

Dès 8 h 45
Avec la participation de :
Rachad Antonius (UQAM)
Idil Atak (Université McGill)
Mounia Benalil (SAIC/CRILCQ, U. de Montréal)
Joël Des Rosiers (Poète, psychiatre)
Simon Harel (UQAM)
Valérian Mazataud (Photojournaliste)
Djemaa Maazouzi (U. de Montréal)
Amany Hanna Salib (U. de Ain Shams au Caire)
Jean-Pierre Sirois-Trahan (U. Laval)
Depuis les événements du 11 septembre 2001 et l'effondrement du World Trade Center, l'imaginaire mondial semble donner une place de choix à des personnages conceptuels que nous pourrons désormais appeler, après l'ouvrage séminal de Derrida Voyous (2003), de « voyous ». Plus que des « barbares », ces « voyous » dessinent la topographie de l'Étranger dans son altérité radicale que des nouvelles logiques narratives semblent prendre en charge. Si certains intellectuels posent l'immigration comme la « pathologie » des temps modernes, la « surveillance » de la mobilité des individus (des « voyous ») est aujourd'hui un indicateur non pas de modernité, mais de risque que ces individus représentent pour les démocraties modernes sous le signe d'une intermédialité saturée de violence. La notion de « voyou » (et de « l'État voyou » en relations internationales) est plus qu'un phénomène de mode théorique digne d'intérêt philosophique ou politique. C'est un moteur puissant d'une ré-orientation presque globale du discours social mondial, si on entend par discours social « tout ce qui se dit et s'écrit dans un état de société » (Angenot).
Cette Journée d'étude à caractère interdisciplinaire se situe à la croisée des sciences humaines, sociales et politiques. Elle vise à examiner comment le discours social québécois engage les enjeux de la représentation de la figure du «voyou» dans ses multiples instances. Cet état des lieux pourrait s'inscrire en continuité avec les travaux de la Commission de consultation Bouchard-Taylor sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles (CCPARDC) qui a clôturé ses travaux le 18 juin 2008. Mais il ne s'y limite pas.
Si les recherches actuelles en sciences humaines et sociales appréhendent les questions de l'identité, de l'origine et de l'appartenance à partir de positions contradictoires où la mise en scène du réel rend de plus en plus difficile de faire abstraction de l'étranger en tant que « figure de malaise », que peut le discours académique et savant dans la mise en relief de la complexité du rapport à l'Autre en général et de ces croisements heuristiques entre l'idée de l'étranger et celle du « voyou » ?
Pour information :
Patrick Poirier, coordonnateur scientifique
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