Stagiaires postdoctoraux au site Université de Montréal

Par ordre chronologique décroissant.


Hervé Guay

Année : 2008-2009
Directeur de stage  : Gilbert David
Bourse : CRILCQ
Page web de Hervé Guay

Titre : Le dialogisme hétéromorphe dans la dramaturgie québécoise contemporaine

Projet (résumé) : Le texte dramatique n’occupe plus dans les pratiques scéniques actuelles la place centrale qui était la sienne autrefois. Il subit au contraire la concurrence de formes artistiques et médiatiques qui l’obligent à s’adapter à un dialogisme scénique de plus en plus hétéromorphe. Mais l’auteur dramatique n’est pas non plus sans ressource et choisit souvent d’intégrer dans son écriture cette propension du théâtre contemporain à s’ouvrir à des formes hybrides. Cette recherche vise donc à étudier les mutations que fait subir au texte dramatique l’irruption de ce nouveau dialogisme scénique et cherche à mesurer dans quelle mesure le texte de théâtre actuel opère une rupture avec les dialogues traditionnels, surtout centrés sur les relations entre les personnages. Les travaux de Bakhtine, Todorov, Dort, Féral et Carlson sont à la source du concept de « dialogisme hétéromorphe » que nous avons élaboré pour expliquer le fonctionnement des pratiques scéniques actuelles. Ce dialogisme s ’éloigne des dialogues caractéristiques du modèle aristotélicien, mis à mal à partir du XIXe siècle. Nous postulons que les changements majeurs qui touchent le théâtre actuel mènent à une reconfiguration de la dramaturgie contemporaine et, plus précisément, à une nouvelle combinatoire entre le dramatique, l’épique et le lyrique au sein du drame. En se recomposant, le spectacle – et par conséquent, le texte – se trouvent à déplacer l’accent de la sphère intrapersonnage à une interaction plus directe avec le spectateur ou encore s’ouvre à une pluralité de voix distinctes comme, par exemple, dans les poèmes scéniques de Robert Wilson. En outre, les productions actuelles mettent très souvent à contribution d’autres systèmes de signes (autres arts, nouvelles technologies, etc) qui modifient la nature de la relation avec le spectateur. Cependant, quelle est l’influence de ce nouveau dialogisme scénique dans la dramaturgie québécoise actuelle ? Nous tenterons d’en repérer les traces dans En anglais comme en français, it’s easy to criticize (1998), Hippocampe (2002 et 2007), La Noirceur (2003) de Marie Brassard et Norman (2007) de Michel Lemieux et Victor Pilon. Les analyses porteront à la fois sur le texte, la représentation et le processus créateur étant donné la nature particulière de ce nouveau dialogisme, qui est de tenter d’intégrer la scène et ses potentialités, y compris le processus de création du spectacle, dans l’écriture dramatique.


Sandrina Joseph

Années : 2007-2009
Directrice de stage  : Élisabeth Nardout-Lafarge
Bourse : CRSH
Page web de Sandrina Joseph

Titre : La banalité dans les pratiques autobiographiques contemporaines au Québec

Projet (résumé) : La banalité, qui appartient à la collectivité – au commun –, participe chez plusieurs écrivains de l’attestation de leur individualité – du particulier. Je tenterai donc de montrer comment le travail autobiographique qui traduit fatalement un désir d’unicité s’accomplit néanmoins souvent par la mise en récit du banal qui, paradoxalement, « contrarie les aspirations du Je au renouvellement original, personnalisant, de son expérience. » (Jerphagnon, Lucien. 1965. De la banalité. Essai sur l’ipséité et sa durée vécue : durée personnelle et co-durée. Paris : Vrin, p. 96.) Les différentes manifestations de la banalité dans les récits autobiographiques québécois des vingt dernières années explicitent en fait une tendance marquée chez leurs auteurs à raconter leur existence en faisant l’économie de l’événement, si ce n’est en y renonçant; or, toute entreprise autobiographique est portée par la nécessité d’attribuer un quelconque signe distinctif à son vécu, de telle sorte que ce refus du pathos et du singulier n’en reste pas moins un appel à la sensibilité et à l’expérience du lecteur. Dans ces conditions, comment le je autobiographique peut-il s’imposer à la fois comme un sujet distinct, exceptionnel et un individu reconnaissable, à la limite de l’ordinaire? En quels termes, sous quelles formes se joue le recours récurrent à la banalité dans les textes autobiographiques québécois parus depuis 1985 ?


