Appel de communications – 2e journée d'étude du LIREL

Université de Montréal
Université du Québec à Montréal
Appel de communication

2e Journée d’étude du LIREL (Laboratoire intercollégial de recherche en enseignement de la littérature). « L’enseignement de la littérature au collégial. Et si on explorait d’autres façons de lire... »

Stimulée par l’intérêt suscité par sa première journée d’étude tenue à l’Université de Montréal le 12 janvier 2018, l’équipe du LIREL s’affaire déjà à organiser une deuxième édition de l’événement.

La 2e Journée d’étude du LIREL, intitulée « L’enseignement de la littérature au collégial. Et si on explorait d’autres façons de lire… », offrira l’occasion, encore une fois, d’aborder diverses approches et pratiques susceptibles de renouveler notre travail auprès des élèves.

Cette année, les membres du LIREL souhaitent accueillir vos propositions afin de faire connaître les réflexions et expérimentations qui, nous en sommes convaincus, sont menées au sein de nombreux ;départements.

Appel

Depuis 1994, nous apprenons à nos élèves à pratiquer une lecture méthodique des œuvres littéraires. Nous les invitons à analyser les textes sur les plans thématique et stylistique, de manière à en apprécier le propos et les effets, et à rendre compte de leur lecture dans des analyses littéraires et des dissertations. Cette façon de lire, objective et savante, dont certains ont dénoncé les dérives vers le formalisme et le technicisme (Goulet, Langlade, Todorov), fait surtout appel à l’intelligence et à la rationalité du lecteur.

Il existe pourtant d’autres façons de lire, proposées et, dans certains cas, pratiquées par des écrivain.e.s  (Proust, Woolf, Tremblay), des philosophes (Nussbaum, Giroux), des théoricien.ne.s et critiques littéraires (Barthes, De Certeau, Picard, Steiner, Bayard, Dubois, Macé, Schaeffer) et des chercheur.e.s en didactique de la littérature (Dufays, Rouxel, Langlade, Fourtanier, Shawky-Milcent, les chercheur.e.s du LIREL). Ces façons de lire, qui appellent une autre expérience de la littérature et d’autres postures de lecture, misent davantage sur la subjectivité du lecteur, sur son imagination et sa sensibilité, sur son sens du jeu et sur son sens esthétique. Plusieurs de ces façons de lire, issues de la création, de la réflexion ou de la recherche, ont déjà fait l’objet d’expérimentations menées en classe de littérature.

Pourquoi n’inviterions-nous pas nos élèves à explorer ces autres façons de lire? À rendre compte de leurs lectures de diverses manières, dans d’autres formes de textes que l’analyse littéraire et la dissertation? À voir comment la lecture littéraire contribue non seulement à la construction de l’œuvre mais également à la connaissance de soi? À découvrir ainsi leur manière de lire propre, leur « bibliothèque intérieure » (Bayard), bref leur « identité de lecteur » ou de lectrice? Enfin à partager, voire à confronter leurs lectures lors d’échanges menés dans une salle de classe transformée en communauté interprétative?

C’est à faire l’inventaire et l’examen critique de ces autres façons de lire, de même qu’à explorer la possibilité d’y recourir, que le LIREL vous convie pour sa deuxième journée d’étude sur l’enseignement de la littérature au collégial, qui se tiendra le 10 janvier 2019 à l’Université de Montréal sous les auspices du CRILCQ.

