Chercheures principales

  • Ginette Michaud (Université de Montréal)
  • Élisabeth Nardout-Lafarge (Université de Montréal)

Financement

  • FCAR, 2000-2003

La construction de la modernité dans les discours critiques québécois

Description du projet

Il s’agit de mener, du point de vue de la littérature, et plus précisément de la critique littéraire, une réflexion sur la notion de modernité telle qu’elle s’est construite puis imposée au Québec depuis une vingtaine d’années, notamment dans les essais de Gilles Marcotte (Le roman à l’imparfait, 1976, Littérature et circonstances, 1989), Georges-André Vachon (Une tradition à inventer, 1996), Jean Larose (Le mythe de Nelligan, 1981, La petite noirceur, 1987, L’amour du pauvre, 1991), François Ricard (La littérature contre elle-même, 1985), Pierre Nepveu (L’écologie du réel. Mort et naissance de la littérature québécoise contemporaine, 1988, Intérieurs du Nouveau Monde, 1999), dans les études de Claude Filteau (Poétiques de la modernité, 1984), Jacques Allard et Madeleine Frédéric (Modernité/post-modernité du roman contemporain, 1987), Janet M. Paterson (Moments postmodernes dans le roman québécois, 1990) ou Michel Biron (La modernité belge, 1994), mais aussi dans des travaux issus d’autres champs du savoir, tels ceux de Marcel Fournier (L’entrée dans la modernité, sciences, culture et société, 1986), Yvan Lamonde et Esther Trépanier (L’avènement de la modernité culturelle au Québec, 1986), Francine Couture (Les arts visuels au Québec dans les années soixante : la reconnaissance de la modernité, 1993), Marie Carani (Des lieux de mémoire. Identité et culture modernes au Québec. 1930-1960, 1995), plus récemment Daniel Jacques (Nationalité et modernité, 1998), et de nouveau Esther Trépanier (Peinture et modernité au Québec. 1919-1939, 1999), etc. D’une analyse des usages québécois de la notion de modernité, on tirera des éléments pour un examen théorique de cette notion et une révision des modèles qui la définissent actuellement. Ce travail au niveau du concept lui-même paraît d’autant plus nécessaire au regard du débat actuel sur la post-modernité (Lyotard, 1979, 1988, 1993 ; Meschonnic, 1988 ; Nouss).

L’hypothèse de départ, émergeant de nombreux essais contemporains, de Jean Le Moyne à Pierre Vadeboncoeur, d’André Belleau à Jean Larose, est que la culture québécoise entretient un rapport particulier avec la modernité. Comme l’ont montré les travaux du séminaire du CÉTUQ « Nos modernités : regards croisés » (1998-99), la question présente déjà plusieurs niveaux de sédimentation historique et le Québec s’est en effet souvent posé comme moderne. En poursuivant le dialogue interdisciplinaire avec les historiens de l’art amorcé dans le cadre de ce séminaire, Ginette Michaud et Élisabeth Nardout-Lafarge se proposent d’explorer cette question dans un genre où son impact est particulièrement sensible, l’essai critique. En effet, à des moments différents et selon des paramètres chaque fois spécifiques, la modernité constitue, pour les littéraires comme pour les artistes, un enjeu central ; c’est ce qu’atteste, dans les écrits sur l’art comme dans les textes critiques, la récurrence d’un topos de la modernité dont il s’agit d’analyser le déploiement.

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