«Un peuple sans histoire ni littérature»,
sous la direction de Maurice Lemire et Denis Saint-Jacques,
Presses de l'Université Laval, 1996, 671 p.
«Peuple sans histoire ni littérature», écrivait lord Durham au lendemain des rébellions de 1837. Ce contexte fouetta les Canadiens français dont les aspirations nationalistes vont devenir un puissant agent de mobilisation des activités intellectuelles de la période 1840-1869.
Ce troisième volume de La vie littéraire au Québec jette un regard neuf sur ces années marquées par l'affirmation d'une littérature nationale, que concrétisent Le Répertoire national de James Huston et l'Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours de François-Xavier Garneau. Divers facteurs concourent à ce phénomène, notamment l'évolution des mouvements littéraires en France et aux États-Unis et les progrès de l'alphabétisation au Québec, qui permettent l'élargissement d'un lectorat dont les femmes font désormais partie. Une lutte pour la conquête du public s'engage entre le clergé, qui profite de la conjoncture pour accroître son emprise sur l'enseignement et la presse, et les libéraux, qui ripostent en fondant journaux et associations. La production se modernise avec la presse à vapeur. Les périodiques proprement littéraires offrent aux écrivains un nouveau moyen de diffusion, qu'emprunte déjà l'«École patriotique de Québec». L'histoire, avec François-Xavier Garneau, la poésie, avec Octave Crémazie, le roman, avec Philippe-Joseph Aubert de Gaspé, et la critique, avec Henri-Raymond Casgrain, donnent ainsi des oeuvres fondatrices. Le discours sur la littérature nationale s'affermit et trace les voies de l'avenir.
Cette collection, créée et dirigée par Maurice Lemire, présente non seulement le fait littéraire et l'examen des textes, mais aussi l'analyse du processus de leur production et de leur réception. Elle offre aux étudiants, aux enseignants et aux spécialistes une solide synthèse qui s'inspire d'une approche originale et d'une recherche de première main.
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