Affiche Journée d'étude la banalité dans le récit littéraire contemporain, un phénomène d'ubiquité

L'Atelier du dramaturge
Parcours génétiques du texte de théâtre contemporain

Journée d'étude organisée par l'École de théâtre de l'UQÀM et le
Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises

Lieu : Salle des Boiseries (local J-2508), Pavillon Judith-Jasmin, UQÀM
Date : 2 mai 2007
Responsable : Yves Jubinville

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Les actes électroniques de cette journée d'étude sont maintenant disponibles. Il suffit de sélectionner le lien de chaque titre des communications.

Programme

Ouverture

  • 8h30 - Accueil des participants
  • 8h45 - Yves Jubinville (UQAM) : Présentation

Séance 1 : Quels textes pour quelle genèse ?
Présidée par Marie-Christine Lesage (UQAM)

Séance 2 : Pratiques d'écriture et figures d'auteur
Présidée par Louis Patrick Leroux (Université Concordia)

Séance 3 : La genèse comme parcours biographique
Présidée par Robert Reid (Université Concordia)

Clôture

  • 17h45 / 18h15 - Yves Jubinville (UQAM) et Jacinthe Martel (UQAM)

 

Proposition

L'atelier envisagé s'inscrit dans le cadre d'une recherche menée par l'organisateur de l'événement et financée par l'UQAM et le CRSH (2005-2009) qui consiste à produire une édition critique et génétique des Belles-Soeurs de Michel Tremblay. Motivés par un intérêt qui s'est précisé au contact des manuscrits et des différentes versions de cette pièce du répertoire québécois, nous voudrions, après deux ans de recherche, faire le point sur un certain nombre de problèmes concernant la genèse de cette oeuvre et, plus globalement, sur les pratiques d'écriture pour la scène depuis une quarantaine d'années. Le choix de la formule atelier s'explique, outre le nombre limité de participants, par le fait que la recherche dans le domaine de la génétique du texte dramatique demeure à ce jour peu développée. En réunissant des spécialistes dans le champ des études dramaturgiques et théâtrales, nous souhaitons dynamiser un chantier de recherche dont les délimitations demeurent trop imprécises avec l'intention de former, à moyen terme, une équipe internationale de chercheurs dédiés à ces questions.

Le constat que nous faisons mérite sans doute d'être nuancé. Il existe depuis plusieurs années, dans la foulée de la tradition philologique, qui a donné elle-même naissance à la critique génétique, des travaux d'édition de pièces anciennes et modernes (Corneille, Buchner, Genet) qui témoignent, à divers titres, d'une préoccupation à l'égard des processus liés à la création dramaturgique. C'est dans cette perspective notamment qu'a été mise en lumière l'importance des brouillons et des manuscrits pour la compréhension des grandes oeuvres du répertoire. Notre intérêt excède toutefois de telles considérations, au demeurant fort légitimes, en raison d'abord du choix que nous faisons de nous pencher sur les écritures contemporaines, et ensuite de la conviction selon laquelle la génétique se veut une heuristique de la création et non plus une épistémologie des textes.

Le domaine de la génétique du texte de théâtre appelle, à l'étape où se trouve la recherche, un effort de théorisation qui doit servir à prendre la mesure de l'influence de la critique littéraire qui a largement investi le champ de la génétique, et des études scéniques préoccupées depuis leurs origines par la question des savoirs pratiques. Par rapport à la génétique littéraire, d'inspiration française, le défi consiste à développer des outils d'analyse et un vocabulaire critique capable de décrire et classer tout autant les opérations scripturaires de l'auteur dramatique que les traces qu'il génère et sur lesquelles se fonde l'analyse elle-même. Une réflexion s'impose notamment sur ces traces (et la mémoire qu'elles constituent) autres que textuelles (sonores, visuelles, corporelles) produites à la faveur d'une écriture qui, dans le contexte contemporain, s'élabore de plus en plus dans le va-et-vient entre le cabinet d'écriture, l'atelier de jeu et la salle de répétition. A l'autre bout du spectre théorique, les travaux récents sur les processus dans la création théâtrale tendent à leur tour à faire disparaître la frontière qui séparait jadis l'art dramatique des arts scéniques. La difficulté consiste alors à penser l'écriture du texte comme une pratique qui, dans la dynamique post-dramatique actuelle, conserve son autonomie en même temps qu'elle devient l'enjeu d'une lutte de pouvoir (ou d'une collaboration) entre l'écrivain et le créateur scénique (qui est l'auteur de l'oeuvre théâtrale?).

Notre atelier a été conçu de manière à faciliter le croisement de perspectives, mais sa principale visée demeure l'avancement des connaissances sur les dramaturgies contemporaines. Dans la littérature critique récente, il est fait grand cas de la diversité des formes dramatiques ainsi que de l'éclatement de la notion même de texte de théâtre, lequel pose, à différents degrés, des problèmes de lecture (peut-on encore lire un texte de théâtre?) et d'interprétation (représenter un texte écrit ou non pour la scène : quelle différence?). Il n'est pas notre intention de remettre en cause ces hypothèses mais bien d'opérer un déplacement de l'angle d'analyse en allant voir si les pratiques d'écriture pour la scène n'ont pas été à leur tour l'objet de transformations. Ce questionnement global marque l'orientation en partie socio-historique de notre atelier. L'expression de « pratiques d'écriture » désigne en ce sens tout ce qui sert à définir le rayon d'action de l'instance productrice d'un texte. Elle met en lumière le fait que l'écriture pour la scène implique une chronicité variable de même que des contraintes spatiales et institutionnelles qui lui sont propres, mais qui évoluent dans le temps. Ajoutons à cela les notions de ritualité et de socialité, qui impliquent que ces pratiques s'élaborent à l'intérieur d'un système de normes et de relations et comportent donc, au-delà de leur efficacité particulière, une signification éthique, et l'on comprend que l'intérêt pour la genèse des textes dépasse ce qui pourrait être vu comme une « fétichisation des restes » pour rejoindre l'interrogation qui se trouve au coeur des débats esthétiques actuels : quel sens revêt l'expérience (le geste) artistique?

Ce souci pour l'histoire apparaît en filigrane des travaux de notre atelier dont le programme reflète bien les enjeux de l'écriture dramatique contemporaine en regard de l'économie créatrice nouvelle mise en place par l'avènement de la mise en scène. Dans le contexte québécois, il est reconnu que cette situation s'est imposée plus tardivement mais avec la même évidence qu'ailleurs. Si cela constitue notre point d'ancrage principal, on comprend que ce n'est pas tant pour souligner la spécificité des pratiques québécoises que pour délimiter un espace de références communes dont l'examen permettra, on l'espère, d'élaborer des hypothèses pour un ensemble plus vaste.

Le programme de l'atelier se présente sous la forme de trois séances de travail. Chacune aborde un ensemble de questions regroupées autour d'un axe thématique mais autorisant des découpages théoriques et méthodologiques distincts.

  • 1. Quel texte pour quelle genèse?
  • 2. Pratiques d'écriture et figures d'auteur
  • 3. La genèse comme parcours biographique

Pour participer à cet atelier ou pour obtenir plus d'informations, veuillez vous adresser à :
Yves Jubinville
tél : 514-987-3000 (poste 2527)
jubinville.yves@uqam.ca

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