Chercheur principal

  • Daniel Arsenault (UQAM)

Cochercheurs

  • Daniel Chartier (UQAM)
  • Yves Bergeron (UQAM)
  • Laurier Turgeon (Université Laval)

Financement

  • FRQSC équipe, 2010-2014 

Enjeux socioculturels, idéologiques et politiques dans la valorisation des patrimoines autochtones. Analyse critique des conditions de patrimonialisation des biens culturels des collectivités autochtones à l'ère de la « Glocalisation »

En tant que construction sociale orientant le destin d’objets matériels et immatériels, le patrimoine culturel est l’aboutissement d’un processus dynamique complexe qui détermine hic et nunc les fondements d’une société. Ce processus, ou patrimonialisation, implique un travail réfléchi de collecte, de mise en forme, d’exégèse et de mise en valeur ayant portée culturelle, mais aussi politique et idéologique. Or, dans des pays  marqués du sceau de l’autochtonie (e.g. Australie, Canada, États-Unis, Nouvelle-Zélande, Finlande), la patrimonialisation des biens culturels autochtones était soumise jusqu’à tout récemment à des enjeux importants qui échappaient parfois à ses héritiers légitimes, les autochtones eux-mêmes. Leur patrimoine culturel se voyait ainsi souvent intégrés aux patrimoines nationaux des États sans que cela fasse l’objet d’une médiation auprès des collectivités concernées. Mais récemment, les instances gouvernementales et autres institutions ont mis en place des programmes de co-gestion ou accompagné ces collectivités minoritaires dans la prise en charge de leurs biens culturels. Comment localement ces patrimoines ont-ils été constitués et mis en valeur et de quelle façon vont- ils désormais à la rencontre des attentes et intérêts des collectivités concernées ? En faisant l’hypothèse que la « glocalisation » – soit l’insertion du local dans la société globale et de son apport, et non l’inverse – permet de concilier les enjeux culturels, politiques, idéologiques ou économiques des  groupes allochtones et autochtones, quel rôle jouent les institutions visées dans la « réingénierie » patrimoniale, vue sous l’angle de la dynamique des rapports entre groupes d’intérêts concernés ? Enfin, quels sont les moyens que se donnent maintenant les collectivités autochtones pour assurer la préservation et la transmission de leurs patrimoines matériel et immatériel dans la société globale, et comment cela se traduit-il au sein de leurs propres institutions ? C’est sur ces questions que nous nous pencherons dans le cadre d’une programmation de recherche axée sur l’évaluation critique des enjeux et conditions spécifiques à cette patrimonialisation autochtone. Notre équipe verra à dégager, lors de rencontres, ateliers et par implication dans les débats en cours, les conditions qui règnent aujourd’hui dans des pays visés présentant des contextes similaires en poursuivant les objectifs suivants :

  1. 1) théoriser et faire comprendre les modalités de fonctionnement des institutions patrimoniales à l’égard des biens culturels autochtones,
  2. 2) identifier les acteurs en présence et dégager les divers enjeux auxquels sont soumis les groupes autochtones face aux formes de patrimonialisation actuelles,
  3. 3) rendre compte des stratégies et tactiques déployées par ces divers groupes pour assurer la reconnaissance et la valorisation de leurs biens patrimoniaux tout en en épousant leurs particularités culturelles, identitaires et historiques,
  4. 4) établir de manière éthique un réseau viable de communication et d’échanges basé sur le partage des savoirs et savoir-faire entre collectivités autochtones et allochtones en vue d'un projet de vivre-ensemble propre aux sociétés multiculturelles du XXIe siècle. 
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