GRR 
   Groupe de recherche sur le recueil

 

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Le Groupe de recherche sur le recueil (GRR) a été officiellement constitué au printemps 2000, moment qui coïncide avec la rédaction d'une première demande de subvention portant sur la problématique du recueil.

Cependant, les racines du projet remontent bien avant. Il faut mentionner le projet de recherche piloté par François Dumont («Les formes du recueil et la constitution de l'essai québécois dans la décennie 1960»), qui s'est conclu avec la publication du collectif La pensée composée (voir les publications) ; le numéro de la revue Études littéraires sur les «Poétiques du recueil» qu'il a également dirigé ; sans compter diverses collaborations entre les membres à l'occasion de dossiers de revues ou de colloques qui n'étaient pas consacrés spécifiquement à la question.

Les travaux du Groupe ont d'abord été orientés en fonction d'une première demande de subvention du CRSH (2000-2003) qui avait pour titre: «Formes, statuts et enjeux du recueil dans la littérature québécoise contemporaine». Le résumé du projet, que nous reprenons ici, montre bien l'orientation générale des travaux du GRR :

Le recueil de nouvelles, de poèmes ou d'essais est une forme répandue et bien connue du public littéraire. Traditionnellement, cette forme a surtout été considérée comme un simple moyen de publication pour des textes trop brefs pour former à eux seuls la matière d'un livre. Depuis quelque temps cependant, on constate que des écrivains de divers horizons exploitent les possibilités esthétiques ou idéologiques offertes par cette forme. De simple collection, le recueil tend à devenir une oeuvre à part entière, valorisée aussi bien pour son caractère composite que pour sa composition d'ensemble et les interrogations que celle-ci permet de susciter. Ce phénomène est sensible dans la littérature québécoise contemporaine, sur laquelle notre recherche se penchera de manière à prendre acte de cette évolution du recueil et à mieux comprendre son fonctionnement ainsi que les incidences qu'il a sur la lecture. Nous appuyant sur des travaux antérieurs (sur le recueil, la théorie des genres ou celle de la lecture), nous nous donnons comme objectif de créer des instruments pouvant dégager les constantes et les variations d'un type d'ouvrages trop souvent oubliés au profit des textes qu'ils rassemblent. Par là, nous entendons cerner la place, les formes et les enjeux du recueil dans la littérature québécoise contemporaine.

Travaillant dans ce cas précis à partir du corpus québécois, le GRR ne s'y limite aucunement. Ses intérêts s'élargissent à l'ensemble de la littérature contemporaine, dans la mesure où elle donne accès à des oeuvres offrant une diversité de variations sur le cas général désigné par le terme recueil.

La suite des travaux l'illustre bien. Une deuxième subvention du CRSH (2003-2006) élargit le domaine d'investigation, tant dans la variété nationale du corpus étudié que dans l'ouverture à des formes connexes du recueil. Intitulée «Recueil, série, transfictionnalité. Enjeux de la polytextualité littéraire», cette nouvelle subvention vise à poursuivre les réflexions autour de la notion plus englobante de polytextualité. Nous décrivions, dans le résumé de la recherche, la pertinence de cette posture :

Cette recherche vise un avancement des connaissances en théorie littéraire, qui s'est longtemps concentrée, pour des raisons méthodologiques, sur l'organisation interne des textes mais qui est maintenant en mesure de dépasser cette étape en abordant l'aspect relationnel des textes. Nous débouchons ainsi sur une meilleure connaissance du phénomène de la lecture (les lecteurs n'abordent pas les textes isolément mais en fonction d'autres livres, et souvent d'un parcours à travers les textes et les livres). Cette recherche dépasse aussi les cadres stricts du domaine littéraire en éclairant des phénomènes culturels majeurs de notre époque ; l'imprimé, le cinéma et la télévision ont de plus en plus recours à des formes en série (au sens large) qui remettent en question les frontières traditionnelles imposées par les notions d'œuvre et d'auteur. Si les aspects commerciaux de ce phénomène sont bien connus, leurs aspects esthétiques le sont moins ; nous visons à combler en partie cette lacune.

En plus de diverses contributions à des colloques, à des numéros de revue et à des collectifs, l'équipe a organisé un colloque international sur la question : « Pratiques et théorie du recueil » (Rennes 2, mai 2002 ; voir les activités) et a publié un collectif reprenant notamment les communications entendues lors de cet événement : Le recueil littéraire. Pratiques et théorie d'une forme (sous la dir. d'Irène Langlet, Presses universitaires de Rennes, coll. Interférences, 2003). Un second colloque international, celui-ci sur la « transfictionnalité », a été tenu en mai 2005 à Québec (voir le programme ici) ; un ouvrage collectif est en élaboration.