À cette époque, marquée par l’éclosion du radioroman et celle de la télévision, la modernité ruine la tradition épuisée du terroir et La Relève donne un lieu de réflexion en prise sur le personnalisme de Maritain et de Mounier. Des œuvres fortes, Menaud Maître-draveur et Trente arpents, annoncent le déclin du régionalisme. La guerre stimule l’édition, donne l’occasion aux éditeurs d’échapper à la censure du clergé et favorise les échanges entre écrivains français et québécois. De nouveaux poètes qui pratiquent le vers libre comme Saint-Denys Garneau, Alain Grandbois. Anne Hébert, Rina Lasnier, s’imposent, et les romanciers de la vie urbaine, comme Gabrielle Roy et Roger Lemelin, remplacent progressivement ceux qui préconisaient la fidélité à la glèbe. Le théâtre trouve son premier auteur d’importance, Gratien Gélinas. Des troupes de haut niveau se mettent en place, dont les Compagnons de Saint-Laurent. La carrière internationale du chanteur-compositeur Félix Leclerc prend son envol. L’essai délaisse la veine nationaliste et explore les nouvelles voies de l’humanisme chrétien, alors qu’en 1948 Refus global introduit un ton encore inouï de révolte.
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