbains en récits

8e Rencontre internationale des jeunes chercheurs en patrimoine

Sous la direction scientifique de Marie-Noëlle Aubertin et Marie-Blanche Fourcade

Montréal, 27-29 septembre 2012
Université du Québec à Montréal



Depuis 2005, les Rencontres internationales des jeunes chercheurs en patrimoine invitent chaque année la relève scientifique à présenter ses recherches sur divers aspects de la patrimonialisation, alternativement au Québec et en France, sous la tutelle scientifique de la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain (Luc Noppen et Lucie K. Morisset, Université du Québec à Montréal) et de ses partenaires, PARVI, le groupe interuniversitaire de recherche sur les paysages de la représentation, la ville et les identités urbaines ainsi que le Forum canadien de recherche publique sur le patrimoine. En 2012, du 27 au 29 septembre, l’Université du Québec à Montréal sera l’hôte de la Huitième Rencontre, sous la direction scientifique de Marie-Noëlle Aubertin et Marie-Blanche Fourcade. Intitulée Patrimoines urbains en récits, cette édition des Rencontres internationales des jeunes chercheurs en patrimoine s’intéressera plus particulièrement aux récits qui constituent, accompagnent, servent et transforment le paysage urbain.

Le patrimoine est récit. Sans lui, les objets, les lieux et les pratiques souffrent d’une déficience de sens, d’un manque de souffle et de vitalité (anima). Qu’il prenne la forme de discours, de mythes, d’histoires ou de mémoires, le récit participe à toutes les étapes de la patrimonialisation. Il est également objet de patrimoine soit à titre de preuve d’une reconnaissance, soit pour lui-même, en raison de sa propre valeur culturelle, à l’exemple de la littérature, des traditions populaires, mais aussi des archives textuelles, iconographiques et audiovisuelles. On peut dès lors invoquer sa double nature, à la fois matière et instrument, qui alimente et transcende en même temps le processus de construction de sens patrimonial. Le récit manifeste son pouvoir dans les démonstrations qui mènent à la sélection et à la reconnaissance aussi bien que dans les stratégies de médiations et les gestes d’appropriation qui installent durablement l’attachement patrimonial. Le récit appartient à tous : institutions, experts, citoyens ou touristes qui manient, dans le consensus ou le conflit, une même grammaire. Cette grammaire, qui peut faire et défaire le patrimoine, renseigne de manière privilégiée sur les représentations, les expériences et relations générées par la patrimonialisation. En quelque sorte, le récit nous permet d’accéder à la condition humaine du patrimoine.


Le contexte urbain apparaît des plus fertiles pour aborder les multiples formes des récits et leurs rôles dans la patrimonialisation. La densité des représentations, les transformations incessantes du paysage et la mobilité sans cesse croissante permettent de saisir la ville comme un laboratoire dans lequel les récits s’imbriquent, se métissent, s’opposent et se composent. La ville tient également un discours à la fois comparatif et réactif sur ce qui lui est étranger, à savoir les autres villes ou la campagne. Par le récit, elle investit ces imaginaires et tente de se définir contre l’autre ou à travers lui. Mode de résistance aux projets d’aménagement, stratégie de sauvegarde face à la menace de destruction de hauts lieux, support de cristallisation de souvenirs d’une ville disparue ou en voie de l’être, outil de médiation pour l’exploration urbaine, le récit se modèle et s’utilise à chaque étape de production et de transformation du patrimoine ainsi que dans ses multiples usages.

En abordant le patrimoine urbain par le paradigme du récit, nous proposons de mettre en lumière la complexité de la patrimonialisation mise en tension au cœur des questions de temps, d’espace, d’identité, de politique, et de culture, mais également de l’analyser de manière transversale en y conjuguant la diversité des séquences de la patrimonialisation et des territoires concernés à la plurivocalité des acteurs impliqués. Plus précisément, nous souhaitons saisir le rôle – la contribution – du récit dans la patrimonialisation et d’identifier, dans une tentative de narratologie patrimoniale, les caractéristiques et les modes de fonctionnement des récits patrimoniaux. Quelle est la contribution du récit au patrimoine et comment opère-t-il? Existe-t-il des figures narratives propres au patrimoine ou des éléments récurrents qui ancreraient une spécificité patrimoniale ? Quels sont les usages du récit ? Que nous disent les récits sur ceux qui les produisent et les utilisent? T elles sont quelques-unes des questions qui pourront être partagées.


Nous invitons les jeunes chercheurs de toute discipline à soumettre des intentions de communication qui présenteront des études de cas impliquant un ou plusieurs types ou ensembles de récits à partir desquels pourront être développées des pistes de réponses théoriques aux questions précédemment posées. Les intentions de communication (titre, résumé de 500 mots maximum, courte notice biographique) devront être envoyées par courriel au plus tard le 15 avril 2012 à Marie-Blanche Fourcade. Les propositions seront évaluées par un comité scientifique en fonction de leur pertinence thématique, de l’originalité de leur questionnement ainsi que de la qualité générale de leur argumentaire. Les frais de déplacement des jeunes chercheurs pourront être partiellement subventionnés, selon les disponibilités budgétaires. La Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain pourra aussi offrir quelques bourses de voyage aux intervenants.


Revues par un comité éditorial, de nombreuses contributions issues des six premières rencontres ont été publiées dans des ouvrages collectifs; les actes de la septième rencontre sont en préparation et il est prévu que les communications de cette huitième rencontre fassent l’objet d’un semblable projet d’édition.



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