Chercheure principale

  •  Martine-Emmanuelle Lapointe (Université de Montréal) 

 

 

 

Financement

  • FRQSC, établissement des nouveaux professeurs chercheurs, 2011-2014

Tombeaux de la littérature québécoise contemporaine dans l’essai et la critique (1980-2010)

Fort longue, l’histoire du tombeau québécois connaît différents épisodes, qu’il s’agisse de l’autocritique suicidaire (Crémazie se disant « mort à l’existence littéraire ») de la mise à mort préfacière (Dantin évoquant la mort symbolique de son ami Nelligan), de l’accusation de meurtre (« je ne peux parler de Saint-Denys Garneau sans colère. Car on l’a tué », dixit Jean Le Moyne) ou de l’assassinat de masse (Parti pris trucidant la « littérature canadienne d’expression française »). Sous ces violences rhétoriques se cachent des cibles ambiguës qui s’attachent presque toutes au mythe d’une tristesse native, canadienne-française ou québécoise. Mais qu’en est-il dans la littérature québécoise contemporaine ? La déshérence et le désenchantement sont-ils indissociables de la tradition littéraire locale ou font-ils plutôt partie de la culture contem-poraine, marquée par le syndrome de l’après ? Plus de vingt ans après la parution de L’écologie du réel de Pierre Nepveu, la littérature québécoise est-elle toujours animée par « [le] paradoxe d’une auto-mutilation qui se voudrait [...] une façon de renaître » ? Dans le cadre de cette recherche, j’entends répondre à ces questions en examinant un vaste corpus d’essais québécois parus depuis 1980. Ce projet permettra, d’une part, de relativiser certains lieux communs sur la crise de la transmission à l’époque contemporaine ; d’autre part, il visera à réfléchir à la place qu'occupe la borne temporelle de 1980 dans le discours des critiques littéraires.

 

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