CRILCQ

Les midis-conférences Figura/CRILCQ

 

Figura, le Centre de recherche sur le texte et l'imaginaire (site UQAM), et le CRILCQ-UQAM vous invitent cordialement à assister aux conférences organisées dans le cadre de leur cycle de midi-conférences. Il s'agit d'une initiative conjointe, dont l'objectif est de créer un espace informel de discussion et d'échanges où les stagiaires postdoctoraux et les étudiants de 3e cycle associés à l'un ou l'autre des deux centres pourront présenter leurs travaux en cours.

 

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Hiver 2010

 

Gwenn Scheppler (CRILCQ– U. Laval)
Les formes alternatives de diffusion du cinéma au Québec entre 1940 et 1960

Mardi, 12 janvier 2010, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : Lors de cette conférence, Gwenn Scheppler présentera les grands axes de sa recherche postdoctorale sur les formes de distribution alternative du cinéma au Québec entre 1930 et 1960. Ces recherches se concentrent plus précisément sur les formes de projection où la parole avait une place prépondérante, sous la forme du boniment, du prêche, de la conférence ou encore de la simple discussion. Quatre institutions principales ont organisé de telles projections pendant ces trois décennies : les prêtres-cinéastes, les circuits des représentants de l'Office National du Film du Canada, le Service de Ciné-Photographie du Québec ainsi que le mouvement des cinéclubs de l'Action Catholique.

La conférence vise dans un premier temps à décrire et documenter les systèmes mis en place par ces quatre institutions et la logique globale de l'organisation des projections. Au-delà de leur fonctionnement, il s'agira de montrer leur importance et leur diversité. Dans un deuxième temps, nous questionnerons leurs interactions et la façon dont elles ont reflété le contexte socioculturel de l'époque.

Gwenn Scheppler, docteur, auteur d'une thèse sur les interactions socioculturelles entre l'oeuvre de Pierre Perrault et la société québécoise. Stagiaire postdoctoral du CRILCQ Université Laval, bourse du FQRSC. Co-chercheur de l'Équipe « Cinéma et oralité », Université de Montréal.
Sujet de recherche actuel : les formes de distribution alternative du cinéma au Québec entre 1930 et 1960.
Publications en cours : « le bonimenteur et ses avatars », CINéMAs, janvier 2010 (codirection avec Germain Lacasse et Vincent Bouchard). Pratiques orales du cinéma : textes choisis, L'Harmattan, automne 2010 (codirection avec Germain Lacasse et Vincent Bouchard).

Guillaume Bellon (Figura)
La fable comme défaut de discours : l'exemple des cours et séminaires de Barthes, Deleuze, Derrida et Foucault

Mardi, 26 janvier 2010, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : « Raconter » l'histoire des fous et des anormaux (Foucault), dévider la « fable » du pouvoir souverain (Derrida), faire comme si on allait écrire un roman (Barthes) ou « penser par anecdotes » certains tableaux de Michel-Ange (Deleuze) : ces propositions instituent chacune un jeu de la parole enseignante avec la fable. En portant attention à ce que Derrida nomme la « mise en scène » du discours de savoir, il s'agit de considérer le recours à la fable non comme un défaut de méthode (signe d'un manque de rigueur ou de distance à l'objet), mais comme défaut de discours. On voudrait par là observer ces moments où les autres discours (notamment l’exposé « scientifique ») ne sont pas à même de prendre en charge une pensée « fragile », incertaine de ses présupposés comme de ses conclusions. En se soustrayant au régime du vrai et du faux, du démontrable ou du réfutable, la fiction permettrait ainsi au professeur de proposer une image singulière de la pensée, plus proche de ce que Deleuze nomme son « cri » et que Barthes appelle son « champ de nuances infinies » – loin des réductions du système ou de la dissertation.

Guillaume Bellon, stagiaire postdoctoral au centre « Figura », mène actuellement des recherches sur le cours comme « style de pensée ». Il co-organise avec Jean-François Hamel un colloque international sur cette question, les 23 et 24 avril prochain. Docteur de l’Université Stendhal, Grenoble III, il est par ailleurs rédacteur en chef de la revue Recto/Verso, revue de critique génétique en ligne (http://www.revuerectoverso.com).

