Journée d'étude « L’enseignement de la littérature au collégial : et si on l’imaginait autrement… »

Colloque
Université de Montréal

Une journée d’étude organisée par le Laboratoire intercollégial de recherche en enseignement de la littérature (LIREL).

Carrefour des arts et des sciences
Faculté des arts et des sciences
Université de Montréal
Pavillon Lionel-Groulx – salle C-3061
3150, rue Jean-Brillant

Programme 

9 h Accueil

  • 9 h 15 Présentation de la journée d’étude et mots de bienvenue
    Marie-Pierre TURCOT (Cégep Édouard-Montpetit, CRILCQ-UdeM), Marcel GOULET (CRILCQ-UdeM) et Martine-Emmanuelle LAPOINTE (directrice du CRILCQ-UdeM) 

Séance 1

Présidente de séance : Micheline CAMBRON

  • 9h 30 Marcel GOULET (CRILCQ-UdeM)
    « Les usages et les pouvoirs de la littérature »

Pause

  • 10 h 30 Karine CELLARD (Cégep de l’Outaouais, CRILCQ-UQAM)
    « De la dissertation… à la dissertation : quelques paradoxes de l’enseignement de la littérature à l’ère contemporaine »
  • 11 h 15 Sophie DUBOIS (Collège Ahuntsic)
    « Et si la littérature française était une littérature étrangère ? Le point de vue des professeurs »

Dîner

Séance 2

Président de séance : Marcel GOULET (CRILCQ-UdeM)

  • 13 h 30 Marie-Pierre TURCOT (Cégep Édouard-Montpetit, CRILCQ-UdeM)
    « Apprendre à flâner : pour faire rimer poésie avec liberté »

Pause

  • 15 h 00 Élise BOISVERT-DUFRESNE (Cégep de Sainte-Foy)
    « Imaginer la classe de littérature comme communauté interprétative : quel intérêt ? »
  • 15h 30 Carl DIOTTE (Collège de Maisonneuve)
    « Les classiques, nos contemporains » 

Clôture de la journée d’étude et invitation à la discussion

16 h 00 Cocktail

Description des communications

  • Marcel Goulet
    « Les usages et les pouvoirs de la littérature »

Au cégep, nous enseignons la littérature comme objet de savoir, comme objet de savoir-faire et, plus rarement, comme objet d’expérience. Quels pouvoirs ces usages nous amènent-ils à prêter à la littérature? La mise en lumière et l’examen de ces pouvoirs devraient nous permettre de mieux jauger la pertinence des usages que nous faisons de la littérature dans notre enseignement.

  • Karine Cellard
    « De la dissertation… à la dissertation : quelques paradoxes de l’enseignement de la littérature à l’ère contemporaine »

La dissertation, on le sait, est un exercice scolaire introduit dans la France de la Troisième République afin de substituer à l’enseignement rhétorique, basé sur l’imitation, une méthode littéraire fondée sur l’observation et la rationalité modernes. Une centaine d’années plus tard, dans les collèges québécois, la Réforme de 1994 rétablissait la prévalence absolue de cet exercice canonique dans un programme introduisant cette fois le vocabulaire de l’approche par compétence. Quelles sont les incidences, sur la formation au collégial, de cette absence de cohérence entre les fins et les moyens? Alors que le rapport à la culture se transforme profondément sous l’effet des nouvelles technologies et que le discours pédagogique lui-même est obnubilé par la question des supports changeants de l’enseignement, quels effets provoque cette fixité de nos modalités d’évaluation ?

  • Sophie Dubois
    « Et si la littérature française était une littérature étrangère ? Le point de vue des professeurs »

Cette communication vise à présenter les résultats d’un sondage effectué auprès des professeurs de français, langue et littérature, de 24 cégeps entre le 1er septembre et le 30 novembre 2017. Ce sondage cherchait à circonscrire le statut de la littérature française et les pratiques dont elle fait l'objet dans l’enseignement au collégial. Il s’inscrit dans un projet de recherche dont le but est d’envisager les potentialités didactiques qui découleraient d’une conception de la littérature française comme une littérature étrangère au Québec.

  • Marie-Pierre Turcot
    « Apprendre à flâner : pour faire rimer poésie avec liberté »

Peu de collégiens fréquentent la poésie. Le genre poétique effarouche : ses images, ses symboles, ses jeux syntaxiques et linguistiques paraissent souvent indéchiffrables au lecteur peu expérimenté. Comment donc emmener les élèves à apprécier ce genre trop négligé, à l’école comme ailleurs? Peut-être en leur laissant carte blanche (ou presque)…

Partant de ce constat, et de cette intuition, j’ai développé à la session d’hiver 2016 une approche novatrice afin de stimuler la curiosité et l’intérêt pour la poésie chez les élèves de mon cours 102 - Littérature et imaginaire. Cette approche, fondée sur la figure du libre lecteur inspiré de Daniel Pennac, a pris la forme d’une flânerie littéraire au cours de laquelle chaque élève a pu lire, au gré des hasards et des découvertes, des poèmes de son choix, au sein d’un corpus balisé.

  • Élise Boisvert-Dufresne
    « Imaginer la classe de littérature comme communauté interprétative : quel intérêt ? »

La notion de communauté interprétative a été développée par Stanley Fish (Quand lire, c’est faire). Marcel Goulet en a déjà expérimenté certaines avenues (voir son article : « Textes singuliers et texte commun »). J’essaierai, pour ma part, d’évaluer comment le fait de considérer la classe de littérature comme communauté interprétative peut rendre à la fois plus engageante et plus engagée l’expérience de lecture des étudiants. Imaginer la classe comme communauté interprétative devrait nous amener entre autres à repenser la « crise de l’autorité » à laquelle nous faisons face en classe en tant qu’enseignant, à réfléchir à l’importance de l’acte d’interprétation dans la lecture des œuvres littéraires et, aussi, à prendre conscience des déterminismes qui interviennent dans toute lecture/interprétation.

  • Carl Diotte
    « Les classiques, nos contemporains »

L’enseignement de la littérature repose en bonne partie sur l’étude des classiques, ces œuvres qui ont marqué leur époque et qui suscitent l’admiration en raison de leur richesse sémantique et formelle. Cette conception des classiques conduit le plus souvent les professeurs et leurs élèves à lire les œuvres à distance, en abordant le contexte littéraire, historique et social pour souligner ensuite les thèmes et les procédés des textes qui s’y rattachent. Cette approche « savante », pour valable qu’elle soit, néglige pourtant une dimension essentielle d’un classique, sur laquelle Gaston Miron insistait : « Un classique, c’est un contemporain de toutes les époques. » En m’appuyant sur cette idée, j’ai proposé à mes élèves un travail qui les amenait à considérer notre classique par excellence, Maria Chapdelaine, comme un contemporain qui a le pouvoir de leur parler ici et maintenant, de leur révéler des aspects insoupçonnés de leur vie et de leur monde.  

Publié le 13 janvier 2018 par Isabelle Tousignant

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