CRILCQ

Les midis-conférences Figura/CRILCQ

 

Figura, le Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire (site UQAM), et le CRILCQ-UQAM vous invitent cordialement à assister aux conférences organisées dans le cadre de leur cycle de midi-conférences. Il s'agit d'une initiative conjointe, dont l'objectif est de créer un espace informel de discussion et d'échanges où les stagiaires postdoctoraux et les étudiants de 3e cycle associés à l'un ou l'autre des deux centres pourront présenter leurs travaux en cours.

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Hiver 2011

 

Denisa-Adriana Oprea (boursière Gaston Miron de l’AIÉQ, stagiaire au CRILCQ)
Figures postmodernes dans le roman québécois contemporain au féminin (1985-2010)

Mardi, 25 janvier 2011, 12 h 30 à 13 h 30, UQÀM

Résumé : Cette conférence se propose de baliser des éléments pour une « typologie » du personnage postmoderne à travers un corpus de romans québécois contemporains au féminin (1985-2010). Deux axes fondamentaux, qui sont autant d’attitudes décelées à l’intérieur du post-moderne, y régissent la distribution du sens. Il s’agit du postmoderne du décentrage et du postmoderne du vide. Les figures relevant du postmoderne du décentrage sont le personnage métissé, que met en scène par exemple Monique Proulx dans Le sexe des étoiles (1987) et la nomade, qu’on rencontre dans Baroque d’aube (1995), de Nicole Brossard. Pour ce qui est des figures du vide, elles sont représentées par le personnage-simulacre, telle Brigid O’Doorsey dans Copies conformes (1989) de Monique LaRue, le personnage de l’excès, tels les obèses de Lise Tremblay (dans L’hiver de pluie, 1990 et La danse juive, 1999) ou bien les sidéens qui parcourent la série Soifs (1995-2010) de Marie-Claire Blais. Par-delà une « typologie » des figures postmodernes, cette conférence propose une réflexion en marge de l’ontologie et de l’axiologie postmodernes.

Denisa-Adriana Oprea est titulaire d’un doctorat en littérature québécoise (Université Laval, Québec, janvier 2008). Elle enseigne le français langue étrangère à École nationale d’études politiques et administratives, filiale de Cluj-Napoca, Roumanie. Co-auteure de l’ouvrage Communication interculturelle et discours médiatiques (Bucarest, Comunicare.ro, 2009), auteur d’articles, études et traductions. Entre autres, elle a rendu en roumain Volkswagen Blues, de Jacques Poulin. À présent elle est stagiaire AIEQ au CRILCQ – Université de Montréal, en tant que récipiendaire de la Bourse d’excellence Gaston-Miron 2010. Ses intérêts de recherche portent notamment sur le roman québécois au féminin, dans une perspective féministe et postmoderne.

Christophe Meurée (Figura – UQAM)
Prophétie et sacrifice (à partir de Rosie Carpe de Marie NDiaye)

Mardi, 8 février 2011, 12 h 30 à 13 h 30, UQÀM


Résumé : Rosie Carpe de Marie NDiaye (2001) est truffé de références bibliques détournées et tronquées. Comme si l’écrivain réglait un vieux compte avec les valeurs chrétiennes. À la fin de la troisième partie du roman, Titi, le fils de Rosie, s’apprête à être sacrifié, tel un agneau, sur l’autel d’un bonheur tant désiré par sa mère. Cependant, Lagrand, l’homme amoureux de Rosie, averti prophétiquement du destin funeste de l’enfant, s’oppose à cette fin. Au premier sacrifice vient alors s’en greffer un second, antérieur, orchestré par Lazare, le frère de Rosie, et par son ami Abel. La neutralisation du sacrifice de Titi par Lagrand vient alors racheter en quelque sorte le précédent. La prophétie ne s’actualise pas parce que le prophète en dénonce l’inutilité et cette « inactualisation » donne alors lieu à un épilogue étrange, nimbé d’une aura d’irréalité, qui ne prend sens qu’à comprendre la relation qu’entretiennent sacrifice et prophétie dans l’imaginaire ndiayïen. Marie NDiaye détourne les figures de la prophétie et du sacrifice au profit d’une impossible réparation, qui détermine toute la structure temporelle du roman. Dans cette optique, il devient possible de réinterpréter ces figures à l’aune d’une subjectivité apocalyptique, dont la révélation est intégralement négative, malgré le semblant de happy end. Le roman se livre en effet comme l’exploration d’un messianisme négatif, au sein duquel la rédemption prend des allures de rêve lointain, vaguement cauchemardesque.