Marie-Frédérique Desbiens (CRILCQ– U. Laval)
Le nouveau roman historique et ses adaptations médiatiques : de L'allée du roi aux Aventures de Nicolas Le Floch

Mardi, 9 février 2010, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : Des années 1980 à aujourd'hui, le roman historique a connu une floraison exceptionnelle tant au Québec et en Amérique du Sud qu'en France. Le plus souvent relégué du côté de la littérature de grande consommation, ce genre est pourtant pratiqué, depuis son émergence au XIXe siècle, par nombre d'auteurs légitimés. De plus en plus de chercheurs et d'écrivains érudits composent d'ailleurs des récits historiques qui forment une branche particulière de ce genre : « le roman de spécialiste ». C'est à cette dernière catégorie qu'appartiennent L'allée du roi (1981) de Françoise Chandernagor et Les aventures de Nicolas Le Floch (2000-2009) de Jean-François Parot que j'aborderai ici, non seulement dans leurs formes romanesques mais également dans leurs versions télévisuelles. L'analyse de ces oeuvres littéraires démontrera d'abord qu'elles comportent plusieurs des caractéristiques du « nouveau roman historique » – tel que défini par Seymour Menton –, et qui se distingue du roman historique romantique axé sur la dimension nationale tout en gardant des liens étroits avec le roman-feuilleton des années 1830. Un examen des téléséries dont les romans ont fait l'objet permettra ensuite de cerner les principaux éléments mis de l'avant dans ces adaptations (tensions dramatiques, ascension des protagonistes, dimension gothique, etc.), qui élargissent ou modifient la portée et les visées des textes. Cette communication sera ainsi l'occasion d'interroger les notions de savant et de populaire qui, loin de simplement s'opposer, s'entrecroisent dans l'étude de la fiction historique et circulent d'une sphère médiatique à l'autre.

Après avoir rédigé un mémoire sur les dernières lettres de Chevalier de Lorimier, Marie-Frédérique Desbiens a collaboré à des éditions critiques sur l'histoire et les écrits de Patriotes (15 février 1839 ; Histoire des Patriotes de Gérard Filteau). S'inscrivant dans la même perspective de la sociologie de la littérature et des études culturelles, sa thèse sur le premier romantisme au Canada (« La plume pour épée, 1830-1860 », ULaval, 2005) l'a amenée à publier des articles dans différents collectifs (Les oubliés du romantisme ; Portraits des arts, des lettres et de l'éloquence au Québec ; Littérature et cinéma au Québec) et à diriger des dossiers de revues (Bulletin d'histoire politique ; Québec français). Elle a également prononcé plusieurs communications au Québec et en Europe sur ces questions ainsi que sur le roman historique, principal sujet de la recherche postdoctorale qu'elle a poursuivie au CNRS à Paris de 2005 à 2007 et de ses travaux actuels. Cosignataire de La vie littéraire au Québec depuis le sixième tome (à paraître en 2010), elle est actuellement coordonnatrice de ce projet.

Mathilde Barraband (CRILCQ– U. de Montréal)
Figures de l’écrivain dans l’essai contemporain au Québec

Mardi, 9 mars 2010, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : Cette recherche participe d’une archéologie des représentations contemporaines du fait littéraire. Il s’agit de faire apparaître, au sein d’essais québécois publiés au cours des trois dernières décennies, des figures saillantes de l’écrivain et de son activité, et de se demander dans quelle mesure elles constituent les substrats d’un héritage. L’investigation du corpus est ainsi largement orientée par la recherche de représentations types. Quelles figures de l’écrivain les essayistes québécois contemporains sélectionnent-ils au sein du répertoire qu’a constitué l’imaginaire collectif ? Comment les essayistes mettent-ils en scène leur propre figure ? Ces réflexions permettront plus généralement de questionner le processus de la construction d’une figure d’écrivain, ses modes et ses motivations.

Mathilde Barraband, actuellement stagiaire postdoctorale au CRILCQ-site Université de Montréal, est l’auteure d’une thèse sur Pierre Bergounioux et François Bon à la Sorbonne nouvelle (Paris 3). Elle travaille sur les littératures française et québécoise, selon la perspective d’une histoire littéraire du contemporain.

David (Jhave) Johnston
“Glia : Word-Jelly with network sauce”

Mardi, 16 mars 2010, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : A selection of web-based language-works (interactive, poetic and stylistically genre-diverse) from http://glia.caProjections will be accompanied by commentary by the artist. Digital poetry from a practitioner's perspective is a hybrid art that encompasses interactive interface design, sound composition, video creation, animation and literature. The talk will explore both the theory and techniques that underlie the creation of online digital poetry from both historical and futurist perspectives.

Web-curator and independent media-arts practitioner, involved in numerous collaborative and solo digital and in-situ art practises. Focus: Language-based online digital art. Combinatorial poetics, multimedia poetry. Currently, developing works that feature typographic experiments built through a synthesis of Flash, Mudbox, Vegas, Ableton Suite and Mr. Softie Working and exhibiting with, among others: FILE, Champ Libre, Bioteknica , Turbulence.org, Ollivier Dyens, OBX, TML, Symbiosis, Zoi...). His work has been exhibited at 3 new media Biennales: Montreal '03 & '09 & Toronto '04.

