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Le fragment : repères bibliographiques
Lucien Goldmann, " Le tout et les parties ", Le Dieu caché, Paris, Gallimard, 1976 [1955], p. 13-31.
Ce premier chapitre du livre de Goldmann vise à exposer sa méthode danalyse des textes philosophiques et littéraires. Il y est question de " fragmentation involontaire ", selon la catégorie proposée par Susini-Anastopoulos. Goldmann sinterroge à savoir selon quel principe relier un fragment d'uvre à lensemble dune uvre dans le cadre dune étude philologique.
Le présupposé qui sous-tend lhypothèse de Goldmann est que selon le principe d'assemblage choisi, des fragments duvres peuvent revêtir différentes significations. Goldmann souligne limportance de chercher la cohésion dune uvre. À partir de ce postulat, il propose son concept de " vision du monde ". Selon lui, chaque fragment dune uvre possède la vision du monde de lensemble de luvre, et les auteurs dune même génération ont également une même vision du monde. L'écrivain reproduit une vision du monde qui découle de la " conscience collective " à laquelle il participe.
Ce que le philologue doit cerner se trouve dans la vision du monde de lécrivain, donc dans sa " conscience de classe "; il s'agit de l'essentiel. Laccidentel est dans lindividualité. Car selon Goldmann, la cohérence entre la pensée dun individu et le comportement du groupe auquel il appartient est plus rigoureuse que la cohérence que le philologue pourrait déceler entre sa pensée et son comportement au plan individuel. Le sujet est donc exclu de la philologie de Goldmann, ce qui évacue de son corpus la " fragmentation volontaire ", étroitement liée à la réflexion esthétique et à la poétique de l'auteur.
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