Nous proposons d’explorer ces autres façons de lire selon deux axes de travail :

  • L’examen de propositions issues de travaux d’écrivain.e.s, philosophes, théoricien.ne.s, de critiques ou de didacticien.ne.s de la littérature
    Quelles autres façons de lire écrivain.e.s, philosophes, théoricien.ne.s, critiques et didacticien.ne.s de la littérature proposent-ils? Sur quelle expérience de la littérature se fondent-elles? Quelle posture de lecture exigent-elles d’adopter? Quel type de lecteur supposent-elles? Quelles composantes (imaginaire, sensibilité,  intelligence, jugement, langue) mobilisent-elles chez le lecteur? À quels genres d’œuvres s’appliquent-elles? Permettent-elles au lecteur d’analyser, d’expliquer et d’apprécier les œuvres? L’amènent-elles à construire son identité et à mieux se connaitre, notamment en tant que lecteur? Sous quelles formes se présenteraient les comptes rendus des lectures menées selon ces façon de lire? Se prêteraient-ils au partage, à la confrontation? Pourraient-ils faire l’objet d’une évaluation et, si oui, comment?
  • L’examen de propositions ayant fait l’objet d’une expérimentation en classe de littérature au cégep
    Comment la proposition de cette autre façon de lire a-t-elle été présentée aux élèves? Sur quelle vision de l’expérience littéraire repose-t-elle? Quels dispositifs de lecture a-t-elle permis de mettre en œuvre? À quelles activités a-t-elle donné lieu? À quels résultats a-t-elle conduit? Sous quelles formes les élèves ont-ils rendu compte de leur lecture? De quelle manière leurs comptes rendus ont-ils été évalués? Quels problèmes l’expérimentation a-t- elle soulevés? Les élèves ont-ils apprécié l’expérience? Et leur professeur.e?

Bibliographie sélective

BARTHES, Roland (1973). Le plaisir du texte, Paris, Seuil, « Tel Quel », 112 p.

BAYARD, Pierre (2007). Comment parler des livres que l’on n’a pas lus?, Paris, Éditions de Minuit, « Paradoxe », 162 p.

BAYARD,  Pierre  (2015).  Aurais-je  sauvé  Geneviève  Dixmer?,  Paris, Éditions de Minuit, « Paradoxe », 160 p.

CAMBRON, Micheline et Gérard LANGLADE (dir.) (2015). L’événement de lecture, Montréal, Nota bene, 402 p.

CERTEAU, Michel de (1980). « Lire : un braconnage », dans L’invention du quotidien. I. Arts de faire, Paris, Union générale d’éditions, « 10/18 », 374 p.

DEZUTTER, Olivier et Érick FALARDEAU (dir.) (2015). Les temps et les lieux de la lecture, Namur, Presses universitaires de Namur, « Diptyque », no 30, 366 p.

DUBOIS, Jacques (2011). Figures du désir. Pour une critique amoureuse, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, « Réflexions faites », 208 p.

DUFAYS, Jean-Louis (2010). Stéréotype et lecture. Essai sur la réception littéraire, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, « ThéoCrit’ », no 1.

GIROUX, Aline (2012). Du personnage romanesque au sujet moral. La littérature comme autre de la philosophie, Montréal, Liber, 208 p.

GOULET, Marcel (2000). « L’enseignement de la littérature au collégial et la technicisation de la lecture littéraire », dans Enseigner la littérature au cégep. Réflexions, analyses, témoignages, Centre d’études québécoises, Département d’études françaises, Université de Montréal, collection « Cahiers de recherche », no 16, p. 39-62. 

GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, MINISTÈRE DE L’ÉDUCATION, DU LOISIR ET DU SPORT, ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR, DIRECTION DES AFFAIRES UNIVERSITAIRES ET COLLÉGIALES (2009). Formation générale commune, propre et complémentaire aux programmes d’études conduisant au diplôme d’études collégiales, vi, 72 p. 

LANGLADE, Gérard (2004). « Sortir du formalisme, accueillir les lecteurs réels », dans Le littéraire et le social. Le français aujourd’hui, no 145, p. 85-96. 

LANGLADE, Gérard et Marie-José FOURTANIER (2007). « La question du sujet lecteur en didactique de la lecture littéraire », dans Érick FALARDEAU, Carole FISHER, Claude SIMARD et Noëlle SORIN (dir.), La didactique du français. Les voies actuelles de la recherche, Québec, Presses de l’Université Laval, p. 101-123. 