Anaïs Guilet (Figura)
Du cyborg littéraire : le livre et sa textualité à l'épreuve des nouveaux médias

Conférence reportée

 

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Automne 2009

 

Sandria P. Bouliane (CRILCQ–U. Laval)
« Goodbye Broadway, Hello Montreal ! » ou Interactions nouvelles et diffusion d'un nouveau répertoire de chansons populaires dans les années 1920

Mardi, 15 septembre 2009, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : Au cours de la première moitié du XXe siècle, les chansons populaires à succès de la Tin Pan Alley obtiennent un vif succès partout aux États-Unis et au Canada. Les chansons franchissent la frontière de la langue pour trouver un public canadien-français également séduit par la popularité et la nouveauté d'un genre musical plus urbain. Pour contrer l'envahissement de la musique anglophone, tout en tirant profit de sa présence, de nombreux « auteurs », dont Roméo Beaudry, traduisent ou plutôt adaptent en français des centaines de chansons étatsuniennes. Ces chansons ont ensuite donné naissance à des œuvres originales en français, possédant des éléments stylistiques de la Tin Pan Alley et de la musique canadienne-française. Mais que s'est-il passé entre Broadway et Montréal ? En quoi se distingue ce corpus ? Et quels sont les modes de diffusion dont vont profiter ces chansons ? Je propose de nous attarder sur les interactions nouvelles qu'a suscité ce nouveau répertoire entre les cultures anglophone et francophone, les cultures populaire et savante – amateurs et professionnels – dans les années 1920 à Montréal.

Sandria P. Bouliane est doctorante en musicologie à l'Université Laval sous la direction de Serge Lacasse et Marie-Thérèse Lefebvre. Ses recherches portent principalement sur l'histoire et l'analyse de la phonographie populaire canadienne-française de la première moitié du XXe siècle. Elle s'intéresse notamment aux approches multidisciplinaires et collabore au projet « Penser l'histoire de la vie culturelle québécoise » du CRILCQ depuis 2003. Elle a récemment contribué à l'ouvrage collectif La chanson francophone engagée paru chez les Éditions Tryptique en 2008 et à un module interactif sur la chanson populaire francophone au Canada pour l'Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française, qui sera lancé en septembre 2009.

Sébastien Dulude (CRILCQ–UQTR et McGill)
De la typographie à la performance. Visibilité de la poésie contemporaine

Mardi, 13 octobre 2009, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : Depuis peu, les études littéraires ont amorcé une prise en compte des formes matérielles du texte en accordant à celles-ci un rôle déterminant dans le processus de production de sens.

En poésie en particulier, des recherches concernant la mise en page, la typographie et l'illustration ont nourri certains travaux mettant en lumière la perception visuelle du texte, considéré comme la structure portante d'un contenu. Plus qu'un programme de lecture et de décodage sémantique, le texte propose dès lors un espace à investir de sens, à savoir celui de la page, du livre. Pris en charge par le poète auprès d'un public, le poème performé s'observe quant à lui sous l'angle d'une triple spatialisation : acoustique (voix, sonorisation), visuelle (gestes, danse, posture) et relationnelle (contact sensoriel, implication émotionnelle et, parfois, participation directe du spectateur).

Notre communication est une invitation à suivre l'évolution de pratiques poétiques qui accordent aux composantes matérielles, physiques, en somme visibles de la poésie au moins autant d'importance qu'à sa stricte dimension sémantique dans une perspective qui convoque l'histoire de l'art et de l'imprimé avec l'étude des formes du langage poétique, qu'il soit écrit ou oral.

Sébastien Dulude amorce à l'Université du Québec à Trois-Rivières des recherches doctorales sur les pratiques performatives du texte poétique québécois contemporain, sous la direction de Michel Lacroix (UQTR) et Pascal Brissette (McGill). Ses recherches portent plus particulièrement sur les médiums de diffusion de la poésie : après s'être intéressé à la maîtrise aux rapports entre typographie et poésie (au sein du corpus des Éditions Erta), ses travaux actuels examinent la dimension spatiale et corporelle de la performance poétique.

Émilie Houssa (Figura)
Petite histoire de la fiction documentaire

Mardi, 27 octobre 2009, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : À la suite du « Ciné-ma vérité » de Chris Marker proposé au regard du « Cinéma vérité » de Jean Rouch et Edgar Morin, la notion de fiction documentaire permet de réfléchir à la façon dont le cinéma documente le réel. Dans l’imaginaire collectif, la fiction et le documentaire sont radicalement opposés. Il est intéressant de voir en quoi ils sont complémentaires et souvent interdépendants. Cette notion permet de mettre en avant un point fondamental : montrer comment tout media change la perception du réel. On touche ici à la notion de vraisemblance, est-ce qu’on doit considérer comme document ce qui semble le plus proche de la réalité ? Dans la notion de fiction documentaire c’est moins le terme document que la démarche documentaire qui est évoquée. Fiction signifie étymologiquement forger, c’est-à-dire raconter une histoire qu’on justifie. La différence entre fiction et documentaire se joue donc plutôt sur l’exposition ou non de la démarche. La fiction raconte un fait, elle l’expose. Le documentaire raconte comment on expose ce fait. La fiction documentaire travaille à montrer une image en formation, en « fictionnalisation ». En partant de la proposition de Jean Vigo mais aussi en se fondant sur celles de Jean Rouch avec l’anthropologie visuelle, de Chris Marker avec le ciné ma vérité ou de Jacques Rancière, pour qui « La mémoire est œuvre de fiction », je travaillerai à retracer une histoire et à montrer les enjeux actuels de la fiction documentaire.

