Midi-CRILCQ avec Gabriel Laverdière, « Manifestations de la force des choses dans le film Le banquet »

Midi-CRILCQ
Université Laval

Dans le cadre d'un midi-CRILCQ, Gabriel Laverdière, dont la thèse récemment soutenue et dirigée par Lucie Roy (Université Laval) portait sur les représentations homosexuelles dans le cinéma polonais contemporain, présentera une conférence intitulée « Manifestations de la force des choses dans le film Le banquet ». L'activité aura lieu le jeudi 12 octobre à 11 h 30, au local 4433B du pavillon Louis-Jacques-Casault de l'Université Laval.

Bienvenue à toutes et tous !

Résumé

Le phénomène de la manifestation publique est commun à toutes les sociétés, où il s’exprime différemment. Il traduit des idéaux, mais est aussi susceptible d’excès. Le film Le banquet, réalisé et coscénarisé par Sébastien Rose, signale l’ambiguïté des grands mouvements populaires. Il met en scène une grève étudiante à travers laquelle s’entrecroisent les destins de divers personnages. Si des questionnements sociopolitiques sont au nombre des enjeux soulevés par le film, sa portée atteint aussi le hors-champ d’une pensée humaniste, c’est dire qu’il se penche sur la nature des activités humaines et leurs retombées contradictoires. Le chaos mis en intrigue fait songer que le projet du Québec moderne, né pendant les années 1960 sur la base solide (mais oubliée) de ce qui précédait, a déjà vécu ses heures de gloire et qu’il connaît un déclin, dont rendent compte autant l’actualité que la fiction. Le foyer du déploiement de la société québécoise qu’était le système d'éducation concentre désormais, nous dit le film, toutes les failles de la culture contemporaine. Ainsi, Le banquet attable les préoccupations politiques – du recteur, des politiciens ou des grévistes –, idéologiques – du professeur et de l’idéaliste –, et celles qui appartiennent, pourrait-on dire, au « retour du refoulé », soit les préoccupations (indéfinies) des laissés pour compte – la jeune mère et le meurtrier. Mais par ailleurs, au-delà des questionnements sociopolitiques, le film nous invite à considérer la force des choses que le phénomène de la manifestation risque de libérer, qui est ici présenté sous la forme, désormais familière, d’un grand éclat de violence.

Notice

Gabriel Laverdière est diplômé du programme de Littérature et arts de la scène et de l’écran de l’Université Laval. La thèse dont il est l’auteur a pour sujet les représentations homosexuelles dans le cinéma polonais contemporain. Il a signé divers articles portant sur le cinéma numérique, l’intermédialité, ou l’éthique et le film Persona (à paraître). Par ailleurs, il a récemment traduit un ouvrage de l’auteure américaine Camille Paglia (à paraître aux Presses de l’Université Laval).

Publié le 10 octobre 2017 par Isabelle Tousignant

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