Chercheure principale

  • Martine-Emmanuelle Lapointe (U. de Montréal)

Cochercheurs

  • Mathilde Barraband (UQTR)
  • François Dumont (U. Laval)
  • Élisabeth Nardout-Lafarge (U. de Montréal)
  • Sylvain Schryburt (U. Ottawa)

Financement

  • CRSH / Programme Savoir (2016-2021)

La littérature québécoise contemporaine à l’épreuve de l’Histoire (2000-2015)

Si l’histoire littéraire du contemporain a longtemps été une tache aveugle de la critique, elle a été problématisée et étudiée en France comme au Québec depuis quelques années. Comme le soulignent régulièrement les chercheurs, l’étude de la littérature contemporaine pose son lot de problèmes. Comment observer avec une juste distance ce qui se joue au plus près de soi ? Comment choisir, au sein de la multiplicité des textes et des voix, les œuvres qui ont le potentiel de marquer la mémoire collective ? Si ces questions demeurent souvent sans réponses, tant sont subtils et hasardeux les mouvements qui mènent à la mémorialisation des œuvres, elles n’en sont pas moins sous-jacentes à toute entreprise vouée à historiciser le présent. Partant de ces interrogations et de ces constats, notre projet prend place dans le contexte du développement des études littéraires sur le contemporain et plus particulièrement de l’essor de travaux de recherche visant à cerner la spécificité de la production littéraire québécoise actuelle.

En dépit de son incontestable vitalité, la littérature québécoise du xxie siècle, n’a pas encore donné lieu à la rédaction d’une synthèse critique reposant sur la lecture de l’ensemble des textes des quinze dernières années. De fait, rares sont les historiens de la littérature qui osent aborder les productions contemporaines sans évoquer les pièges inhérents à une telle entreprise. Trop abondante, trop diversifiée, n’ayant pas subi l’épreuve du temps, la littérature contemporaine résisterait au regard critique et, surtout, se prêterait mal au jeu de la périodisation et de la mise en récit propres à l’histoire littéraire. L’objectif principal de notre recherche est justement d’aller à l’encontre de cet a priori général en proposant une histoire de la littérature québécoise de 2000 à 2015 qui soit aussi une topographie. Notre démarche, tenant compte des aléas et des apories d’une telle entreprise, visera non seulement à reconstituer des filiations intellectuelles et des rapports d’intertextualité – la mémoire des œuvres en somme –, mais aussi à cartographier les nouveaux lieux de la pratique littéraire et les spécificités esthétiques qu’ils esquissent.

Dans le cadre du premier volet de la recherche, auquel nous nous consacrerons au cours des deux premières années du projet, nous mènerons une réflexion critique sur la discipline de l’histoire littéraire du contemporain. Le deuxième volet théorique de la recherche s’attachera à l’imaginaire des lieux, à la fois en analysant l’impact de cette notion dans les textes et en retraçant les nouveaux lieux d’exercice de la pratique littéraire et de la mise en scène de la dramaturgie québécoise. Il s’agira de repenser la discipline de l’histoire littéraire en reconfigurant les catégories traditionnelles de celle-ci (mouvement, écoles, genres, tendances, etc.) à la lumière des nouvelles structures mises en place dans le champ éditorial depuis le début des années 2000 (nouveaux réseaux de sociabilité, revues et maisons d’édition, troupes et lieux de théâtre ; apport du numérique ; transformation de la critique médiatique et professionnalisation de la critique universitaire, création de centres de formation et de diffusion du théâtre, fondation de lieux de formation des dramaturges, nouvelles politiques culturelles, essor de l’enseignement de la recherche-création dans les universités canadiennes, entre autres).

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