|
Le fragment : repères bibliographiques
Gailliard, Michel, " Le fragment comme genre ", Poétique, no. 120, novembre 1999, p. 387-402.
Cet article se veut apparemment une saisie théorique du phénomène de la fragmentation en littérature. En se posant les questions qui suivent, lauteur en arrive à lhypothèse selon laquelle le fait de chercher à définir le fragment revient à définir le fonctionnement de tout genre littéraire ce qui déplace quelque peu son projet initial : 1. avoir à déterminer un corpus implique que lon ait reconnu, a priori, certaines caractéristiques propres à lobjet que lon tente de définir. Or, dans le cas du fragment, quatre-vingt-treize genres brefs sont comparables, ce qui rend la tâche assez complexe; 2. Si, au contraire, on procède par déduction, cela implique que lon reconnaisse au genre littéraire une essence, ce quil faut éviter selon Gailliard, qui se réfère à J.-M. Schaeffer. Gailliard choisit détudier le fragment sous la perspective de la lecture, entérinant encore les positions de Schaeffer sur la généricité (cette dernière ne résidant pas, selon Schaeffer, dans leffort dhomologation dune typologie). Un genre acquiert le statut de genre ni strictement par ses attributs linguistiques ni par le poids de la tradition littéraire. Selon lui, " si le fragment est un genre, lauteur et le lecteur en portent à parts égales la responsabilité " (391).
Gailliard conclut en exposant brièvement en quoi consiste lacte de lecture : fragmentation du texte, construction, modification et correction de réseaux de sens. Il propose rapidement que le fragment " est la principale voie de la lecture " (399). Ainsi, selon lui, tout texte est plus ou moins fragmentaire, c'est-à-dire fragmenté, dans la conscience du lecteur, par lacte de lecture. Cependant, le texte fragmentaire obligerait le lecteur à " objectiver " (400) les constructions de sens qui sopèrent automatiquement dans la lecture dun texte suivi.
Retour à la table des textes
|
|