Émilie Houssa étudie au doctorat en études et pratiques des arts à l’UQAM sous la direction de Joanne Lalonde et Sylvie Fortin. Son sujet de recherche porte sur le cinéma documentaire au regard du système d’information médiatique contemporain. Elle est membre du comité de rédaction de .dpi et du groupe de lecture Penser la théorie à Concordia. Elle a également contribué, entre autre, aux revues de cinéma Vertigo et Spleet Screan, à la revue d’art contemporain 2.0.1 et à plusieurs ouvrages collectifs comme Le Cinéma critique, de l’argentique au numérique, voies et formes de l’objection visuelle, sous la direction de Nicole Brenez et Bidhan Jacobs à paraître aux Presses Universitaires de la Sorbonne.

Nelly Duvicq (CRILCQ–UQAM)
Existe-t-il une littérature inuite au Québec ?

Mardi, 10 novembre 2009, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM
salle J-4225

 

« Un peuple qu'on réduirait à sa pratique orale serait un peuple voué à la mort culturelle », expliquait Édouard Glissant dans Le discours antillais. Depuis plus de cinquante ans, les Inuit du Nunavik (Arctique québécois) utilisent l'écriture comme moyen de communication culturelle et littéraire. Peut-on dès lors parler d'une littérature inuite du Nunavik ? Poser une telle question, c'est déjà admettre la précarité institutionnelle d'un tel corpus. J'évoquerai à travers l'exemple de deux auteurs, Markoosie Patsauq et Emily Novalinga, les influences qui ont nourri le développement d'une littérature qui prend racine au Nord, ses thèmes dominants, l'interaction des personnalités, des revues et des œuvres. Il sera aussi question des difficultés rencontrées par une littérature émergente, les défis auxquels elle doit répondre.

Les écrivains inuits n'ont fait œuvre vraiment personnelle qu'à partir du moment où ils ont pris conscience de leur identité culturelle distincte. Ce processus s'accompagne d'un engagement politique qui amène l'auteur à formuler les revendications de son peuple et à exprimer la personnalité culturelle de celui-ci. L'exemple de Taamusi Qumaq, savant autodidacte, illustrera parfaitement ces enjeux.

Nelly Duvicq est étudiante au doctorat en Études littéraires à l'UQAM sous la direction de Daniel Chartier. Son sujet de thèse porte sur les écrits du Nunavik depuis 1959 à nos jours et sur les conditions d'émergence d'une littérature inuite. Elle est également coordonnatrice du Laboratoire international d'étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord et participe au projet de recherche collectif réunissant l'Université McGill et l'UQAM sur « la mise en valeur du patrimoine écrit du Nunavik », subventionné par l'Année polaire internationale. Nelly Duvicq prépare également, en collaboration avec Daniel Chartier, l'édition en français d'un recueil des écrits inuits du Nunavik.

Sylvano Santini (Figura)
Le présent qui passe. Pourrions-nous imaginer l'image du temps de Deleuze ?

Mardi, 24 novembre 2009, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Il sera question d’images et de temps, d’images dont le but est de figurer une perception du temps, c’est-à-dire encore une manière de saisir le sujet dans le temps. Les métaphores qui circulent aujourd’hui autour de la notion heuristique de régimes d’historicité tendent presque toutes à faire voir le sujet contemporain comme étant immobilisé dans son propre présent. C’est comme si le temps ne s’écoulait plus, comme si le sujet n’était plus un procès, un devenir; c’est comme si finalement il était emmailloté dans les rets d’une interminable présence à soi, entortillé dans la « nasse » de son champ immédiat d’expérience.  Les métaphores qui s’efforcent de construire une telle vision du temps condamnent le sujet à croupir dans la prison d’un perpétuel présent, où le passé ne soulève plus qu’un banal désir de commémoration et le futur, une pratique de survie. Est-ce que le sujet contemporain se réduit au présent autarcique ? Il m’apparaît urgent d’interroger les métaphores du présentisme à la lumière de leur propre historicité, car quel genre de rapport à l’histoire peut-on bien avoir pour être capable de produire des images du temps immobilisé dans le présent ? Le présentisme ne serait-il pas victime d’une illusion d’optique qui découlerait d’une perception dialectique de la succession des régimes d’historicité dans l’histoire :  après l’ancien régime d’historicité où le sujet vivait son expérience du présent au passé et après le nouveau régime où il le vivait au futur, quelle autre possibilité temporelle restait-il pour exprimer l’expérience contemporaine du présent sinon le présent lui-même ? L’équilibre des régimes d’historicité est beaucoup trop intelligible pour ne pas paraître suspecte. C’est dans cet esprit que je confronterai les métaphores du présentisme à l’image du temps que propose Deleuze et qui nous fait voir le sujet individuel, notre contemporain, comme un présent qui passe.

