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Le fragment : repères bibliographiques

Françoise Susini-Anastopoulos, L’écriture fragmentaire. Définitions et enjeux, Paris, Presses Universitaires de France, 1997.

Le livre de Susini-Anastopoulos est une étude théorique du phénomène de l’écriture fragmentaire depuis la fin du dix-huitième siècle jusqu’à aujourd’hui. Les domaines visés sont français et allemand, et impliquent des auteurs qui ont à la fois pratiqué et théorisé l’écriture fragmentaire. Ils sont essayistes (Nietzsche, Barthes, Quignard) ou poètes (Schlegel, Rimbaud, Valéry), et conscients de " l’hiatus entre l’intention de l’œuvre et la possibilité de sa réalisation " (7). Une hypothèse de départ mène la réflexion de l’auteure : il faut certes comprendre et expliquer, commenter le fragment, mais cette herméneutique " doit oser à la fois l’ouverture et la synthèse, et se libérer d’un certain maniérisme " (5). L’approche retenue afin de réaliser une telle étude se veut typologique et comparative, puisque les thèmes embrassés par l'écriture fragmentaire sont multiples. Il s’agit donc d’esquisser un " modèle, mais souple et modulable, de l’écriture en fragments " (6). L’auteure traite par chapitre des différents problèmes soulevés par les fragmentistes, à savoir les débats lexicologique, idéologique (et esthétique), " qui ne cesse de faire osciller le fragment entre le dénigrement et l’apologie " (9), et l’enjeu que constitue la maîtrise du sens dans un tel discours, étant donné son caractère subjectiviste et contestataire. L’aspect recueillistique de l’écriture fragmentaire est étudié en regard de la réception et de la notion d’œuvre.

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