Chercheur principal

  • Jean-François Cottier (Université de Montréal)

Financement

  • CRSH, subvention ordinaire de recherche, 2008-2011

Le patrimoine latin du Québec (XVIIe-XXe siècle) : à la recherche d'un signe oublié

Au Québec, comme dans le reste du Canada et du monde occidental, le latin a occupé longtemps une place considérable aussi bien à cause de son rôle fondateur dans l’histoire culturelle, que par sa fonction d’éducation et de communication. Dire l’indicible, former les hommes, décrire l’univers, conjurer Babel : telles sont les fonctions qu’on lui a reconnues et qui ont fondé sa légitimité. Ainsi pendant des siècles, tout ce qui avait une certaine importance ou devait recouvrir une forme de solennité a d’abord été exprimé en latin, et on ne s’étonnera pas que c’est dans cette langue que l’une des toutes premières histoire du Canada (Nouvelle France) fut rédigée (François Du Creux, s.j., Historiæ Canadensis, seu Novæ-Franciæ libri decem, ad anum usque Christi MDCLVI, Paris, S. Cramoisy, 1664), que c’est dans cette langue encore qu’on a longtemps aimé graver les inscriptions sur les monuments publics du Québec. Le latin ne fut donc pas seulement la langue de l’Église, il fut aussi un instrument de savoir et de pouvoir, et on ne peut que s’étonner de l’absence presque totale de travaux en la matière. L’histoire du latin au Québec et au Canada reste à écrire, et il est temps d’étudier les textes déjà repérés, et de partir à la recherche de tous les témoins directs et indirects de ce riche patrimoine tombé dans l’oubli le plus total. 

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