Sylvano Santini est postdoctorant à l’UQAM (CRSH 2008-2010). Il a rédigé une thèse de doctorat sur l’appropriation pragmatique de Gilles Deleuze dans la théorie littéraire aux États-Unis. Membre du comité de rédaction du magazine Spirale et responsable de l’émission en ligne « Mondes Contemporains » de Radio-Spirale, il termine une étude sur le poète Paul-Marie Lapointe et prépare la publication d’un entretien avec Sylvère Lotringer sur la revue Semiotext(e) et la French theory.

Stéphanie Dauget (Figura)
AU SEUIL DU VISIBLE. Pour un dispositif critique de l'installation vidéo

Mardi, 8 décembre 2009, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM

Résumé : L’enjeu du comment montrer et du comment voir n’a jamais été plus insolvable ni plus fascinant qu’à l’ère du totalitarisme visuel. L’image vidéo issue de cette veine vorace et versatile est devenue un vecteur privilégié pour réfléchir sur le sort du visible dans les arts actuels. Cependant, ce n’est qu’au prix de l’orchestration de sa propre perte qu’elle pourra rétablir une conscience des conditions de l’expérience esthétique de l’œuvre. À cette fin, il est toujours essentiel de venir blesser la surface lissante de l’image pour en restaurer la profondeur, rôle accordé au dispositif critique comme nouveau cadre pour l’image vidéo. Dans l’interstice qui lie le regard et l’image, et dans le cadre d’une étude des dispositifs d’installation vidéo, je souhaite évoquer les autres résistants à la disparition du visible : ceux qui accompagnent les artistes, qui agissent dans les marges de l’œuvre, pour en extraire le sens. Cette intervention se focalisera notamment sur le travail de la commissaire et critique de Montréal Nicole Gingras.

Stéphanie Dauget est titulaire d’un DNSEP à l’École Nationale Supérieure des Beaux Arts de Bourges depuis 2005, et est actuellement doctorante et allocataire de recher-che en arts et esthétique à l’Université Michel de Montaigne de Bordeaux III sous la direction de Pierre Sauvanet. Elle travaille à la rédaction de textes de présentation pour des expositions, catalogues et revues. Elle a notamment écrit pour Eponyme Galerie (Bordeaux), la revue Esse (Montréal) et a effectué un stage au Centre d’art et de diffusion Clark (Montréal) en 2008.

 

Hiver 2009

 

Mathilde Barraband
D'un outil ne servant à rien : la littérature. La figure de l'écrivain-artisan chez Pierre Bergounioux et François Bon

Mardi, 27 janvier 2009, 12 h 30 à 13 h 30, UQÀM, pavillon Judith-Jasmin,
salle J-4255

Résumé : La nouvelle génération des écrivains français qui commence à publier au début des années 80 s'est initiée à la littérature dans le contexte d'engagement et d'effervescence intellectuelle des années 60-70. Chez certains, le tournant des années 80 marque plus qu'un passage – de l'initiation à la création, ou de l'écriture pour soi à la publication –, il engage quelque chose de l'ordre d'une reconversion du politique au littéraire. Ce fut notamment le cas de plusieurs écrivains qui se sont rassemblés, entre la fin des années 80 et celle des années 90, autour d'une petite maison d'édition, symbole de cette reconversion : les éditions Verdier. S'il n'existe rien moins qu'une « École Verdier », puisque ni les éditeurs ni les auteurs ne songeraient à masquer la singularité des recherches et des œuvres, ces auteurs ont assumé une trajectoire similaire, et bien souvent élaboré leurs projets littéraires en tentant de résoudre de mêmes questions, de semblables contradictions. Pourquoi écrire ? Pour qui ? Que peut la littérature ? Telles sont quelques-unes des interrogations qui traversent les discours sur la littérature de ces écrivains Verdier et notamment de Pierre Bergounioux et François Bon.

Mathilde Barraband, stagiaire postdoctorale de Figura, a soutenu une thèse, à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), s'intitulant « Pierre Bergounioux, François Bon : la connaissance à l'œuvre. Essai d'histoire littéraire et de poétique historique ». Le titre de son projet postdoctoral est «  Écrire après l'engagement. Représentations du littéraire et de l'écrivain dans les essais et entretiens des écrivains des éditions Verdier ».

Hervé Guay
Le dialogisme hétéromorphe dans la dramaturgie québécoise actuelle, obstacle à l'édition ?