LIREL (Laboratoire intercollégial de recherche en enseignement de la littérature). groupelirel.wordpress.com

MACÉ, Marielle (2011). Façons de lire, manières d’être, Paris, Gallimard, « nrf essais », 288 p. 

MAZAURIC, Catherine, Marie-José FOURTANIER et Gérard LANGLADE (dir.) (2011). Le texte du lecteur, préface de Pierre Bayard, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, « ThéoCrit’ », no 2, 300 p. 

NUSSBAUM, Martha C. [1991] (2010). La connaissance de l’amour. Essai sur la philosophie et la littérature, traduit de l’anglais par Solange Chavel, Paris, Les Éditions du Cerf, « Passages », 592 p. 

PICARD, Michel (1986). La lecture comme jeu. Essai sur la littérature, Paris, Les Éditions de Minuit, « Critique », 320 p.

PROUST, Marcel [1927] (1954/1970). Le temps retrouvé, Paris, Gallimard, « Le livre de poche », 448 p. 

ROUXEL, Annie (1996). Enseigner la lecture littéraire, Rennes, Presses universitaires de Rennes, « Didact français », 200 p. 

ROUXEL, Annie et Gérard LANGLADE (dir.) (2004). Le sujet lecteur. Lecture subjective et enseignement de la littérature. Actes du colloque Sujets lecteurs et enseignement de la littérature organisé par l’université Rennes 2 et l’IUFM de Bretagne, les 29, 30 et 31 janvier 2004, Rennes, 362 p. 

SCHAEFFER, Jean-Marie (2015). L’expérience esthétique, Paris, Gallimard, « nrf essais », 382 p. 

SHAWKY-MILCENT, Bénédicte (2016). La lecture, ça ne sert à rien! Usages de la littérature au lycée et partout ailleurs…, préface de Tiphaine Samoyault, Paris, PUF, « Partage du savoir », 226 p. 

STEINER, George [1996] (1997). « Le lecteur peu commun », dans Passions impunies, traduit de l’anglais par P.-E. Dauzat et L. Évrard, Paris, Gallimard, « nrf essais », 324 p. 

TODOROV, Tzvetan (2007). La littérature en péril, Paris, Flammarion, « Café Voltaire », 96 p. 

TREMBLAY, Michel (1994). Un ange cornu avec des ailes de tôle, Montréal, Leméac/Actes Sud, « Babel », 288 p. 

WOOLF, Virginia [1925-2011] (2017). Les livres tiennent tout seuls sur leurs pieds, présenté et traduit de l’anglais par Micha Venaille, Paris, Les Belles Lettres, « Domaine étranger », 222 p. 

Informations pour les communicant.e.s 

Les communications seront d’une durée de 45 minutes (30 minutes de présentation + 15 minutes de discussion). 

Les propositions de communication doivent contenir les informations suivantes : 

  • • Nom et prénom du ou de la communicant.e 
  • • Institution de rattachement 
  • • Proposition de communication (maximum de 3500 signes) 
  • • Bibliographie sélective de 5 titres au maximum 
  • • Axe du colloque dans lequel s’inscrirait la communication 
  • • 3 à 5 mots-clés 

 Les propositions de communication peuvent être soumises en format Word ou PDF et doivent être adressées à : groupe.lirel@gmail.com 

Calendrier 

15 septembre 2018 : date limite pour l’envoi des propositions de communication 

1er octobre 2018 : retour des réponses du comité scientifique 

29 octobre 2018 : date limite pour l’envoi du titre et du résumé de la communication 

10 janvier 2019 : tenue de la journée d’étude à l’Université de Montréal 

Comité organisateur 

Karine Cellard, Sophie Dubois, Anne-Hélène Dupont, Marcel Goulet, Marie-Pierre Turcot 

 

 

 

Publié le 4 juin 2018 par Marie-Ève Fafard

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