Depuis sa fondation en 2003, le Laboratoire international d’étude multidisciplinaire comparée des représentations du Nord réunit une quinzaine de chercheurs répartis dans une dizaine d’universités (Québec, Suède, Finlande, Danemark, France, Israël, Canada, Allemagne) qui, à partir de l’infrastructure développée à l’Université du Québec à Montréal, étudient l’imaginaire du Nord en valorisant les comparaisons entre la culture (littérature, cinéma, arts visuels) québécoise et les autres cultures nordiques (inuite, suédoise, danoise, norvégienne), ainsi qu’en analysant les œuvres de tous pays qui traitent de la représentation du Nord, tant de la culture restreinte que de la culture populaire.
Le laboratoire se compose d’une bibliothèque (bibliographies, essais, articles, poésie, théâtre, romans, films de fiction et documentaires) et d’une banque de données interrelationnelle sur les représentations du Nord. Plus concrètement, la banque se compose :
Les critères de détermination de la banque permettent de lier des milliers de représentations du Nord différentes, classifiées selon des critères liés aux archétypes, aux topos et aux problématiques, selon différentes régions et époques. Pour l’instant, le laboratoire dispose d’une base de données d’environ 4000 œuvres.
Dans l’histoire occidentale, le Nord constitue un espace mythologique travaillé par des siècles de figures imaginaires, à partir des récits grecs aux récits des grands explorateurs, en passant par les textes bibliques et les sagas nordiques. Au XXe siècle, il représente un espace de conquête fuyant qui se défile toujours plus haut à mesure qu’on l’approche : ainsi conçues, les représentations du Nord n’apparaissent plus comme la simple description d’un espace géographique, mais au contraire comme un fascinant discours pluriculturel alimenté de manière singulière par différentes strates issues des cultures anciennes (la Grèce antique, les Vikings), repris par les cultures européennes (surtout en France et en Allemagne), revu par les cultures du Nord (Scandinavie, Canada, Québec, Finlande, Russie) et aujourd’hui mis en jeu par les cultures autochtones. Déterminé comme un discours et non plus comme une description, le Nord se déploie dans son épaisseur historique et, lorsqu’il est analysé dans les œuvres romanesques, dans ses fonctions narratives. Tour à tour discours utopique de reconquête du territoire, de dénonciation des fonctions de représentation, de prise de parole politique ou d’adjonction de merveilleux dans les œuvres, le Nord s’inscrit dans les textes narratifs comme une variable qui change de signification selon les périodes de l’histoire, tout en s’appuyant sur un discours universel forgé par des siècle de représentations sans contact réel avec le lieu évoqué.
Les objectifs scientifiques du Laboratoire sont de trois ordres :
Les chercheurs associés au Laboratoire sont appelés à y collaborer en alimentant la bibliothèque et les banques de données du fruit de leurs travaux qui sont en lien avec la visée du laboratoire. Un groupe de recherche ouvert aux étudiants de 2e et de 3e cycle permet également de faire avancer les travaux de recherche et d’analyse du laboratoire.
Le Laboratoire est financé par Recherche-Québec, la Fondation canadienne de l’innovation et l’Université du Québec à Montréal.
Daniel Chartier (Consulter la page de Daniel Chartier)
chartier.daniel@uqam.ca
Catherine Vaudry
imaginairedunord@uqam.ca
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