Appel : Colloque « Les migrances au féminin »

Université du Québec à Montréal
Appel de communication

Colloque « Les migrances au féminin »

6 et 7 avril 2017

Université du Québec à Montréal

Champ d’études foisonnant durant de nombreuses années, les écritures migrantes ont marqué la scène littéraire québécoise des années 1980 et 1990. Cependant, cette appellation est de plus en plus délaissée par le milieu littéraire au profit d’autres expressions telles la transmigrance (Dupuis, 2006) et la transnationalité (Paterson, 2008) qui représenteraient mieux la réalité québécoise actuelle. Ceci s’attribuerait à un déplacement des thèmes qui caractérisaient ces écritures, notamment la mémoire, le lieu, l’exil et l’identité, vers des récits d’écrivain.e.s d’ici et d’ailleurs. Partant de ces considérations, ce colloque entend essentiellement étudier la migrance comme un déplacement, « un passage à l’autre, un mouvement transgressif de l’Un vers l’Autre » (Ouellet, 2005), mais aussi comme un projet d’écriture, notamment avec la pratique de la réécriture féminine1 qui témoigne du déplacement d’un texte vers un autre. L’écrivaine Abla Farhoud disait : « Écrire est une migration symbolique, c’est un chemin que l’on prend, on ne sait pas où on va arriver, on ne connaît pas le pays d’arrivée » (Farhoud, 2000). Ainsi, la migrance ne serait plus qu’un état propre à l’écrivain venant d’ailleurs, mais pourrait être perçue comme un trait littéraire, un fonctionnement discursif rendant compte du déplacement et de la différence (Labelle, 2007).

C'est donc dans ce contexte que ce colloque souhaite offrir un espace de réflexion sur les migrances au féminin et les différentes formes qu’elles peuvent prendre. Des femmes ont évidemment marqué le milieu littéraire québécois avec des œuvres dont les thématiques s’apparentent à la migrance, Régine Robin, Ying Chen et Abla Farhoud pour ne nommer que celles-là, mais ce colloque désire approfondir la discussion et l’ouvrir à l’étude de la spécificité de la migrance au féminin et à ses manifestations dans les écrits, les narrations et les personnages féminins. Par conséquent, c’est selon une orientation féminine, voire féministe, que cette question sera abordée.

Sans être exclusives, voici différentes pistes de recherche :

  • L’énonciation : La migrance peut-elle être vécue et portée autrement que par la parole ? La narration prime-t-elle sur la forme ? La voix féminine offre-t-elle à voir un envers de la migrance ? Qu’en est-il des personnages féminins, comment se présentent-ils à la fois comme des témoins, mais aussi comme des acteurs de la migrance ?
  • L’écriture : Que reste-t-il des thèmes associés à la migrance dans les écrits contemporains ? Quelles seraient les différentes manifestations de la migrance dans un texte féminin ? Ces manifestations diffèrent-elles des textes masculins ? Comment le déplacement d’une histoire représente-t-il la migrance ? En quoi les réécritures féminines se présentent-elles comme un phénomène de la migrance ? La forme de l’œuvre peut-elle incarner le mouvement ?

Les propositions de communications, d’un maximum de 300 mots, et les notices biobibliographiques (affiliations universitaire et départementale, cycle d’étude, réalisations) devront être envoyées au plus tard le 9 janvier 2017 à : migrances@gmail.com. Les communications seront d’une durée de 20 minutes et seront suivies d’une période de questions et d’échanges de 10 minutes.

Comité organisateur 

Marie-Ève Fafard, CRILCQ à l’UQAM

Valérie Synotte, CRILCQ à l’UQAM

Eang-Nay Theam, CRILCQ à l’UQAM

 

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1.  L’une des formes de réécritures ciblées par Lise Gauvin est d’ailleurs celle du déplacement : « à partir d’un texte antérieur, l’enjeu consiste moins à faire dévier qu’à refaçonner et à ‘re-modeler’ », à déplacer ou réorienter le texte d’origine, sans le dénaturer. Voir Lise Gauvin, « Écrire/réécrire le/au féminin : notes sur une pratique », Études françaises, vol. 40, n° 1, 2004, p. 11-28.

Publié le 3 novembre 2016 par Isabelle Tousignant

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