Appel : revue Intermédialités, no 29 « Cartographier (l’intermédialité) / Mapping (intermediality) »

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Appel de textes

Intermédialités. Histoire et théorie des arts, des lettres et des techniques /Intermediality. History and Theory of the Arts, Literature, and Technologies

Sous la direction de : Caroline Bem (Université de Montréal)

Date de soumission des propositions : 1er mars 2017

Annonce des résultats de la sélection des propositions : 14 mars 2017

Soumission des textes complets aux fins d’évaluation : 14 juin 2017

Publication des textes retenus par le comité de rédaction : décembre 2017

Intermédialités est une revue scientifique biannuelle qui publie en français et en anglais des articles évalués de façon anonyme par les pairs.

Les propositions de contribution (300 mots max.) devront être écrites en anglais ou en français, et envoyées avant le 1er mars 2017 à la directrice du numéro thématique, à l’adresse suivante : Caroline Bem [caroline.bem@umontreal.ca]

Le résultat de la sélection des propositions sera annoncé à la mi-mars 2017 et les articles seront àremettre pour le 14 juin 2017. Ils seront ensuite évalués anonymement par les pairs. Le comité derédaction de la revue rendra sa décision finale de publication au courant de l’été.

Les articles retenus seront publiés en hiver 2017.Les articles définitifs ne devront pas dépasser 6 000 mots (40 000 caractères espaces compris) et peuvent comporter des illustrations (sonores, visuelles, fixes ou animées) dont l’auteur de l’articleaura pris soin de demander les droits de publication.

Il est demandé aux auteurs d’adopter les normes du protocole de rédaction de la revue disponible à l’adresse suivante : http://cri.histart.umontreal.ca/cri/fr/intermedialites/protocole-de-redaction.pdf

Pour de plus amples informations sur la revue, vous pouvez consulter son site web [http://www.intermedialites.com], ainsi que ses anciens numéros accessibles en ligne sur la plateforme Erudit [http://www.erudit.org/revue/im/apropos.html].

Appel à contributions :

Depuis plus de 20 ans maintenant, l’intermédialité transforme radicalement notre façon de penser les textes, tous médias confondus. Elle a provoqué de nouvelles synergies entre les disciplines, induit de nouveaux partages et emprunts méthodologiques, et permit même d’établir de nouvelles lignes de démarcation entre les cultures académiques. Qu’est-ce que l’intermédialité ? On peut parler d’abord d’une posture intermédiale qui n’est pas une invention récente, soit d’une méthode du calibre de celle que développa Aby Warburg et qui lui permit d’explorer les images – toutes sortes d’image – formant, selon lui, le patrimoine iconique de l’humanité. L’intermédialité est aussiun concept, qui se théorise comme tel depuis la publication, en 1994, du texte phare de Jürgen Müller « Intermedialität und Medienwissenschaft : Thesen zum State of the Art ». Elle cible autant les médias, du point de vue de leur relation, que, dans une veine mcluhanienne, ce qu’ils contribuent à former et à transformer, et, dans une veine kittlerienne, ce qu’ils contribuent à organiser et à structurer.

On peut distinguer deux manières d’envisager l’intermédialité : d’un côté, elle est visée comme telle par des centres à vocation interdisciplinaire (à Montréal, à Toulouse, à Sarrebruck, à Graz, notamment) qui dégagent les aspects « médiatiques » de leurs objets d’études ; elle est aussi visée comme telle dans certaines disciplines où elle renvoie à des phénomènes fondamentaux du champ (media studies et visual culture studies). D’un autre côté, l’intermédialité voyage, se propage de plus en plus rapidement et de façon rhizomique, créant un réseau sans centre précis mais où différentes interprétations de la médialité et différentes applications de la « méthode intermédiale » foisonnent.

C’est ainsi qu’à l’aube des 15 ans de la revue Intermédialités1, nous nous proposons de faire le point sur les différentes conceptions que l’on se fait de l’intermédialité, en insistant tout particulièrement sur la dimension internationale de son rayonnement. « Catographier (l’intermédialité) » signifie donc que l’on s’intéressera aux divers cadres institutionnels et méthodologiques qu’elle rencontre à travers les mondes académiques qu’elle traverse, mais aussi à l’extraordinaire variété d’objets auxquels elle se retrouve appliquée. Soyons clairs : il ne s’agit aucunement d’établir une cohérence d’ensemble qui entérine la légitimité du champ intermédial ou de la méthode intermédiale. Au contraire, situé à mi-chemin entre l’histoire des idées et l’histoire des disciplines, ce numéro cherche à saisir, à la manière d’un instantané, la diversité de conceptions, de démarches, et d’analyses auxquelles donne lieu l’intermédialité dans une vaste quantité de contextes disciplinaires, linguistiques et culturels.

