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Le fragment : repères bibliographiques
Paul Zumthor, " Le texte-fragment ", Langue française, no. 40, 1978, p. 75-82.
Larticle de Paul Zumthor sintéresse aux problèmes que pose au médiéviste, qui nest jamais quun historiographe, selon lauteur, le texte (ou document) médiéval fragmenté. Selon Zumthor, il existe trois types de fragmentation textuelle : externe (matérielle), interne (texte intentionnellement fragmentaire) et circonstancielle (selon les conditions sociohistoriques de production et de transmission du texte, oralement ou par écrit). Selon lauteur, lorsque la fragmentation dun texte ne sexplique pas par la première catégorie, on en cherche lexplication dans la seconde.
Mais il arrive plus souvent au médiéviste de devoir penser en fonction de la troisième catégorie, et accepter qu" au sein de la mouvance [transmission et réception]
où il dérape, seffiloche ou se brise, se transforme et parfois semmêle à quelque autre, chaque texte apparaît fondamentalement fragmentaire : élément dun ensemble dont [...]
la plénitude ne se manifeste quau moyen dune pluralité de textes " (79). Ainsi, " tout texte qui nous a été transmis par un seul manuscrit ne peut être, en dépit dévidences trompeuses, et dans le sens particulier où je lentends ici, tenu pour autre chose quun fragment " (79). Aussi, les pratiques littéraires du moyen âge (la chanson, par exemple), de même que les pratiques artistiques (architecture romane, art du vitrail) participent-elles généralement " dun art du fragment " (81), selon Zumthor (le goût de la totalité, amené par la théologie, ne prenant place que pour une courte période, entre le XIIIème et le XIVème siècle, lorsque sont écrites les sommes théologiques et romanesques et construites les cathédrales gothiques). En somme, Zumthor sintéresse au fragment médiéval pour les problèmes quil pose au médiéviste, en ce qui a trait à la philologie, mais aussi pour sa portée philosophique et artistique. Il y est question de la notion duvre, non du recueil.
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