Guillaume Lafleur

Année : 2007-2008
Directeur de stage  : Robert Schwartzwald
Bourse : CRILCQ
Page web de Guillaume Lafleur

Titre : La rencontre interculturelle dans la modernité cinématographique québécoise.

Projet (résumé) : Le cinéma-direct constitue une étape décisive dans l'entreprise filmique d'ethnographie du Québec contemporain. Premier jalon de la définition identitaire par le cinéma au courant des années 1960, il propose une prise de conscience culturelle et nationale, synchrone avec le tournant de la modernité d'alors. [...] Donner à voir une communauté et la responsabilité du cinéaste qui en découle peuvent devenir une entreprise risquée que notre projet va chercher à comprendre à travers l'analyse de ses diverses étapes. Puisque notre corpus [films d'Arthur Lamothe], est constitué d'oeuvres montrant la rencontre entre cinéastes occidentaux et autochtones, nous chercherons à en exposer les conditions de possibilité, par le dispositif de la mise en scène qui se manifeste avec le choix des hommes et des femmes en présence, leur temps de parole, leurs gestes et la disposition des angles de caméra. L'ensemble de la réflexion, si elle peut témoigner de la responsabilité des cinéastes face à leur dispositif, impliquera à la suite de poser la question de l'effectivité du dialogue, car l'un n'assure pas la présence de l'autre. Nos recherches aborderont aussi la portée des modalités d'interaction que produit le film ou si l'on préfère, l'interrelation qu'il peut y avoir entre la place accordée à la communauté et la place laissée à la libre interprétation du spectateur.


Audrey Camus

Année : 2006-2007
Directrice de stage  : Élisabeth Nardout-Lafarge
Bourse : CRILCQ
Page web d'Audrey Camus

Titre : Les formes contemporaines de la ménippée.

Projet (résumé) : Dans un ouvrage initialement publié en 1929 et traduit en France en 1970, Mikhaïl Bakhtine situe la poétique de Dostoïevski dans la tradition du genre carnavalesque qu'est la satire ménipée, caractérisée par la polyphonie et le mélange générique. [...] Or, s'il a consacré un ouvrage au grotesque carnavalesque, Bakhtine ne traite cependant de la ménippée que dans ces quelques pages de sa Poétique de Dostoïevski, et il semble en outre que, cette forme ayant été délaissée par les critiques au profit du mode satirique englobant en raison de son caractère protéiforme et instable, on n'ait guère considéré depuis la question de ses manifestations modernes. [...] Il s'agira donc d'étudier les éléments qui rattachent ces textes [ceux de Daniel Danis et d'Antoine Volodine] à la tradition ménippéenne, ce qu'ils lui empruntent, ce qui les en distingue, tout comme ce qui les rapproche et les différencie entre eux, pour comprendre la signification spécifique d'une telle résurgence dans la littérature québécoise aujourd'hui.


Sandrina Joseph

Années : 2005-2007
Directrice de stage  : Élisabeth Nardout-Lafarge
Bourse : FQRSC
Page web de Sandrina Joseph

Titre : Elles parlent pour (ne rien) dire : les banalités conversationnelles dans le roman contemporain des femmes en France et au Québec

