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Le fragment : repères bibliographiques

Jean-Louis Galay, " Problèmes de l’œuvre fragmentale : Valéry ", Poétique, 31, septembre 1977, p. 337-367.

Jean-Louis Galay veut comprendre le paradoxe inhérent à l’œuvre de Paul Valéry qui est le développement, dans ses recueils de fragments, d'une condamnation du fragment.

D’une part, art et spontanéité (l’écriture de fragments est tenue pour spontanée) sont opposés pour Valéry, et seul l’art dépasse le quotidien pour atteindre une valeur spirituelle. Néanmoins, le fragment peut être récupéré de la spontanéité simple et est qualifié chez Valéry de " germe ", une notion qui lui " sert de justification à l’écriture fragmentale " (341). D’autre part, Galay explique le paradoxe que Valéry avait développé afin d’expliquer son rapport ambigu au fragment littéraire : il y a, d’un côté, le " changement psychique incessant " (342) de l’écrivain et son corollaire, l’attention, qui se définit comme " la faculté de coordonner " (345) cette variation. Chez Valéry, l’écrivain doit se situer entre les deux afin que le résultat de son travail soit valable, littéraire. Mais selon Galay, ce problème d’ordonnancement conduit à une aporie. Le principe organisateur d’un texte fragmental échappe à la logique rhétorique qui prévaut dans les textes suivis. En rhétorique, connaître équivaut à maîtriser le discours. Or, dans un recueil de fragments, cette connaissance n’est pas visée. Partant, Galay se demande ce que signifie la notion d’unité dans un texte fragmental. Sa solution : au lieu de répondre à un plan, le texte fragmental possède une unité dans la composition interne. Ainsi, un plan rhétorique est " une fabrication […] factice " (355) faite à partir de fragments et figeant même certaines pensées qui, en d’autres circonstances, seraient développées. Aussi la genèse d’une œuvre est-elle nécessairement fragmentaire et une éthique du texte serait de laisser le fragment subsister dans l’œuvre.

Pour terminer, il fait valoir que le texte fragmental et le poème possèdent des similitudes. Comme le texte fragmental, la poésie ne peut être traduite sans que le sens ne soit affecté. Il propose aussi une série de catégories afin de montrer la différence entre le texte fragmental ou poétique et le texte rhétorique. S'il développe assez peu cette comparaison, il n'aborde pas du tout la question de la mise en recueil.

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