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Le fragment : repères bibliographiques
Mikel Dufrenne, " Luvre ", Encyclopaedia Universalis, vol. 16, 1995, p. 703-708.
Larticle vise à présenter succinctement les différentes conceptions philosophiques de la notion d'uvre depuis lAntiquité. Il y est question du fragment comme principe esthétique, mais non du problème littéraire du recueil. Dufrenne définit ce qui fait l'uvre classique. La normativité a deux sources : linstitution, dune part, et luvre, dautre part, la beauté qui émane de lobjet sil se suffit à lui-même et sil soffre à la contemplation. Cependant, quel statut donner aux uvres non classiques ? Cette question, celle de la " non-uvre ", est propre à lart contemporain. Ce dernier propose une nouvelle finalité à luvre. Sa seule présence à la conscience suffit pour quon la considère (le es ist so hégélien). Lart conceptuel engendre des uvres qui réfléchissent sur lart : " luvre nest pas déconstruite, elle est escamotée " (706).
Toutes ces formes nouvelles dart, quoiquelles remettent en cause la notion traditionnelle duvre, sa pérennité et son unicité, constituent des expériences esthétiques du " faire ". Car si la place de lauteur était cruciale dans la conception classique de l'uvre, elle l'est toujours; l'uvre résulte dun faire qui nécessite un sujet. Luvre est encore le moyen pour lauteur de " laisser sa marque sur les choses " (704). Luvre et même si elle devient le produit dun goupe et non dun auteur seul demeure un produit, " lacte de quelquun " (707). En dernière analyse, le fait quil y ait une lecture de ce produit est suffisant pour qualifier lobjet ou lévénement duvre.
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