Chercheur principal

  • Thibault Martin (Université du Québec en Outaouais)

Cochercheurs

  • Guy Chiasson (UQO)
  • Fabienne Joliet (INH-Angers)
  • Daniel Arsenault (UQAM)
  • Daniel Chartier (UQAM)
  • Sébastien Grammond (Université d'Ottawa)

Collaborateurs

  • Louis Gagnon (Avataq)
  • Serge Gagnon (UQO)

Financement

  • CRSH, 2009-2011

Vers une gouvernance autochtone de l'environnement nordique ? La création du parc national des Lacs-Guillaume-Delisle-et-à-l'Eau-Claire

L'objectif de cette demande est de développer un nouveau programme de recherche ainsi qu'une problématique et une méthodologie mais surtout un partenariat avec les acteurs du milieu nordique et autochtone. Ce programme permettra de faire avancer la connaissance théorique, tout en répondant aux besoins spécifiques en termes de recherche pour les résidants du Nord dans le domaine de la gouvernance de l'environnement, plus particulièrement celle des aires protégées. La présente recherche s'intéressera à la mise en place et à la gouvernance du futur parc national des Lacs-Guillaume-Delisle-et-à-l'Eau-Claire (situé à proximité des communautés de Kuujjuarapik, Whapmagoostui et Umiujaq), dernier des parcs nationaux que le gouvernement du Québec compte créer au Nunavik. 

La création d'aires protégées en territoire autochtone s'est longtemps faite sans tenir compte des Premières Nations ou des Inuit qui utilisaient ces territoires. Ces pratiques entrainèrent de nombreuses protestations des Autochtones qui se sentaient dépossédés de leur territoire et se voyaient privés de la capacité d'exercer des activités traditionnelles. La signature d'ententes territoriales, à partir de la fin des années soixante-dix, ainsi que plusieurs arrêts de la Cour suprême du Canada allaient, néanmoins, contraindre les institutions publiques à prendre en compte les demandes des autochtones, notamment en termes de dévolution des pouvoirs. C'est ainsi que dans le domaine de la gestion des ressources naturelles, notamment dans le domaine de la création d'aires protégées, la cogestion est apparue comme un moyen de satisfaire aux obligations légales découlant de ces ententes territoriales et des arrêts juridiques (Samson 2006). 

Toutefois, derrière ce concept de cogestion se cache une variété de pratiques allant de la simple consultation à la définition d'une véritable gestion partenariale. C'est pourquoi de nombreuses études s'intéressent aux mérites et limites respectives de chacun des modèles de cogestion ou proposent des stratégies pour créer des formes de cogestion respectant les droits et besoins des Autochtones. Dans le cadre de cette recherche notre objectif n'est pas de nous intéresser aux mérites ou limites des modèles de cogestion des parcs en milieu nordique et autochtone mais d'aborder ceux-ci du point de vue du renouveau de la gouvernance autochtone. Plus particulièrement nous nous demanderons ce qui permet qu'émerge d'un projet de cogestion une véritable structure qui permet de conforter la gouvernance autochtone? Ce que nous cherchons à comprendre c'est comment la cogestion peut contribuer à conforter la gouvernance autochtone, c'est-à-dire comment peut-elle permettre aux Inuit et Premières Nations de construire un mode de développement qui corresponde à leur vision du monde. La mise en oeuvre du parc national des Lacs-Guillaume-Delisle-et-à-l'Eau-Claire qui débutera au printemps 2009, nous servira de cadre pour étudier cette question. 

Nous consacrerons l'année 2009-2010, première année de mise en place du conseil de gestion, à définir avec les partenaires des communautés et institutions autochtones, notamment Parcs Nunavik et l'Institut culturel Avataq, un outil qui permettra aux acteurs impliqués dans la gestion du parc d'évaluer par eux-mêmes et dans la durée l'évolution du processus de gestion du parc afin de déterminer s'il favorise la gouvernance autochtone. Il nous semble primordial de mettre en place un outil d'évaluation qui puisse se pérenniser et être utilisé plusieurs années après la fin de la recherche elle-même car dans le cas des conseils de cogestion c'est bien souvent avec les années que se dégradent, ou s'améliorent les relations entre partenaires.

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