Appel de communications - Colloque « L'économie littéraire de l'amour. Les écrivaines face à l'idéologie conjugale française (XIXe-XXIe siècles) »

Appel de communication
Université du Québec à Montréal

Le colloque est organisé par Alexis Ross (CRILCQ, UQAM), Marie Pier Tardif (CRILCQ, UQAM), Jean-François Hamel (Figura, UQAM), Iraïs Landry (UQAM) et Louis-Thomas Leguerrier (Université de Montréal). L'évènement aura lieu à l'UQAM le 31 octobre et le 1er novembre 2019. 

Appel de communications

Si l’idée que l’amour et la conjugalité vont de pair est récente, elle n’en est pas moins devenue un thème idéologique consacré de notre époque. Plusieurs femmes de plusieurs époques et de plusieurs allégeances ont montré que le « sentiment amoureux » moderne, associé à un mode de vie conjugal, hétérosexuel et monogame, était une illusion fabriquée pour justifier un rapport de propriété avant tout économique. Ainsi, à partir du XIXe siècle au moins, on assiste à l'avènement d'une contestation marquée du mariage et, plus généralement, de la conjugalité bourgeoise. Cette critique, qui insistera toujours davantage sur une politisation de l'amour et de l'intime, trouvera à s’exprimer sous forme théorique autant que poétique.

Ce colloque vise à étudier l’impact et la réception de l’idéologie qui lie conjugalité et amour en France, chez les écrivaines qui assistent à son avènement, à son essor ou à son triomphe. Il s'agit de comprendre comment – et jusqu'à quel point – une bourgeoisie montante a pu imposer ses thèses culturelles à l’ensemble du monde social, malgré les voix qui se sont élevées ici et là pour les critiquer. Nous aimerions que les participantes présentent et analysent ensemble différentes « écritures de la conjugalité » – une expression qui veut désigner les manifestations littéraires dévoilant l’enchevêtrement des rapports économiques et amoureux au cœur de la relation conjugale. Nous souhaitons plus précisément identifier et analyser le traitement de la conjugalité par les femmes en France, traitement implicite ou explicite, dans des textes fictionnels et non fictionnels, poétiques ou politiques. Nous espérons ainsi pouvoir mettre au jour de nouvelles facettes des rapports que peuvent entretenir la littérature (prise dans son acceptation large) et l’idéologie.

Nous attendons des propositions de communication variées, mais qui auront toutes en commun un souci d’historicisation. Le but de ces journées d’étude est en effet de retracer pas à pas l’évolution historique d’une dissidence féminine face à une vision dominante présentant la conjugalité et le sentiment amoureux comme aspiration suprême et comme marqueur de réussite sociale. Nous sommes donc particulièrement intéressées par des communications qui sauraient faire le pont entre la production textuelle des femmes et le discours social qui l’entoure. Les démarches internes (sociocritique ou autre) et externes (comme l’étude des positions et prises de position des femmes dans le champ littéraire) sont les unes comme les autres bienvenues.Plusieurs angles d’approche historiographiques et thématiques peuvent être envisagés. Les propositions de communication pourront par exemple traiter des sujets suivants (liste non exhaustive) :

  • Représentations littéraires de l’amour, de la conjugalité ou du discours amoureux;
  • Débats littéraires autour de la représentation de l’amour, du discours amoureux;
  • Critiques de l’hétérosexualité/hétéronormativité comme régime politique de l’amour;
  • Conjugalité et famille (maternité/paternité/enfants);
  • Conjugalité et religion;
  • Conjugalité et formes littéraires (romans à l’eau de rose, etc.);
  • Modèles alternatifs ou utopies de l’amour et de la conjugalité;
  • Conjugalité d’écrivaines et écriture de l’intime;
  • Impact des conceptions genrées de l’amour sur la division sexuée des espaces de sociabilité des écrivaines (journaux, cercles littéraires, salons, etc.).

Les propositions de communication (d’environ 350 mots) accompagnées d’une courte biobibliographie doivent parvenir avant le 1er mai 2019 à l’adresse suivante : colloque.economie.litteraire@gmail.com.

Le colloque se tiendra les 31 octobre et 1er novembre 2019 à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Tous les frais de séjour et de déplacement seront à la charge des intervenantes, mais nous espérons trouver des ressources financières suffisantes à la prise en charge des dépenses locales. Nous tiendrons les personnes retenues pour le colloque informées à ce sujet dans les plus brefs délais possibles.

Comité d’organisation :

  • Alexis Ross (CRILCQ, UQAM)
  • Marie Pier Tardif (CRILCQ, UQAM)
  • Jean-François Hamel (Figura, UQAM)
  • Iraïs Landry (UQAM)
  • Louis-Thomas Leguerrier (Université de Montréal)

Publié le 4 mars 2019 par Audrey-Ann Gascon

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