Projet (résumé) : Les femmes s'expriment avec la langue qui est mise à leur disposition, « la langue commune, la langue dominante [...], ce qui explique que la langue des femmes soit perçue comme déviante ». (Marina Yaguello, 1978, Les mots et les femmes , p. 10) L'hypothèse sur laquelle repose ma réflexion postdoctorale cherche de fait à cerner un de ces modes d'usurpation de la langue par les femmes : le recours à diverses formes de banalités langagières (le cliché, le ragot, le préjugé, etc.) dans la conversation se pose en effet pour certaines énonciatrices comme un moyen de parler autrement, bien qu'elles soient justement aux prises avec la langue de la doxa. Loin d'être socialement perçue comme une stratégie discursive de la dissidence, la banalité langagière est bien au contraire conçue comme un mode de communication par le biais duquel les locuteurs endossent la doxa, ce que Ruth Amossy souligne en avançant que « [l]e déjà-dit est la marque de la banalité; il est aussi celle de la soumission à l'idéologie dominante. » (1991, Les idées reçues , p. 30) Or, ces « images de seconde main » (Ruth Amossy, 1991, Les idées reçues , p. 26) que s'approprient les femmes qui conversent sont parfois détournées, remaniées, transformées par les locutrices qui, loin d'accepter l'idéologie véhiculée par les paroles qu'elles prononcent, élaborent plutôt, sous le couvert de la banalité, une critique - discrète ou véhémente - des normes sociales qui leur sont imposées. La conversation, qui est le mode de communication par excellence, s'offre de fait à ces locutrices comme un moyen de s'approprier par la parole une langue qu'elles usurpent pour ensuite communiquer leur désobéissance à leurs interlocuteurs.


Thierry Bissonnette

Date : septembre 2005 à août 2007
Directrice de stage : Catherine Mavrikakis
Bourse : FQRSC

Titre : Synthèse de la réception de l'œuvre de Claude Gauvreau et amorces d'une recherche biographique


Maïté Snauwaert

Date : 2005-2006
Directrice de stage : Catherine Mavrikakis
Bourse : CRILCQ

Titre : L'exploration du roman familial dans la production littéraire française et québécoise des vingt dernières années

Projet (résumé) : « Au sein de ce surinvestissement du biographique comme matière à questionner par le littéraire, le roman familial occupe une place centrale, en tant que tissage d'un héritage transgénérationnel rendu signifiant par le discours, et lui-même fait de discours : de récits mais aussi de lectures, d'une pluralité d'histoires et d'un rapport singulier au langage. [...] On souhaite interroger comment est en jeu chaque fois, à travers les divergences et convergences des poétiques comme des inscriptions historique et culturelle respectives [québécoise et française], la restauration d'un chaîne signifiante singulière, par la mise au jour des stratégies, enjeux et relations du récit mythologique puissamment influent qui a façonné l'histoire familiale, avant d'édifier au présent les conditions d'une subjectivation spécifique. »


Christina Horvath

Date : 2004-2005
Directeur de stage : Pierre Nepveu
Bourse : CRILCQ - site UdeM

Titre : Patchwork urbain et intertextualité : le roman montréalais à l'ère contemporaine

Projet (résumé) : Le premier objectif de ce projet de recherche consiste à élucider les rapports que le roman montréalais entretient avec la réalité urbaine contemporaine. Se dédoublant sans cesse entre une réalité et une image, entre l'événementiel et le textuel, le Montréal littéraire semble osciller entre fiction et réalité. Si l'on peut constater que le monde urbain apparaît dans la plupart des récits comme un lieu de communication, cette ouverture au monde constitue-t-elle pour autant une réelle caractéristique du roman montréalais ? Les auteurs contemporains interrogent-ils vraiment la réalité de Montréal, sont-ils capables de percevoir de manière critique ce que la ville représente ? Et, d'autre part, la culture montréalaise accède-t-elle à une existence littéraire autonome dans la fiction contemporaine ? Le roman réussit-il à proposer une archéologie de la ville et de sa culture ?


David Décarie

Date : 2003-2004
Bourse : CRSH

Titre : Figures et roman chez Germaine Guèvremont

Projet (résumé) : Cette recherche porte sur l'œuvre de la romancière québécoise Germaine Guévremont. Poursuivant sa réflexion entamée dans des recherches sur Louis-Ferdinand Céline, il tente dans ses travaux de montrer l'importante influence exercée par les genres et les figures sur l'imaginaire de l'auteure. Ses recherches l'ont amené à constater la richesse et l'importance de l'oeuvre non publiée de Guèvremont.

 

Dernière mise à jour : 2 septembre 2008

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