Lundi, 9 février 2009, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-4255

Résumé : De nombreux critiques ont noté l'importance décroissante des textes dans une fraction du théâtre actuel. Hans-Thies Lehmann a qualifié de post-dramatique ce type de théâtre, soulignant ainsi sa relation problématique au texte et à la publication. Seront soulevés ici quelques-uns des problèmes que posent à l'édition les textes de quatre spectacles (En français comme anglais, it's easy to criticize (1998), Hippocampe (2002), La Noirceur (2003), Norman (2007) appartenant à cette mouvance. On peut aussi observer que le dialogisme qui gouverne ces spectacles s'éloigne souvent des dialogues traditionnels. Nous nous servirons de la notion de dialogisme hétéromorphe dérivée de Bakhtine et de Carlson pour désigner le fonctionnement particulier de ces spectacles. Nous essaierons de comprendre le rôle désormais confié à l'auteur dramatique dans ces œuvres. Nous nous attarderons de plus aux aspects de l'écriture dramatique plus particulièrement touchés par l'avènement de ce nouveau dialogisme scénique.

Hervé Guay possède un doctorat en études et pratiques des arts de l'Université du Québec à Montréal. Il effectue en ce moment un stage postdoctoral au CRILCQ – site Université de Montréal – portant sur « Le dialogisme hétéromorphe dans la dramaturgie québécoise actuelle 1998-2007 ». Ses recherches sont alimentées par les nombreuses années où il fut critique de théâtre au quotidien Le Devoir, mais aussi par son travail de chargé de cours à l'UQAM et à l'Université de Montréal. Outre la dramaturgie, il est passionné par l'histoire culturelle et l'analyse des discours. Il a signé des articles dans plusieurs ouvrages collectifs, dictionnaires et revues savantes.

Émilie Granjon
Complexité de l'imaginaire ésotérique : l'interdisciplinarité à l'œuvre

Mardi, 24 février 2009, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-4255

Résumé : L'ésotérisme est une figure complexe réunissant différents courants (alchimie, théosophie, astrologie, cabale, etc.) dont le principe identitaire est fondée sur l'interdisciplinarité. Le projet initial des courants ésotériques, en témoigne l'alchimie et la théosophie, ne diffère pas selon les époques, cependant les manières de les conceptualiser varient en fonction des contextes philosophiques et scientifiques. La Renaissance est marquée par un renouveau littéraire, scientifique et artistique qui n'échappe pas aux alchimistes et aux théosophes. En effet, les disciplines ésotériques se placent au confluent des divers champs que sont la médecine, la pharmacopée, la philosophie, l'astrologie, la physique, la mythologie, la cabale, la religion. Les symboliques afférentes, dignes représentantes de cette interdisciplinarité, rendent compte d'un imaginaire fécond conditionné par une double contrainte herméneutique. Afin de ne pas rendre facilement accessibles les secrets de la nature à quiconque, les ésotéristes ont utilisé de multiples stratégies sémantiques pour orienter l'adepte (processus sémiosique orienté) et distraire le néophyte (processus sémiosique détourné). En cela, l'emploi d'espaces de référence variés tels que l'astrologie, l'alchimie, la théosophie, la cabale, la mythologie, la géométrie, la physique, etc. convoque un double processus sémiosique jouant simultanément de transparence et d'opacité sémantique. Ce double jeu, nous voulons l'analyser précisément en regard de l'interdisciplinarité parce qu'il conditionne et façonne l'imaginaire ésotérique.

Émilie Granjon est théoricienne de l'art et effectue présentement un stage postdoctoral à la Chaire de recherche du Canada sur la dynamique comparée des imaginaires collectifs de l'UQAC et à l'Institut de recherches philosophiques de Lyon 3 (Université Jean-Moulin). Elle a soutenu une thèse de doctorat en sémiologie (UQAM) portant sur la sémiogenèse de la symbolique alchimique au XVIIe siècle dans les gravures de l'Atalanta fugiens. Elle
consacre ses recherches postdoctorales aux mécanismes interprétatifs et aux structures de l'imaginaire de diverses symbolique ésotériques. Auteure de plusieurs articles sur l'iconographie alchimique et l'imaginaire ésotérique, elle a codirigé, avec Bertrand Rouby et Corinne Streicher, un important dossier sur « Le symbole : réflexions théoriques et enjeux contemporains », dans la revue Protée (vol. 36, no 1, printemps 2008). Actuellement, elle codirige avec Baudouin Decharneux, Giuseppe Balzano et Fabien Nobilio un ouvrage collectif sur le symbolisme, la religion et l'ésotérisme, à paraître dans la collection « Divin et sacré » des E.M.E éditions. Par ailleurs, Émilie Granjon porte un intérêt particulier à l'art contemporain, notamment à la résurgence de la symbolique alchimique autant dans la symbolique que dans les pratiques artistiques actuelles.

