Directeur - Tome VII

  •  Denis Saint-Jacques (Université Laval)

Codirectrice

  • Lucie Robert (UQAM)

Cochercheurs

  • Mylène Bédard (Université Laval)
  • Luc Bonenfant (UQAM)
  • Anne Caumartin (Collège militaire de St-Jean)
  • Karine Cellard (Cégep de l'Outaouais)
  • David Décarie (Université de Moncton)
  • Michel Lacroix (UQAM)Hélène Marcotte (UQTR)
  • Pierre Rajotte (Université de Sherbrooke)
  • Chantal Savoie (UQAM)

Responsable administrative

  • Chantal Savoie (UQAM)

Professionnelle de recherche

  •   Marie-Frédérique Desbiens

Financement

  •  FRQSC, programme de soutien aux équipes de recherche, 2012-2016 
    pour l'équipe : La vie littéraire au Québec 
    responsable de l'équipe : Chantal Savoie 
  • CRSH, programme Savoir, 2012-2017 
    pour le projet : La vie littéraire au Québec 
    candidat principal : Chantal Savoie

Pour joindre l’équipe

La vie littéraire au Québec
a/s Marie-Frédérique Desbiens 

Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises
Département des littératures
Pav. Charles-De Koninck, local 7161
1030, avenue des Sciences-Humaines
Université Laval
Québec (Québec)
Canada G1V 0A6

Tél.: 418 656-2131 poste 5345

La vie littéraire au Québec

Lancé en 1989 sous la direction de Maurice Lemire, le projet « La vie littéraire au Québec » souhaite retracer l'histoire des pratiques littéraires francophones au Québec de 1764 jusqu'au seuil des années 1960. Ayant pour principal objectif de constituer une grande histoire synthétique de la littérature québécoise, la seule de cette ampleur, la VLQ se distingue des autres histoires littéraires en ce qu'elle ne vise pas à consacrer des oeuvres ou des réputations, mais à analyser, en diachronie et en synchronie, le phénomène littéraire dans sa globalité, en tentant de cerner la dynamique de son autonomisation et de sa légitimation. S'appuyant sur l'analyse des conditions de production et de réception des textes, elle conjugue les outils méthodologiques de l'histoire littéraire à ceux de la sociologie et de l'histoire culturelle. Outre qu'elle s'intéresse à l'étude de tous les genres (essais, biographies, chroniques, récits de voyages, textes personnels, romans, récits brefs, textes poétiques et dramatiques), cette recherche met en lumière la formation des écrivains ; leur regroupement en associations, en mouvements ou en écoles ; la fabrication de l'imprimé et sa diffusion ; ainsi que le public lecteur, la critique littéraire, les académies et, parfois, la censure.

Les travaux en cours de l'équipe, consacrés plus précisément aux années 1934 à 1964, permettent d’observer que les conditions matérielles et intellectuelles de la vie littéraire de cette époque subissent une transformation majeure. Celle-ci se donne à voir en grande partie dans la montée des médias de masse qui influent sur l’ensemble des pratiques émanant de l’activité littéraire. Or, ce travail permet également de constater les limites des sources habituelles pour restituer les différents aspects de la vie littéraire et le système synchronique de leurs interrelations. La VLQ ajoute ainsi à ses axes de recherche déjà constitués deux nouveaux axes transversaux : les trajectoires des acteurs du champ culturel et les rapports entre les médias de masse et le littéraire, dont l'intégration se révèle tout aussi délicate que capitale. Pour réaliser sa programmation, la VLQ a entrepris de consolider son infrastructure de recherche par le développement d’un volet de gestion numérique des données (« La vie littéraire 2.0 »): de la saisie de l’information à la valorisation des résultats (vitrine Internet), mais d’abord et surtout par la constitution d’un cadre de travail collaboratif numérique (banques interopérables) apte à faciliter le travail d’analyse et de croisement des faits abordés à l’intérieur de chacun des axes.

