Midi-CRILCQ avec Thomas Carrier-Lafleur

Midi-CRILCQ
Université Laval

 « L’aventure au “pays de Québec”. Extension médiatique et conflit des codes dans Les pays d’en haut » 

Animé par Julie Beaulieu (CRILCQ, U. Laval). 

29 novembre 2018, de 11 h 30 à 12 h 30, à l'Espace de Saint-Denys-Garneau (local 4433B), pavillon Louis-Jacques-Casault, Université Laval (Québec). 

Descriptif

Aux côtés de celles de Robert Choquette et de Germaine Guèvremont, l’œuvre de Claude-Henri Grignon se démarque par sa facilité à investir l’univers médiatique canadien-français et québécois. En travaillant aussi bien pour la radio, la télévision, le théâtre, le cinéma que la bande dessinée, Grignon consacra l’essentiel de ses énergies à alimenter les variantes et les extensions à son seul roman, Un homme et son péché (1933). Cette communication s’intéressera au plus récent avatar médiatique issu de cet univers : Les pays d’en haut, série diffusée à la télévision de Radio-Canada depuis 2016. Comme l’ont mentionné les créateurs de la série et répété les journalistes, le but explicite des Pays d’en haut est d’offrir un nouvel horizon générique et de nouveaux codes esthétiques à l’œuvre de Grignon : ceux du western. À première vue, le monde idyllique des Belles histoires des pays d’en haut semble en effet se transformer en la rude conquête du Nord et en la recherche d’une aventure héroïque. Sur le plan formel, cette volonté de moderniser l’œuvre originelle se cristallise aussi dans le passage du téléroman à la série-télé, soit – pour reprendre la distinction proposée par Yves Picard – dans le passage d’un régime de la télé-oralité à celui de la télé-visualité. Toutefois, comme nous tenterons de le défendre, il est aussi possible de soutenir que ces changements, pour ostensibles qu’ils soient, ne concernent précisément que les apparences. Malgré un apparent désir de renouvellement, serait-il possible que Les belles histoires des pays d’en haut et les Les pays d’en haut racontent encore et toujours le même récit, celui d’un passé qui ne veut pas mourir ?


Notice biobibliographie :

Thomas Carrier-Lafleur est stagiaire postdoctoral Banting et chargé de cours à l’Université de Montréal. Il est notamment l’auteur des ouvrages L’Œil cinématographique de Proust (Classiques Garnier) et Une Philosophie du « temps à l’état pur ». L’Autofiction chez Proust et Jutra (Vrin/Presses de l’Université Laval). Il fait partie des comités de rédaction de Nouvelles Vues et Sens Public et est également membre du GRAFICS, de Figura, du regroupement Les Arts trompeurs, du CRIHN, de la Chaire de recherche du Canada en Études cinématographiques et médiatiques, de la Chaire de recherche du Canada en Écritures numériques et du partenariat international TECHNÈS. Ses recherches portent sur l’œuvre de Marcel Proust, le roman français et québécois, l’histoire littéraire des médias et le cinéma québécois.

Publié le 16 octobre 2018 par Audrey-Ann Gascon

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