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Le fragment : repères bibliographiques

Maurice Blanchot, L’écriture du désastre, Paris, Gallimard, 1980; Roland Barthes, Roland Barthes par Roland Barthes, Paris, Seuil, 1975.

Résumer L’écriture du désastre ou Roland Barthes par Roland Barthes est une entreprise qui va à l’encontre du processus de l’écriture fragmentaire. Néanmoins, au fur et à mesure que Blanchot et Barthes ramifient leur pensée se dévoilent des pratiques similaires de l’écriture du fragment axées sur des préoccupations esthétiques et éthiques.

Blanchot tient une réflexion sur les thèmes du savoir, du langage, du temps, de la transcendance, de l’histoire et de l’art. Par le biais d’un dialogue avec des écrivains de toutes époques et de toutes traditions (Socrate, Humboldt, Nietzsche, Hölderlin, Schelling, Wittgenstein, Barthes), Blanchot passe ces thèmes à travers le filtre de ce qu’il appelle " l’exigence fragmentaire ". Quelques mots entourent cette idée : " subjectivité ", " passivité ", " responsabilité ", " infini ", " désastre ". La subjectivité est la présence intime à soi, en son corps, et la passivité, le don à autrui de sa non-appartenance à soi, de son anonymat. Sa responsabilité ? Accepter cette passivité. Chez Blanchot, l’écriture fragmentaire est celle du sujet passif, se veut atemporelle (non développée logiquement, dans la continuité), expression de l’infini (éclatement, pulsion). Selon Blanchot, le processus de l’écriture fragmentaire n’est jamais terminé. Il s’inscrit contre l’idée de totalité, d’œuvre, de pouvoir. L'absence de continuité discursive, chez Barthes, rejoint la notion d'atemporalité proposée par Blanchot. Elle va également contre la totalité de l'œuvre. Pour ce qui est de la place du sujet dans l’écriture du fragment, de sa neutralité, les propos de Roland Barthes, dans Roland Barthes par Roland Barthes, convergent avec ceux de Blanchot, à propos de la passivité du sujet. Barthes exprime ainsi la position du sujet : " Le cercle des fragments / Écrire par fragments : les fragments sont alors des pierres sur le pourtour du cercle : je m’étale en rond : tout mon petit univers en miettes; au centre, quoi ? " (96).

Ces deux écrivains n'élaborent pas une théorie de l’écriture du fragment. Blanchot et Barthes offrent au lecteur un exemple de ce qu’est l’écriture du fragment, qui traite des enjeux intrinsèques à l’écriture, mais aussi des questions éthiques d’une telle pratique.

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