La série La vie littéraire au Québec 

Cette vaste entreprise a déjà mené à la publication de six tomes (1992-2010), qui seront suivis de deux autres consacrés aux décennies 1930-40 et 50. De la préparation des septième et huitième tomes de l’ouvrage découle une réflexion approfondie sur les enjeux soulevés par ces tranches historiques et sur les défis que pose l’adaptation de la méthodologie de la VLQ à un matériau toujours plus abondant et à un milieu littéraire dont la complexité croît. En plus de poursuivre une démarche méthodologique éprouvée depuis vingt ans, la recherche actuelle propose une saisie inédite des rapports entre littérature, presse et médias (notamment la radio et les magazines). Elle offre une double perspective d’avancement des connaissances dans la mesure où elle met aussi en place un cadre renouvelé pour l’histoire de la littérature québécoise. En plus de cette contribution épistémologique, le programme poursuivi ouvre à des échanges et à d’éventuelles collaborations interdisciplinaires (histoire, sociologie, arts et médias, communication).

Depuis la parution de son premier tome en 1991, La vie littéraire au Québec maintient un caractère à la fois encyclopédique et narratif qui la rend facile d’accès pour son lectorat composé de chercheurs, d’étudiants, de spécialistes et d’amateurs intéressés par l’histoire culturelle du Québec, laquelle est appréhendée grâce à une approche originale et une recherche de première main.

Parutions

Tome I - La voix française des nouveaux sujets britanniques, 1764-1805

Sous la direction de Maurice Lemire, Presses de l'Université Laval, 1991, 498 p., ISBN: 2-7637-7259-5

L'introduction d'infrastructures telles que l'imprimerie, la presse, les librairies et les bibliothèques appelle l'émergence d'une écriture publique. Les classes antagonistes qui disputent le pouvoir au gouvernement colonial, c'est-à-dire les marchands écossais et les seigneurs canadiens, s'en servent pour promouvoir leurs intérêts. Les vacillements du droit inquiètent alors de nombreux propriétaires. En plus des nombreuses pétitions qu'ils adressent au roi, les juristes s'appliquent à accorder le droit français aux lois anglaises. Mais les Canadiens, peu familiarisés avec les nouvelles institutions, restent plutôt à l'écart d'une vie littéraire que domine l'imprimé. Quelques Français, récemment immigrés et connaissant mieux la presse, initient les coloniaux à l'exercice de l'opinion publique.

Tome II - Le projet national des Canadiens, 1806-1839

Sous la direction de Maurice Lemire, Presses de l'Université Laval, 1992, 587 p., ISBN: 2-7637-7282-X

En quelques années, à la suite de la nouvelle Constitution de 1791, un changement radical s'opère. Avec la Chambre d'assemblée, les Canadiens ont maintenant une ouverture sur le pouvoir. La création du Canadien en 1806 leur donne une voix propre dans la lutte pour l'hégémonie sur l'opinion publique en servant de creuset à la formation d'un nouveau projet collectif. Les collèges classiques préparent une nouvelle élite d'hommes de profession capables de promouvoir ce projet en exploitant les possibilités mises à leur disposition par la nouvelle Constitution. Avec l'avènement de la démocratie parlementaire, le journal devient l'organe principal de l'opinion publique. De plus, commencent à paraître des périodiques à caractère encyclopédique. Dans ce climat d'agitation politique, les premières œuvres d'envergure sont publiées sous forme de volumes au pays.

Tome III - Un peuple sans histoire ni littérature, 1840-1869

Sous la direction de Maurice Lemire et Denis Saint-Jacques, Presses de l'Université Laval, 1996, 671 p., ISBN: 2-7637-7405-9

L'échec des patriotes, que vient sceller l'union des Canadas, favorise la montée du clergé, qui profite de la conjoncture pour augmenter son emprise sur l'enseignement, la presse et l'assistance publique. Ses initiatives alarment les libéraux qui ripostent par la fondation de journaux et d'associations. La lutte déborde bientôt la simple politique pour envahir le terrain religieux. L'enjeu est clairement défini : la conquête de l'opinion publique. Le journaliste-écrivain peut-il s'exprimer librement ou doit-il suivre les directives de l'Église? Dans ce contexte s'impose l'idée d'une littérature nationale, concrétisée par la publication du Répertoire national de James Huston, qui donne une première reconnaissance à la littérature canadienne. Avec François-Xavier Garneau, Octave Crémazie, Philippe-Joseph Aubert de Gaspé, Henri-Raymond Casgrain, apparaît un mouvement littéraire, l'École patriotique de Québec, où l'histoire, la poésie, le roman et la critique donnent des œuvres fondatrices. Le champ se structure de manière autonome.