Docteur en langues et lettres de l’Université catholique de Louvain (Belgique), Christophe Meurée a été assistant dans cette même université durant sept ans. Chargé de recherche du Fonds national de la recherche scientifique (Belgique). Ses recherches portent sur la théorie littéraire et la littérature contemporaine. Il travaille actuellement sur les discours et personnages prophétiques dans la littérature du XXe siècle et vient de diriger le cinquième numéro de la revue en ligne Interférences littéraires, consacré au « Sujet apocalyptique ». Il est également l’auteur d’une vingtaine d’articles, co-auteur d’un manuel de théorie littéraire et co-directeur du collectif De mémoire et d’oubli : Marguerite Duras. Ses auteurs de prédilection sont Duras, Koltès, NDiaye, Toussaint, Pinget, Cohen et François Emmanuel.
Prophétie et sacrifice (à partir de Rosie Carpe de Marie NDiaye).

Stéphanie Danaux (CRILCQ – Université de Montréal)
L'illustration pour la jeunesse au Québec.
Naissance et développement du genre avant 1940

Mardi, 1er mars 2011, 12 h 30 à 13 h 30, UQÀM


Résumé : Cette conférence présentera l’évolution des livres illustrés publiés pour la jeunesse francophone du Québec avant 1940. Si les enjeux littéraires de cette production ont déjà fait l’objet de nombreuses études, la question de ses singularités matérielles, iconographiques et stylistiques (mises en page, rapport texte-image, idéologies, ouverture à la modernité) reste inexplorée à ce jour. L’évolution de cette production peut se découper en trois périodes : une phase d’apparition et de mimétisme vis-à-vis de l’édition pour adultes de 1915 à 1920 (rendue possible par les initiatives de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal), une phase d’autonomisation de 1921 à 1929 (initiée par James McIsaac, premier illustrateur spécialiste de la jeunesse) et, enfin, une phase de modernisation dans les années 1930 (encouragée par  les initiatives de l’éditeur Albert Lévesque).


Historienne de l’art spécialiste de l’illustration, Stéphanie Danaux poursuit ses travaux dans le cadre d’un stage postdoctoral au CRILCQ-UdeM. Ses recherches actuelles portent sur l’illustration pour la jeunesse et l’illustration de presse (bédéistes et caricaturistes). Les résultats de ses travaux ont notamment été publiés dans MENS. Revue d’histoire intellectuelle de l’Amérique française (2005), Études canadiennes (2008), Revue de BAnQ (2009) et Textimage. Revue d’étude du dialogue texte-image (2010). Elle a récemment contribué aux actes du colloque Passeurs d’histoire(s). Figures des relations France-Québec en histoire du livre parus aux Presses de l’Université Laval (2010).

Stéphanie Chifflet (Figura – UQAM)
La figure de l’ingénieur dans la fiction francophone contemporaine : Tesla chez Echenoz et Le Coz

Mardi, 5 avril 2011, 12 h 30 à 13 h 30, UQÀM

Résumé : L'ingénieur occupe une place majeure dans l'imaginaire occidental contemporain. Il est le héros des sociétés modernes. Depuis les années 1980, certains ingénieurs sont même devenus de véritables vedettes, incarnant à eux seuls une technologie innovante, un marché prometteur, un parcours singulier (Bill Gates, Steve Job). Mais la valorisation de l'ingénierie s'inscrit plus largement dans une fascination, ancienne, pour la figure du savant (dont l'ingénieur est une déclinaison). Il est celui qui assimile des connaissances et les applique pour intervenir sur le monde, sur la matière. Il est en quelque sorte l'initié et le rusé. Il lie le bricolage et le sublime. La littérature contemporaine convoque volontiers la figure de l'ingénieur (pensons par exemple au roman La Naissance d'un pont de Maylis de Kerangal). L'ingénieur semble une figure propice à une construction romanesque, particulièrement apte à incarner des préoccupations et des fantasmes actuels (un imaginaire). La vie tumultueuse de certains d'entre eux est un matériau fécond pour les écrivains. C'est le cas de Nikola Tesla (1856-1943), qui a inspiré Des éclairs de Jean Echenoz (2010) et L'Homme électrique de Martine Le Coz (2009).

Docteurs ès lettres de l’Université Stendhal-Grenoble III, Stéphanie Chifflet poursuit actuelle-ment des recherches postdoctorales sur l'imaginaire scientifique et technique. Ses travaux portent en particulier sur l'imaginaire des nouvelles technologies (nanotechnologies, biotechnologies, technologies de l'information et de la communication). Elle s'intéresse également à la figure du scientifique – au sens large – qu'elle réinscrit dans une histoire culturelle de la longue durée.

 

 

Calendrier et résumés des midi-conférences Figura/CRILCQ passés

Renseignements

Bronja Hildgen, coordonnatrice scientifique de Figura
ou Lise Bizzoni, coordonnatrice scientifique du CRILCQ-UQÀM

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