Puisque, d’une part, l’intermédialité, par son préfixe, renvoie à l’être-entre (inter-esse) et met en lumière la différence2 ; puisque, d’autre part, elle renvoie à des forces médiatrices, ce sont autant les frontières (fluctuantes) qui découpent les intermédialités pratiquées ou ciblées qui nous intéressent, que les zones où s’opèrent des médiations affectant les méthodes, les champs ou les objets intermédiaux.

Parmi les questions que nous nous poserons : si l’on considère les disciplines comme des territoires(et inversement !), quelles sont les limites ou confins de l’intermédialité, et quels sont ses champs d’opération principaux ? Selon cette géographie, que se produit-il à l’intersection d’« intermédialité » et d’« international », comment l’intermédialité permet-elle de distinguer les cultures académiques ? Mais aussi : est-il possible d’unifier les conceptions que l’on se fait de l’intermédialité à partir des disciplines où elle apparaît plus ou moins incidemment (comme dans les études littéraires, l’histoire de l’art, les études de cinéma, les études de théâtre, la musicologie,l’anthropologie, la théorie de l’architecture, les études urbaines, les études de la communication,les cultural studies, les sound studies, les translation studies, les performance studies, les(video)game studies, les porn studies, etc) ? Ou sont-ce plutôt la langue et la tradition de recherchen ationale qui sont déterminantes pour l’unité des conceptions que l’on se fait de l’intermédialité ? Enfin : quels sont les concepts communs que les domaines d’études émergents - tels que l’archéologie des médias, les internet studies, les format studies, les platform studies, les software studies etc. doivent à l’intermédialité ? Enfin, quel rapport entretient l’intermédialité avec de récents « grands tournants » en sciences humaines, comme par exemple la montée des humanités numériques ou encore celle des new materialisms ?

Ce numéro se veut un panorama des plus larges et des plus actuels : ainsi, nous nous adressons en premier lieu à la « nouvelle garde » de chercheurs sur l’intermédialité et nous les invitons à réfléchir leurs pratiques, autant que leurs objets, les concepts et les problématiques qui sont les leurs au regard de ceux et celles qu’ils ont hérités de « la première vague ». De plus, au-delà de contributions venant des lieux importants de la recherche intermédiale en Europe et en Amérique du Nord, nous espérons aussi recevoir de nombreuses propositions d’Australie, d’AmériqueLatine, d’Asie et d’Afrique, tout comme nous souhaitons voir apparaître dans ce numéro des visions associées à différentes langues, traditions, situations et horizons d’expérience. En d’autres termes, l’intermédialité doit nous servir de fil rouge pour élaborer, d’un point de vue interdisciplinaire et international, des cartes contrastées de la recherche en sciences humaines,quand on l’aborde par le prisme des médias et de la médialité. Ce sera aussi l’occasion de nous interroger sur le geste cartographique lui-même, à l’ère de son explosion numérique.

Les contributions au numéro pourraient aborder les thèmes suivants, sans y être pour autant limitées :

  • Quels gestes et quels éléments cartographiques nous permettent d’appréhender les frontières, la circulation, le conflit, le réseau, etc, quels autres au contraire les dissimulent ? Quel rapport entretiennent le geste cartographique et la saisie de la médialité ?
  • Quels sont les enjeux politiques (idéologiques et identitaires) que met en relief une telle entreprise de cartographie de l’intermédialité ?
  • Que signifie la médialité aujourd’hui pour différents objets et dans différentesdisciplines ?
  • Quel rôle joue l’intermédialité dans la recherche interdisciplinaire, transdisciplinaire etindisciplinaire ?

« Cartographier (l’intermédialité) / Mapping (Intermediality) » réunira des textes portant sur les diverses façons dont l’intermédialité intervient dans l’émergence et la réinvention de disciplines et de champs d’études, en sciences humaines, d’un point de vue international.

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1. Et à la veille du Congrès biennal de l’International Society for Intermedial Studies qui se tiendra à Montréal, sousl’égide du Centre de recherche intermédiale sur les arts, les lettres et les techniques qui, lui, fêtera ses 20 ans en 2017.

2. Pour une élaboration plus longue des racines étymologiques de l’intermédialité, voir Éric Méchoulan, « Le Temps des illusions perdues », Intermédialités vol. 1 « Naître », 2003, p. 22.

Publié le 14 février 2017 par Isabelle Tousignant

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