Chercheurs principaux

  • Université de Montréal : 
    Micheline Cambron
    Michèle Dagenais
    Gilbert David
    Germain Lacasse
    Karim Larose
    Marie-Thérèse Lefebvre
    Robert Schwartzwald 
  • Université Laval : 
    Mélanie Carrier
    Marie-José Des Rivières
    David Karel
    Serge Lacasse
    Denis Saint-Jacques
  • UQTR : 
    Michel Lacroix
  • UQAM : 
    Laurier Lacroix
    Jean-Christian Pleau
    Lucie Robert
  • Université de la Saar : 
    Hans-Jürgen Lüsebrink

 

 

 

Financement

  • FRQSC, programme recherche innovante, 2003-2006

Penser l’histoire de la vie culturelle québécoise

Malgré l’importance que revêt une bonne connaissance de la vie culturelle québécoise pour le développement des travaux spécialisés dans son ensemble, peu d’ouvrages s’y consacrent. Le projet « Penser la vie culturelle » entend remédier à cette lacune en élaborant une nouvelle façon, globale et intégrée, de penser la vie culturelle québécoise. Jusqu’à présent, on a principalement emprunté deux voies pour l’aborder. D’une part, celle des ouvrages collectifs, dans lesquels se trouvent juxtaposées des études sur divers types de pratiques culturelles, ce qui donne l’impression qu’existeraient des vies culturelles parallèles. D’autre part, celle des grandes synthèses interprétatives qui, plaçant à distance les pratiques concrètes, proposent un panorama déployé selon une logique surplombante qui donne aux œuvres une dimension plutôt anecdotique. Dans les deux cas, malgré un profit évident, il est difficile d’avoir prise sur la vie de la culture ainsi présentée. Les chercheurs de l’équipe comptent au contraire proposer un modèle heuristique qui mette en relief l’existence d’une vie culturelle québécoise hétérogène et partagée, fondée sur une commune participation à la production, à la circulation et à l’évaluation des biens culturels, et qui rende compte d’une effervescence faite de grands mouvements mais aussi de petits phénomènes ponctuels.

L’équipe de recherche expérimente de nouvelles façons de construire les relations entre les disciplines par des travaux empiriques portant sur deux périodes spécifiques : les années 1895-1905 et les années 1920. Le cadre théorique du projet met à profit la théorie du champ de Pierre Bourdieu, que l’équipe entend renouveler grâce au recours à la sociologie des réseaux, et un modèle intégrateur hypothétique qui servira de fil heuristique. Ayant effectué la mise entre parenthèses des classements disciplinaires habituels, examiné des œuvres et des discours à partir de paradigmes élaborés grâce à l’étude des réseaux et des institutions et constitué de nouvelles séries, multidisciplinaires, de phénomènes, les chercheurs de l’équipe examineront les caractéristiques des réseaux ou institutions ayant des racines dans plus d’un champ culturel et suivront la circulation des biens et des discours, cherchant à dégager ce qui circule directement entre les acteurs et constitue en quelque sorte la partie immergée de la production, de la circulation et de la consommation culturelles d’une époque.

La démarche employée sera théorique du point de vue de la sélection et du tri des informations à redéployer dans les séries, fortement empirique dans les opérations mêmes de mise en série. La dimension exploratoire du projet ressort bien de cette conjonction : certes, de nouveaux objets se trouveront configurés dans le travail fait à partir de nos hypothèses cardinales, mais l’essentiel de l’innovation résidera dans l’exercice concret de l’assemblage des phénomènes, soumis à diverses constructions historiographiques. Ultimement, les rencontres de l’équipe permettront de critiquer les diverses mises en séries afin de les confronter au modèle intégrateur hypothétique, puis de configurer un modèle intégrateur validé par l’expérimentation, assez souple pour rendre compte de la complexité de la vie culturelle, assez net pour donner lieu à la constitution d’un récit historiographique.

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