Chercheur principal

  • Michel Lacroix (UQTR)

Financement

  • CRSH, 2003-2006

Pour une théorie des réseaux culturels : le cas des réseaux franco-québécois, 1918-1945

Comment la culture, sous ses diverses formes, a-t-elle circulé entre le Québec et la France, au moment où l'avènement de la modernité (artistique, industrielle, sociale, urbaine, etc.) entraîne des changements marqués sur tous les plans? Dans quelle mesure les relations franco-québécoises ont-elles modifié la culture respective des Français et des Québécois de l'époque? Quelles transformations ont-elles pu faire naître? En quoi, au contraire, ont-elles pu servir à légitimer l'opposition au changement? Ce sont là les interrogations fondamentales de ce programme de recherche.

Pour y répondre, il apparaît pertinent de se pencher sur la dimension concrète des relations culturelles, afin de déterminer quels étaient les acteurs de la scène culturelle québécoise en relation directe avec leurs homologues français, de dresser la carte des réseaux franco-québécois dessinée par l'ensemble de ces contacts concrets et de préciser ce qui circulait au sein de ces réseaux. Cette démarche permettra de montrer comment la culture peut circuler d'un acteur, un réseau ou un pays à un autre, mais aussi et surtout de démontrer que cette circulation n'est pas une simple transmission, mais une interaction et une transformation. Les relations franco-québécoises ne furent en effet pas à sens unique, pas plus qu'elle ne prirent l'aspect d'une pure reproduction. C’est que devrait révéler l’analyse de quatre réseaux québécois ayant eu entre 1918 et 1945 des ramifications françaises importantes.

Ce programme de recherche permettra de montrer l'intensité et la grande diversité des relations franco-québécoises, ainsi que le rôle extrêmement important joué par celles-ci dans l'évolution de la culture québécoise au cours de la période étudiée. En effet, les textes, discours et pratiques artistiques ou intellectuelles transmis (et transformés) au sein des réseaux furent un facteur majeur dans le passage vers la modernité culturelle. Cette étude des réseaux culturels franco-québécois conduira aussi à exhumer des pratiques culturelles négligées ou oubliées, désormais, mais qui furent centrales dans la vie sociale de l'époque : la mondanité, par exemple, fut au cœur des relations franco-québécoises et des relations entre anglophones et francophones montréalais. Ce projet permettra ainsi d’éclairer la vie culturelle dans sa dimension sociale concrète.

Le projet « Pour une théorie des réseaux culturels… » s'inscrit au confluent de trois courants majeurs de la recherche actuelle : la sociologie littéraire québécoise, l'histoire culturelle et la sociologie des réseaux. À leur suite, il tentera de faire avancer la réflexion sur la dimension sociale de la littérature, sur la circulation concrète des idées et sur les relations concrètes entre individus. Mais surtout, ce projet représente une tentative d’intégrer les acquis de ces trois courants dans le cadre d'une théorie des réseaux culturels. Jeter les bases d'une telle théorie permettra à la fois de donner des assises sociologiques fortes aux analyses avancées dans le cadre de ce projet et de proposer aux chercheurs œuvrant dans le domaine de la vie culturelle un modèle susceptible d'être utilisé dans plusieurs domaines connexes (histoire de l'art, histoire des sciences, littérature, musicologie).

Ce projet vise en somme à faire progresser conjointement les connaissances sur une époque cruciale de l'histoire culturelle québécoise et la compréhension de la structure et des caractéristiques des divers types de réseaux animant la sphère de production culturelle. Il correspond, au bout du compte, à un double objectif : mieux connaître l'histoire des réseaux culturels franco-québécois et mieux comprendre la nature et le rôle des réseaux culturels.

Réalisations dans le cadre du projet

Communications

  • Michel Lacroix et Jean-François Richard, « Louis-Marcel Raymond et "L'Anthologie des poètes français des deux hémisphères" : histoire d'un livre qui ne fut pas», Colloque de l'Association canadienne pour l'étude de l'histoire du livre, London, 31 mai-1er juin 2004. 
  • Michel Lacroix, « Point, ligne, champ : réseaux et circulation des discours », Colloque Penser l'histoire de la vie culturelle, 17 mai 2004. 
  • Michel Lacroix, « Sociabilités, secrets et dévoilements : Jean Paulhan et le mythe de l' éminence grise », Colloque Sociabilités imaginées, ACFAS, 9 mai 2004. 
  • Michel Lacroix, « Le " petit commerce " de Michelle Le Normand », Colloque Les premières femmes de lettres québécoises et la culture de l'imprimé, Université McGill, 12 novembre 2004. 
  • Michel Lacroix, « Réfrigences réticulaires : la littérature vue des réseaux », Colloque du Collège de sociocritique, Université Laval, 16 avril 2004. 
  • Michel Lacroix, « Du collège classique à la maison des fous : le corps à corps avec la modernité dans "Un cénacle" de Léo-Paul Desrosiers », Journée d'étude ACEF XIX-Collège de sociocritique, 6 février 2004. 
  • Michel Lacroix, « Analyse des réseaux et étude de l'imprimé », Journée d'étude de l'Association québécoise pour l'étude de l'imprimé, Québec, 10 octobre 2003. 
  • Michel Lacroix, « Réseaux et représentation : la mondanité comme mise en scène du capital social. », Colloque L'analyse des réseaux, ACFAS, 20 mai 2003 
  • Michel Lacroix, « Le régionalisme à la Nouvelle Revue française : Desrosiers et Pourrat », Colloque L'artiste et ses lieux. Les régionalismes de l'entre-deux-guerres face à la modernité, Université Laval, 15-17 avril 2003. 
  • Michel Lacroix, « Le tiers inclus : triades et réseaux littéraires. Le cas Desrosiers-Gallimard (1933-1951) », Colloque L'analyse des réseaux (littérature, sociologie, histoire), Université de Liège, 20-21 mars 2003. 