Conférence du 24 mars reportée, nouvelle date à déterminer

David Jhave Johnston
Digital Poets : Conduits in a Post-Modern Context

UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-4255


In ancient creative models, poets are conduits; and poetry is a mythological organic continuum that utilizes the poet as an amplifier/conduit for ideas and insights. Contrary to the conscious, self-reflexive, critically-aware, conceptually-infused stance of contemporary art theory, in the ancient model, art-making does not require conscious analytical thought.

I will discuss this model of creation in the context of a decade of my creative work in online digital poetry. From Nomad Lingo (1999) to recent HD videopoem experiments, it is my contention that the context of the technology has shifted and transformed the details of creative work-flow while the core concerns and praxis of visual-poetry remain basically unchanged : unravel and express intangible mysterious emotional tangles using the symbolic tools of language, sound and visuals.

David Jhave Johnston is a multimedia-poet currently living in Montreal. He is Web-curator at Year01.com and independent media-arts practitioner, and has been involved in numerous collaborative and solo digital and in-situ art practices. His work has been exhibited at two new media Biennales : Montreal '03 and Toronto '04. He graduated in the spring of 2004 with distinction from Concordia University with a Bachelor of Computer Science, minor in Digital Image and Sound. In 2005 he graduated from the SFU SIAT MaSc in Interactive Arts program. He is currently a doctoral student at Concordia University in the Topological Media Lab. His current home site is www.glia.ca.

 

Automne 2008

 


Marc Collin
L'art de la défaite, catégorie de l'imaginaire historique québécois

Jeudi, 2 octobre 2008, 12 h 30 à 13 h 30, UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-4255

Résumé : En 1965, en pleine révolution tranquille, Hubert Aquin publiait un texte intitulé « L'art de la défaite, considérations stylistiques » dans lequel il attribuait la défaite des patriotes de 1837 à leur « style suicidaire ». L'analyse qui est proposée ici montre comment dans ce texte se superposent en couches une jouissance dans la démoralisation et, en surface, la formulation d'un projet d'avenir qui « ne colle pas ». Situé comme un relais entre deux échecs, celui des Patriotes et celui du projet indépendantiste québécois, le texte d'Aquin offrirait-il une clé d'interprétation privilégiée d'une répétition historique ?

Marc Collin possède un doctorat en histoire de l'Université Laval et complète un post-doctorat au sein de Figura. Depuis une dizaine d'années il se consacre à une approche psychanalytique de l'histoire du Québec qui accorde une place très importante à l'analyse littéraire et aux rapports qui se tissent entre l'histoire et son écriture. Sa première monographie, Mensonges et vérités dans les Souvenirs de Félix Poutré, analyse d'un cas de fraude historique, a été publiée au Septentrion en 2003. La publication de son second ouvrage, Le cœur de Chénier, est prévue en automne 2009.


Caroline Herbert
Owning the City : Urban Space and Citizenship in Recent Hindi Cinema

Jeudi, 16 octobre 2008, 12 h 00 à 13 h00, UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-4255


Résumé : In the decades following India's independence, Bombay was frequently projected in the popular imaginary – particularly by film – as an ideal of the nation's postcolonial modernity. The city's reputation for secular cosmopolitanism has, however, been brought to crisis by the rise of Hindu nationalism, and by uneven experiences of global capitalism. My paper examines the recent Hindi film, Taxi 9 2 11 (2006) to consider cultural responses to Bombay's contemporary crisis, and the narratives of reconciliation they offer. I explore the connections Taxi makes between spatial and social crises, focussing on issues of access to housing and property in order to think through the relationship between space and citizenship in metropolitan India.

Avant de s'associer à Figura, Caroline Herbert détenait une Bourse du Commonwealth pour une recherche postdoctorale menée à l'Université Concordia. Ses travaux examinent les représentations de Bombay dans une variété d'ouvrages (fiction, films et « non-fiction ») et considèrent l'impact de la crise du laïcisme, de la montée du nationalisme hindou et de la libéralisation économique sur la ville et ses représentations. Elle a obtenu son doctorat en 2006 à l'Université de Leeds, au Royaume-Uni ; elle a publié des articles sur Salman Rushdie et Rohinton Mistry.

Before joining Figura, Caroline held a Canadian Commonwealth Postdoctoral Research Fellowship, at Concordia University. Her postdoctoral work explores the representation of Bombay in a range of fiction, film and non-fiction, and considers the impact of the crisis in secularism, rise of Hindu nationalism, and economic liberalization, on the city and its depiction. She gained her PhD in 2006 from the University of Leeds, has published articles on Salman Rushdie and Rohinton Mistry.


