Appel à communications – «La modernité en revues. Pleins feux sur un siècle de revues québécoises»

Appel de communication
Colloque
CRILCQ

La modernité en revues. Pleins feux sur un siècle de revues québécoises

Les 29-30-31 mai 2019
Université d’Ottawa

 

Les revues constituent un moyen privilégié pour étudier les représentations que dresse une société d’elle-même. Ainsi, au Québec, avec le début de la querelle entre les régionalistes et les exotiques, opposant initialement L’Action française (1917) au Nigog (1918), un siècle de modernité s’ouvre pour les revues intellectuelles québécoises. Elles tournent alors la page sur l’âge prémoderne, revendiquent l’autonomie intellectuelle et se différencient, selon les registres et les spécialités, entre revues d’idées, artistique et savante (Fortin, 2006).

Des études fouillées ont déjà enrichi notre connaissance de certaines revues-phares, de leurs réseaux et de leurs idéologies. Le colloque « La modernité en revues » veut pousser plus loin ces explorations en invitant les chercheur·e·s en littérature, humanités et sciences sociales à venir présenter leurs travaux touchant au vaste corpus des revues québécoises des cent dernières années. Nous cherchons à comprendre le rôle primordial des périodiques et de la presse dans la structuration générale de la vie intellectuelle québécoise (Lamonde, Bergeron, Lacroix et Livernois, 2017 ; Cambron, Côté et Gagnon, 2018).

En souhaitant faire pleins feux sur ce riche ensemble, le comité scientifique sollicite des communications et des propositions de panels qui recouvriront l’un ou l’autre des thèmes suivants :

  • La singularité du projet d’une revue : que ce soit sur le plan politique, esthétique, voire aussi scientifique, les revues souhaitent fonder, occuper et disputer un espace énonciatif au sein d’un ensemble de discours. L’aspect matériel des revues fait également partie de cette signature (typographie, format, rapport texte-image). Bien que plusieurs revues aient reçu une grande part d’attention dans les dernières décennies, le colloque souhaite aussi faire état du projet de revues qui méritent d’être redécouvertes en raison de leur influence, de leur singularité ou de leur place dans la généalogie des discours ultérieurs.
  • Collaborateurs et collaboratrices : si la scène des revues est investie par des dizaines de milliers d’auteur·e·s, seule une minorité collabore régulièrement à une même publication tandis qu’une petite frange de ce nombre collabore régulièrement à plusieurs revues. Le colloque est à la recherche de communications souhaitant relater la contribution spécifique d’auteur·e·s s’étant fortement investi·e·s dans une revue ou dans un ensemble de revues qui se sont succédé ou qui ont coexisté dans le temps.
  • Polémiques : la rivalité esthétique et politique entre les revues se cristallise à travers des épisodes polémiques qui ont marqué l’histoire des revues québécoises. Conceptions opposées de la littérature, disputes quant à la bonne définition de la conjoncture politique ou à l’adhésion à l’une ou l’autre forme de nationalisme, de marxisme, de féminisme et d’autres déclinaisons du criticisme, les revues sont des lieux de redéfinition des lignes de front. Ce colloque est une occasion de revisiter des duels marquants entre revues ou groupes de revues dont les collisions ont contribué au développement de la pensée au Québec.
  • Registres, différenciations, spécialisations : si la fondation de L’Action française (1917) devenue L’Action nationale (1933) correspond à la modernité des revues intellectuelles québécoises, la différenciation subséquente entre les revues d’idées et les revues artistiques s’additionne à la spécialisation disciplinaire impulsée par le nombre de revues savantes fondées après la Deuxième Guerre mondiale, de manière particulièrement soutenue de 1960 à nos jours. Bien que plusieurs titres déjouent la clarté de ces catégories en raison de leur hybridité, le colloque sollicite des communications qui s’intéressent à la question du rapport entre revues et savoir, à l’aune du déplacement de la pratique savante légitime des anciennes revues intellectuelles généralistes vers les revues savantes spécialisées.
  • Approches méso- ou macrologiques : le vaste corpus des centaines de revues parues dans le dernier siècle fournit l’occasion de mettre au travail des approches méthodologiques qui peuvent brosser, par exemple, le portrait intellectuel d’une décennie ; fournir la cartographie réseautique des auteur·e·s qui animent les collectifs de revues à une période donnée ; faire l’étude de la légitimation par les citations en tant que symptômes des conventions en usage dans les revues et dans leur participation à la circulation internationale des idées. Ces perspectives d’ensemble pourraient aussi interroger, à l’occasion de ce colloque, les limites du champ des revues intellectuelles par son interaction avec la presse, le magazine, le zine et le numérique et, de manière plus globale encore, à l’égard de son autonomie relative envers le politique.

 

En suivant la voie tracée par l’état de la recherche et en résonance avec les colloques « Relire les revues québécoises » (UQAM, 2015) et « Mises en récit et mises en commun » (UdeM, 2016), le colloque « La modernité en revues » a pour ambition de dresser un certain état des lieux tout en proposant de nouvelles pistes d’interprétation.

Les propositions de communication attendues incluront titre, résumé de 200 mots et courte notice biobibliographique de l’auteur·e. Les propositions de panel incluront titre, problématique de 200 mots, résumé des communications de 100 mots et notices bibliographiques des proposant·e·s.

Ces propositions doivent être acheminées, le 7 décembre 2018 au plus tard, à l’adresse courriel : colloquerevues2019@gmail.com

Les décisions du comité scientifique quant aux propositions retenues seront communiquées aux auteur·e·s le 17 décembre. Un programme préliminaire sera émis en février 2019 et le programme final sera diffusé en avril 2019.

  • Le campus de l’Université d’Ottawa est situé au 550 Cumberland, Ottawa (Ontario).

Comité scientifique : Marie-Andrée Bergeron (CRILCQ, Université de Calgary), Anne Caumartin (CRILCQ, Collège militaire royal de Saint-Jean), Jean-Pierre Couture, Simon Dulmage, Michel Lacroix (CRILCQ, UQAM), Vincent Larivière, Karim Larose (CRILCQ, Université de Montréal), Rachel Nadon (CRILCQ, Université de Montréal), Chloé Savoie-Bernard (CRILCQ, Université de Montréal), Jean-Philippe Warren.

Comité organisateur : Jean-Pierre Couture, Simon Dulmage et Alexis Ross (CRILCQ, UQAM)

 

Publié le 10 octobre 2018 par Marie-Ève Fafard

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