Chercheure principale

  • Micheline Cambron (Université de Montréal)

Cochercheurs

  • Pierre Anctil (Université d’Ottawa)
  • Sandra Gabriele (Université Concordia)
  • Dominique Garand (UQAM)
  • Dominic Hardy (UQAM)
  • Dominique Marquis (UQAM)
  • Bruno Ramirez (Université de Montréal)
  • Marie-José Des Rivières (Université Laval)
  • Denis Saint-Jacques (Université Laval)
  • Will Straw (Université McGill)
  • Christine Tellier (John Abbott College)

Collaborateurs

  • Stéphanie Danaux (Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne/Université Paris-Sorbonne-Paris IV)
  • Paul Aron (Université libre de Bruxelles) 
  • Jean-Pierre Bertrand (Université de Liège)
  • Hans-Jürgen Lüsebrink (Université de Sarrebrück)
  • Daniel Maggetti (Université de Lausanne)
  • Marie-Ève Thérenty (Université de Montpellier III) 

 

Financement

  • CRSH, Subvention ordinaire de recherche, 2012-2018

La presse montréalaise de l'entre-deux-guerres, lieu de transformation de la vie culturelle et de l'espace public (1919-1939)

Cette recherche éclairera le rôle de la presse dans la vie culturelle montréalaise de l’entre-deux-guerres, en étudiant à la fois la culture qui circule dans les périodiques et les formes que prend cette circulation : facture des périodiques, genres journalistiques, indices pragmatiques dessinant en creux le lectorat et constituant des marqueurs identitaires. Malgré le rôle crucial joué par la presse de grande diffusion dans la circulation de la culture au XXe siècle, aucune étude ne s’est attachée à saisir globalement la façon dont la presse, dans un espace urbain spécifique, représente et façonne tout à la fois la culture commune. La vie culturelle montréalaise constitue à ce chapitre un cas d’espèce intéressant puisque s’y côtoient des publications rédigées dans plusieurs langues, lesquelles rendent compte des intérêts propres à chacune des communautés tout en participant à un espace public commun. En effet, les diverses publications de la presse de grande diffusion (quotidiens, hebdomadaires, magazines, almanachs, romans populaires sériels et autres périodiques) sont en interaction : les informations sur la vie culturelle, les caricatures, les publicités et les polémiques rendent manifeste l’existence de cet espace public commun, que les publications accommodent chacune à leur manière.

Notre objectif est de comprendre comment, par delà les frontières linguistiques et identitaires, la presse témoigne d’une vie culturelle qui se transforme, marquée par les brassages et les tensions qui caractérisent tout espace public. La recherche permettra : 1) d’étayer notre connaissance des productions culturelles qui circulent à travers les journaux; 2) d’identifier les lieux de brassage culturel et les lieux de fracture en recomposant le noyau commun aux journaux francophones, anglophones, italiens et yiddish montréalais; 3) d’identifier les figures et les motifs transversaux qui circulent à l’intérieur des périodiques, entre eux et entre les communautés. Ce projet se veut une contribution à l’Histoire de la vie culturelle à Montréal, projet d’une équipe subventionnée depuis 2003 (FQRSC) et dont sont issus des projets de recherche (subventionnés par le CRSH) sur la radio, la critique, les œuvres interdisciplinaires et transmédiatiques et la caricature, équipe à laquelle participent la majorité des cochercheurs.

Les travaux sur la dimension culturelle de la presse ont pris une orientation nouvelle depuis une quinzaine d’années. Les recherches actuelles postulent que la presse de grande diffusion décrit et engendre tout à la fois des changements culturels substantiels. L’intérêt pour les formes journalistiques, pour la facture des publications et pour les interactions à l’œuvre place désormais au centre des travaux le rôle de ferment joué par la presse dans la transformation de la littérature et des arts, et dans l’évolution du discours social et politique. Nous innoverons en effectuant le travail sur quatre fronts : les publications françaises, anglaises, italiennes et yiddish. À notre connaissance, il s’agira du premier travail semblable portant sur la vie culturelle d’un espace public multilingue.

L’équipe rassemble des chercheurs et des collaborateurs venus d’horizon disciplinaires variés, histoire, communications, histoire de l’art et littérature. Elle compte à la fois des spécialistes de la presse comme forme et des spécialistes de chacun des quatre ensembles de publications qui seront étudiés. D’autres chercheurs ont une expertise reconnue quant à des objets d’étude associés à la presse, comme la caricature, le polémique, les journalistes-écrivains et les pratiques de lecture.

Ce projet constituera un apport majeur à l’histoire des périodiques au Québec, à l’étude du rôle joué par ceux-ci dans les changements culturels qui surviennent entre 1918 et 1939, et proposera un éclairage inédit sur les interactions entre les diverses communautés qui vivent alors à Montréal. Il apportera également, grâce à la tenue de séminaires comparatifs et de colloques internationaux, une contribution substantielle à la réflexion sur la presse, telle qu’elle se développe actuellement dans l’espace francophone (France, Belgique, Suisse, Québec).

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