Conférences

  • Michel Lacroix, « Bohèmes, mondains et solitaires: images et réalités de l'écrivain en société », Journées de la recherche, UQTR, 7 avril 2005. 
  • Michel Lacroix, « Un réseau sans identité publique : les "Individualistes de 1925". Le rôle des réseaux dans l'histoire littéraire », dans le cadre du séminaire « Histoire littéraire » de Denis Saint-Jacques, Université Laval, 22 février 2005. 
  • Michel Lacroix, «Chapelles, cliques et autres cénacles. Une analyse réticulaire des revues », dans le cadre du séminaire « Penser l'histoire culturelle du Québec : les revues musicales et les réseaux », 18 janvier 2005. 
  • Michel Lacroix, « Drieu la Rochelle, La Comédie de Charleroi et la représentation de la guerre », dans le cadre du séminaire « Guerre et littérature » de Pierre Popovic, Université de Montréal, 23 janvier 2004. 
  • Michel Lacroix, « Réseaux, centralité et multi-disciplinarité », Journée de travail du groupe de recherche « Penser l'histoire de la vie culturelle québécoise », Montréal, 22 septembre 2003. 
  • Michel Lacroix, « L'étude des réseaux et la mondanité : Le Nigog et Simone Routier », Conférence dans le cadre du séminaire « Les réseaux québécois des années vingt », Québec, Université Laval, 16 septembre 2003. 

Articles et chapitres de livres parus 

  • Michel Lacroix, « Lien social, idéologie et cercles d'appartenance : le réseau « latin » des Québécois en France, 1923-1939 », Études littéraires, vol. 36, no 2, automne 2004, p. 51-69. 
  • Michel Lacroix, « Réseaux et identités sociales », introduction et direction de numéro, Globe. Revue internationale d'études québécoises, vol. 7, no 1, printemps 2004, p. 11-25. 
  • Michel Lacroix, « Littérature, analyse de réseaux et centralité: esquisse d'une théorisation du lien social concret en littérature », Recherches sociographiques, vol. 44, no 3, 2003, p 475-497. 
  • Michel Lacroix, « Circulation des discours », introduction et direction de numéro, Globe. Revue internationale d'études québécoises, vol. 6, no 2, automne 2003 
  • Michel Lacroix, « Des Montesquiou à Montréal : le Nigog et la mondanité », Voix et images, no 85, automne 2003, p. 105-114. 
  • Michel Lacroix, « Des formes de capital dans les sociabilités littéraires », dans Mauricio Segura et al. (éd.), Imaginaire social et discours économique, Montréal, Département d'Études française de l'Université de Montréal, « Paragraphes », 2003, 148 p., p. 95-110. 

Articles et chapitres de livres à paraître 

  • Michel Lacroix, « Ponts, triades, trous ou, comment décrire les réseaux littéraires. Le cas des relations entre Léo-Paul Desrosiers et les éditions Gallimard », dans Paul Aron et al. (éd.), Les Réseaux littéraires, Liège, à paraître en 2005. 
  • Michel Lacroix, « Le régionalisme à la NRF ou les charmes du documentaire romancé », dans Denis Saint-Jacques (éd.), L'Artiste et ses lieux, Québec, Nota Bene, à paraître au printemps 2005. 
  • Michel Lacroix, « "Toi qui me vois mondaine ". Poésie, mondanité et écriture des femmes : Les tentations de Simone Routier », Québec Studies, à paraître en 2005. 
  • Michel Lacroix, « Du collège classique à la maison des fous. Le corps-à-corps avec la modernité dans " Un cénacle " de Léo-Paul Desrosiers », dans Pascal Brissette et Maxime Prévost (dir.), Imaginaires de l'écriture, Québec, Nota Bene, à paraître en 2005.
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