Une journée de poésie organisée par
Nicole Brossard et le CRILCQ - site Université de Montréal
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Alors que le Long poème est, dans les littératures de langue anglaise, viable et permet encore de déplacer et de renouveler l'esthétique poétique, quel est son statut en langue française et surtout qu'en est-il de notre rapport à sa dimension narrative? Y aurait-il eu dans la tradition française, depuis la condamnation mallarméenne de « l'universel reportage », une rupture avec le Long poème au profit du poème de concision et de déconstruction? Et cette rupture aurait-elle eu pour conséquence de refouler le Long poème dans l'arrière-garde des pratiques poétiques?
Certes, il y a toujours eu au fil de l'histoire de la poésie québécoise des Longs poèmes. Néanmoins, on peut se poser la question à savoir si, dans ce cadre, la pratique moderne du Long poème s'est faite sans histoire, c'est-à-dire sans aucune intention d'inscription, d'écart ou de renouvellement par rapport à la tradition. En d'autres termes, la pratique du Long poème est-elle surtout ponctuelle, c'est-à-dire liée à des « élans majeurs » d'amour, de deuil, de mélancolie et d'identité? Je pense ici à des textes comme Suite fraternelle de Jacques Brault, L'inavouable de Paul Chamberland, La marche à l'amour de Gaston Miron, Les Heures de Fernand Ouellette, Les cendres bleues de Jean-Paul Daoust, Pendant la mort de Denise Desautels, Vingtièmes siècles de Jean-Marc Desgent ainsi qu'à plusieurs poèmes de Claude Beausoleil et de Louise Warren.
S'intéresser au Long poème ne peut que stimuler une interrogation sur la narration (la tentation du roman), la prose poétique (souvent pratiquée par les femmes) et sur le lyrisme (une nouvelle génération).
Questionner le Long poème, sera, je l'espère, une manière de renouveler la réflexion sur la création et sur «les forces et les élans majeurs » qui, quelles que soient les pratiques littéraires du moment, trouvent en toute liberté la forme nécessaire à leur expression.
Nicole Brossard
Écrivaine en résidence
Université de Montréal
De 14h00 à 17h00,
au CRILCQ - site Université de Montréal
3150, rue Jean-Brillant, 8e étage, local C-8141
Station Université de Montréal
De 19h00 à 21h00,
à la Librairie Pantoute
5219, Côte-des-Neiges
Station Côte-des-Neiges
Pour toute information:
Manon Plante
CRILCQ / Université de Montréal
manon.plante@umontreal.ca
Tél.: 514.343.7369
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