Tome IV - Je me souviens, 1870-1894

Sous la direction de Maurice Lemire et Denis Saint-Jacques, Presses de l'Université Laval, 1999, 669p., ISBN: 2-7637-7637-X

Le déménagement de la capitale nationale de Québec à Ottawa disperse plusieurs hommes de lettres, aussi membres de la fonction publique, et entraîne la disparition des grandes revues littéraires : Les Soirées canadiennes (1861-1865) et Le Foyer canadien (1862-1866). L'emprise de l'ultramontanisme se resserre et l'abbé Casgrain profite de cette conjoncture favorable pour affermir son pouvoir de régenter les lettres en organisant l'édition des livres de prix scolaires. Mais la première Histoire de la littérature canadienne d'Edmond Lareau est libérale, tout comme Louis Fréchette qui reçoit la consécration littéraire de l'Académie française. En opposition à la littérature instituée surgissent des pratiques marginales, où se fonde la poésie intimiste. Par ailleurs, les femmes commencent à faire entendre leur voix. Sous l'effet de facteurs tant politiques qu'économiques et institutionnels, le champ tend à se fragmenter.

Tome V - Sois fidèle à ta Laurentie, 1895-1918

Sous la direction de Denis Saint-Jacques et Maurice Lemire, Presses de l'Université Laval, 2005, 680p., ISBN: 2-7637-8124-1

L'institutionnalisation du champ prend une configuration moderne avec une avant-garde organisée au sein de l'École littéraire de Montréal et un circuit légitime représenté notamment par la Société du parler français au Canada. À l'intérieur de ce réseau s'opposent bientôt deux tendances : les « régionalistes » prônent l'inspiration strictement nationale, tandis que les « exotiques » ou « parisianistes » rêvent d'un aggiornamento d'après la littérature française contemporaine. Le rétablissement des relations avec la France fournira aux uns et aux autres le modèle justificateur. Si Louis Dantin donne une voix critique reconnue à l'École littéraire, l'université trouve en Camille Roy un animateur nationaliste qui consacre de façon officielle la valeur de la littérature canadienne.

Tome VI - Le nationaliste, l'individualiste et le marchand, 1919-1933

Sous la direction de Denis Saint-Jacques et Lucie Robert, Presses de l'Université Laval, 2010, 748 p., ISBN: 978-2-7637-8985-9

Durant l'entre-deux-guerres, les partisans du régionalisme paraissent dominer toute l'activité littéraire. Toutefois, la grande presse, les magazines, les romans en fascicules puis, bientôt, la radio et le cinéma forment progressivement un marché culturel élargi, courtisant les jeunes et les ménagères, représentant le monde contemporain ou promettant l'aventure. Et c'est sans compter la poussée d'une jeune génération d'écrivains et d'écrivaines pressée d'en finir avec les vieilles querelles. Ils ont 25 ans en 1925, n'attendent pas leur tour et investissent la poésie, le roman, la scène, leur insufflant une bouffée d'air frais qui fait éclater les modèles traditionnels. L'espace littéraire des années folles à la crise économique est ainsi marqué par l'affrontement de ces trois forces. De L'appel de la race à La chair décevante, des Éditions Édouard Garand à la radio de CKAC, d'Aurore l'enfant martyre aux Fridolinades, les pratiques se diversifient et la littérature s'éloigne progressivement de la religion et de la politique. De ce bouillonnement émergent parfois des classiques, comme Un homme et son péché, qui traversent les barrières médiatiques et temporelles pour marquer de manière durable l'imaginaire collectif.

TOMES À VENIR 

  • Tome VII (1934-1947)
  • Tome VIII (1948-1965 circa)

Les colloques organisés par l'équipe de « La vie littéraire au Québec »

« Traversées. La critique moderne au Québec (1920-1960) », organisé par Karine Cellard et Vincent Lambert, 6-7 mars 2014, UQAM.

« Les années 1940 : rupture culturelle et nouvelle ère médiatique », organisé par Denis Saint-Jacques et Chantal Savoie, 9 mai 2013, Acfas, Université Laval.

Annie Cantin, Daniel Chartier et Chantal Savoie, « Quelle place l'histoire littéraire doit-elle réserver à la culture populaire ? », le 1er avril 2005, à Montréal.

« L’artiste et ses lieux. Les régionalismes de l’entre-deux-guerres face à la modernité », du 15 au 17 avril 2003, à Québec (actes parus chez Nota bene en 2007).

« Tendances actuelles en histoire littéraire canadienne », dans le cadre du 69e Congrès de l'ACFAS, l’Université Laval, en mai 2001 (actes parus chez Nota bene en 2003).

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