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Le fragment : repères bibliographiques
Monique Nemer, " Les intermittences de la vérité : Maxime, sentence ou aphorisme : notes sur lévolution dun genre ", Studi Francesi, 78, septembre-décembre 1982, p. 484-493.
Le sous-titre de larticle est représentatif. Nemer relève les variations qui apparaissent dans les définitions du genre. Elle cherche les constantes et en reconnaît deux : la discontinuité (laphorisme est décrit comme le contraire du récit) et son corollaire, la brièveté. Son statut est toujours dêtre un énoncé de vérité, de lAntiquité jusquau vingtième siècle.
Elle dégage un certain nombre de traits caractéristiques secondaires et postule que cest à travers eux " que se décrit et sinterprète la transformation historique de la forme " (485). Hippocrate, dans lAntiquité, pratique laphorisme. Son origine est donc scientifique, et il en conservera son aspect de vérité immuable, selon Nemer. La Rochefoucauld transforme le contenu physique en contenu moral. Il induit le principe selon lequel laphorisme nest plus en conformité avec lopinion commune, mais en opposition. Au dix-huitième siècle, " la nature humaine, objet fondamental de description des maximes classiques, devient nature historique, sociale " (489). Le titre dun recueil de Chamfort est éloquent : Produits de la civilisation perfectionnée. Au dix-neuvième siècle, le genre est " dé-fonctionalisé " (491), laccent est mis sur la forme : " laphorisme tente de récupérer en séduction formelle ce quil perd en adhésion spontanée " (491). Au vingtième siècle, les surréalistes, entre autres, mènent la pratique de laphorisme à sa limite. La fonction poétique y devient prépondérante. De plus, les surréalistes poussent au maximum lidée de La Rochefoucauld de se détacher de lopinion commune.
Sur la mise en recueil des aphorismes, Nemer ne dit que le rôle de la préface (qui sert à justifier leur rassemblement).
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