Appel de textes – «Revue Recherches Féministes» : «Féminismes et lesbianismes : hier et aujourd'hui, ici et ailleurs»

Appel de textes
Communauté

« FÉMINISMES ET LESBIANISMES : HIER ET AUJOURD’HUI, ICI ET AILLEURS »

Revue Recherches Féministes : vol. 33, no 2 - 2020

  • Sous la direction de Manon Tremblay et Julie Podmore

Comme le porte à penser l’étiquette de lesbiennes féministes, le féminisme et le lesbianisme semblent entretenir une relation symbiotique, en tant qu’ensembles de discours et de pratiques relatives aux femmes et à leurs conditions sociales d’existence. Pourtant, l’histoire d’ici et d’ailleurs est riche d’épisodes où le féminisme et le lesbianisme ont transigé en ayant recours à la confrontation plutôt qu’à la sororité. Ainsi, certaines féministes ont vu dans la présence de lesbiennes au sein du mouvement féministe une menace à son image publique et à sa légitimité sociopolitique, tandis que des lesbiennes ont formé leur mouvement autonome en réponse à la lesbophobie qu’elles disaient percevoir dans le mouvement féministe. Malgré cette sortie, plusieurs lesbiennes sont restées à l’intérieur de mouvements féministes. Aujourd’hui, alors que les mouvements féministe et lesbien se déploient à l’échelle transnationale et avalisent l’intersectionnalité comme principe d’analyse et d’action, les interactions entre mouvements LGBT (réunissant des personnes lesbiennes, gaies, bisexuelles et transgenres), queer et transféministe génèrent de nouveaux défis.

Le numéro thématique de la revue Recherches féministes à paraître en 2020 sur le sujet vise à explorer les relations entre féminismes et lesbianismes. L’objectif est d’examiner leurs discours et leurs pratiques en fait de continuités et de ruptures ainsi qu’au regard de leurs modes d’hybridation sous l’influence d’autres forces sociétales (comme le colonialisme, le nationalisme et le néolibéralisme). Reposant sur une finalité ainsi largement définie, ce numéro accueillera :

1) des analyses thématiques portant sur une problématique en particulier, qu’il s’agisse d’un événement ou d’un argumentaire. Ces textes pourraient examiner, par exemple, les critiques féministes envers les performances « butch femme », les critiques formulées par certaines lesbiennes envers l’« hétéroféminisme », les rapports entre les lesbiennes féministes et radicales et, plus récemment, ceux qui confrontent les lesbiennes aux mouvements LGBT, queer et transféministe;

2) des analyses historiques sur l’évolution des rapports entre féminismes et lesbianismes qui pourraient aborder des questionnements variés (par exemple : comment ont évolué les rapports entre féminismes et lesbianismes au Québec, ou au Canada ou encore ailleurs dans le monde? Quelle est la pertinence des théories lesbiennes féministes d’hier pour les lesbiennes-féministes d’aujourd’hui? Est-il possible de penser des modes d’hybridation des discours et des pratiques des féminismes et des lesbianismes d’hier et d’aujourd’hui et, le cas échéant, quelles formes prennent-ils? Quel a été le rôle des publications, des traductions et des archives sur les identités et les mémoires lesbiennes et féministes d’hier? Quelle influence exercent, de nos jours, Internet, Facebook, Twitter, etc., à cet égard?);

3) des analyses géographiques sur la création, l’utilisation et la politisation d’espaces par les lesbiennes féministes : pourquoi ont-elles créé des espaces, comment y sont-elles parvenues et quel a été le rôle de ces espaces dans la formation des identités féministes et lesbiennes? Qui a participé à ces espaces et qui n’a pu en faire partie? Comment les espaces lesbiens se sont-ils transformés au fil des générations, tout en conservant une mémoire transgénérationnelle? Comment saisir les géographies des réseaux transnationaux des lesbiennes féministes d’hier et d’aujourd’hui?

Les propositions (300 mots) doivent parvenir à la revue avant le 1er mars 2019. Les manuscrits (7 000 mots) doivent être soumis au plus tard le 1er février 2020 et respecter le protocole de publication.

Ils doivent être transmis au secrétariat de la revue ainsi qu’aux responsables du numéro : Manon Tremblay et Julie Podmore.

Publié le 17 octobre 2018 par Marie-Ève Fafard

isle-planoconvex