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   Groupe de recherche sur le recueil

 

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Études diverses

 

BARTHES, Roland, « Littérature et discontinu », Essais critiques, Paris, Seuil, 1964, p. 175-187.

Barthes, dans cette critique de Mobile de Michel Butor, réfléchit à la place du discontinu en littérature. S'appliquant d'abord à démontrer que le continu est la base de l'oeuvre littéraire, il en vient à décrire et à analyser les effets de lecture du recueil d'impressions de voyage de Butor. L'observation du refus de l'ancienne rhétorique (une rhétorique de la variation) au profit d'une rhétorique moderne de la translation (basée sur un "continu fugué") pousse Barthes à contourner le discontinu apparent pour découvrir une oeuvre construite, composée d'unités dont le sens n'émerge que lorsqu'elles sont rapportées comme dans un puzzle, représentation éclatée de l'Amérique mythique.

 

DÄLLENBACH, Lucien, «Du fragment au cosmos (La Comédie humaine et l'opération de lecture I)», Poétique, no 40 (1979), p. 420-431 ; «le Tout en morceaux (la Comédie humaine et l'opération de lecture II)», Poétique, no 42 (avril 1980), p. 156-169.

Dans son dyptique, Dällenbach conteste l'idée de totalité liée fréquemment à la Comédie humaine de Balzac et au roman du XIXe siècle. Utilisant le concept de "lisibilité" (Barthes), il montre la crise de l'unité dans La muse du département. La question du fragment est ainsi abordée : la fragmentation du roman, le statut du fragment chez Balzac et la remise en question du texte balzacien comme "texte plein" (sa prétention à la complétude) se situent au centre de la réflexion. Le fragment apparaît comme "un morceau d'univers voué à réintégrer la totalité signifiante à laquelle, même détaché, il ne cesse d'appartenir" (Poétique, no 42, p. 161). Le texte balzacien n'est donc pas si étanche qu'il le laisse croire : l'apparente unité, le "plein" masque le vide, le fragmentaire.

 

MASSOUTRE, Guylaine, «Présentation. Du recueil à l'essai, ou la cohérence du disparate», dans Hubert Aquin, Point de fuite, édition critique établie par Guylaine Massoutre, Montréal, BQ, 1995, p. XIII-LXXXI.

Point de fuite, de Hubert Aquin, constitue un cas intéressant de mélange des genres. C'est moins l'appartenance générique de chacun des textes que le regroupement de textes génériquement distincts qui fait de ce recueil un cas singulier. Pour caractériser cette composition, Guylaine Massoutre insiste sur la notion de baroque dans une longue présentation très étoffée. Elle fait appel aux lectures d'Aquin, à ses notes de cours, ainsi qu'à divers travaux sur le récit spéculaire et sur la postmodernité.

 

MÉLANÇON, Robert, «Entretien avec Michel Butor», Études françaises, XI, 1 (février 1975), p. 67-92.

Cet entretien, souvent cité, aborde la question de la mise en recueil à partir de diverses séries réalisées par Michel Butor (Répertoire, Illustrations, Génie du lieu). L'auteur insiste sur la dimension qu'ajoute aux textes leur rassemblement. Il établit des rapports, de ce point de vue, entre la littérature et les autres arts (l'exposition de peinture, les recueils musicaux) et situe la forme du recueil par rapport au roman et à la poésie. Une importance particulière est accordée à la Renaissance. Voir aussi l'ouvrage de Butor sur Montaigne, présenté dans la section précédente.

 

MICHAUD, Ginette, Lire le fragment. Transfert et théorie de la lecture chez Roland Barthes, Ville LaSalle, Hurtubise HMH (Brèches), 1989, 321 p.

La question du fragment a souvent été abordée depuis quelques années, dans la foulée de la relecture des Romantiques allemands. Avant d'analyser le cas de Roland Barthes, Ginette Michaud discute un certain nombre de perspectives associées à cette forme : l'angle historique, l'angle philosophique, l'angle générique et l'angle psychanalytique. Cette étude permet notamment de bien mesurer ce qui distingue le fragment de la partie et de situer, en ce qui concerne ce genre particulier, la pertinence de la problématique du recueil. On consultera aussi l'abondante bibliographie.