Manon Auger
Du récit de vocation au récit de formation : la narrativité dans le Journal (1895-1911) de Lionel Groulx

Mardi, 28 octobre 2008, 12 h 30 à 13 h 30, UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-4255

Résumé : Le journal intime est souvent reconnu comme étant le genre non-narratif par excellence. En effet, son caractère fragmentaire, sa fin théoriquement indéterminée et l'absence de transformation du personnage apparaissent souvent comme les éléments saillants du genre. Or, la narrativité du journal intime pourrait bien se déployer sur ce qui fonde le caractère singulier de la pratique diaristique, soit un désir d'écriture et d'expression personnelle à travers une forme fragmentée. De ce point de vue, le journal raconterait l'histoire de cette écriture, mais aussi le rapport du diariste à celle-ci, de manière à constituer un itinéraire narratif spécifique. Dans le cadre de cette conférence, il s'agira de mettre en application cette hypothèse grâce à l'étude du Journal (1895-1911) de Lionel Groulx. Celui-ci, en étant le récit d'une vocation, raconte aussi la formation d'un être profondément soumis à sa nature romantique vers un idéal d'abnégation de soi que viendra sanctionner, renforcer et cautionner tout à la fois la pratique diaristique. Nous verrons donc, par le biais de cet exemple, que le journal intime, loin d'être le simple reflet passif d'une expérience, en conditionne aussi le cheminement et détermine en ses pages sa propre fin.

Manon Auger est doctorante à l'Université du Québec à Montréal, sous la direction de Robert Dion, et ses recherches portent sur le genre diaristique québécois. Membre étudiante du CRILCQ, elle collabore aux projets de recherche de Robert Dion et Frances Fortier sur la biographie d'écrivain ainsi qu'au projet « Littératures narratives contemporaines ». Elle a publié un article sur le Journal d'Henriette Dessaulles dans Voix et Images (2007) ainsi qu'un collectif, Entre l'écrivain et son œuvre, avec la collaboration de Marina Girardin, aux Éditions Nota bene (2008).


Amélie Paquet
« Nous nous battrons pour le plaisir d'avoir oublié jusqu'à notre propre fin » : l'expérience de l'événement dans la fiction pamphlétaire Chers djihadistes... de Philippe Muray

Mardi, 11 novembre 2008, 12 h 30 à 13 h 30, UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-4255

Résumé : « Le cours de l'expérience a baissé1 », telle est la conclusion sévère de Walter Benjamin aux len-demains de la Première Guerre mondiale. Le sujet de la guerre industrialisée est plus que jamais incapable de concevoir son rapport à l'universel. Cette chute de l'expérience survient au sein du même siècle où la littérature, motivée par les développements de la théorie littéraire, se sépare de la mimésis. Renouant avec la transmission des expériences, Philippe Muray, dans Chers djihadistes..., devient le correspondant de l'ennemi de l'Occident quelques mois après le 11 septembre 2001. Je propose de lire sa fiction pamphlétaire comme récit d'une expérience dans une littérature qui parle du réel, mais où le retour de la mimésis n'est toutefois plus envisageable.

1. Walter Benjamin, « Le narrateur. Réflexions à propos de l'oeuvre de Nicolas Leskov », in Écrits français, coll. « Folio essais », Paris, Gallimard, 1991, p. 265.

Amélie Paquet est étudiante au doctorat en Sémiologie à l'Université du Québec à Montréal. Ses travaux portent sur la transmission de l'expérience de l'événement dans la littérature française du vingtième siècle. Elle détient une maîtrise en études littéraires. Elle alimente des blogues littéraires sur Internet et fait partie de l'équipe de direction de Salon double, un observatoire en ligne de la littérature contemporaine.


Karine Cellard
L'œuvre et son lecteur. La critique québécoise subjective au tournant des années trente

Jeudi, 27 novembre 2008, 12 h 00 à 13 h 00, UQÀM, pavillon Judith-Jasmin, salle J-4255

Entre la bienveillante mais néanmoins prescriptive critique littéraire de Mgr Camille Roy et les interviews fictifs un brin délirants proposés par Alfred DesRochers dans Paragraphes, la critique québécoise du tournant des années trente s'ouvre à un espace de subjectivité qui ne peut manquer de transformer la relation unissant l'oeuvre à son lecteur spécialisé, le critique littéraire. Au carrefour entre l'approche institutionnelle de la littérature et l'analyse du discours, cette conférence proposera une première approche des formes de l'inscription du sujet dans la frange la plus personnelle de la critique de cette époque, et une réflexion sur l'impact générique de cette nouvelle affirmation du « je ».

Karine Cellard est stagiaire postdoctorale au Département d'études littéraires de l'UQAM et titulaire d'un doctorat de l'Université de Montréal qui porte sur les manuels d'histoire de la littérature québécoise. Membre de l'équipe de rédaction de La vie littéraire au Québec, elle a publié des articles sur la critique littéraire et les rapports entre presse et littérature, et prépare une anthologie intitulée La langue au quotidien. Les intellectuels et le français dans la presse québécoise (1870-2000) (en collaboration avec Karim Larose, à paraître en 2008-2009). Elle est secrétaire à la rédaction de Globe. Revue internationale d'études québécoises depuis 2004.

 

Renseignement


Lise Bizzoni, coordonnatrice scientifique du CRILCQ-UQÀM

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