Gaston Miron (1928-1996) a laissé une œuvre considérée comme l’une des plus marquantes de la littérature québécoise et même des littératures francophones. Traduit en plusieurs langues (anglais, portugais, espagnol, italien et bientôt coréen et roumain) et plusieurs fois revu et augmenté, son recueil L’homme rapaillé a été salué par de nombreux prix, dont le Prix Apollinaire qui lui a été décerné en France en 1981. Depuis son décès en 1996, un nombre impressionnant d’hommages et d’articles, parus tant au Québec qu’à l’étranger, ont rappelé l’importance de sa contribution et esquissé quelques avenues de recherche pour l’avenir. Au nombre de celles-ci et parmi les plus urgentes, figurent l’inventaire et le rassemblement de l’œuvre éparse.
Pour diverses raisons qu’il reste d’ailleurs à analyser, l’auteur a privilégié la publication en périodique à la publication en livre et n’a eu de cesse de multiplier les lieux et les modes de ses interventions littéraires. Si les manuscrits issus de ses grandes années d’écriture (1950-1960) sont nombreux et ont contribué de façon évidente à nourrir et à dynamiser la suite de l’œuvre, il demeure que la poétique de l’écrivain s’est largement édifiée à même des expériences d’« inachèvement » et de dialogue. Dialogue qu’il faut entendre ici au sens large et qui comprend autant le dialogue parlé que le dialogue écrit. En témoignent éloquemment les correspondances qu’il a entretenues parallèlement à l’élaboration de son œuvre poétique et les nombreux entretiens et interviews qu’il a accordés tout au long de sa vie. Retourner à ces lieux de parole vive, c’est, dans le cas de Gaston Miron, tout à la fois entrer dans l’atelier du poète et suivre l’évolution de sa pensée, saisir son regard sur la littérature et la marche du monde.
Le groupe de recherche sur Gaston Miron existe depuis le printemps 2000, moment où Marie-Andrée Beaudet et Pierre Nepveu, grâce à une première subvention CRSH (2000-2003), ont amorcé le travail d’inventaire et d’édition de « l’œuvre éparse » du poète. Deux publications sont directement issues du projet : Poèmes épars en 2003 et Un long chemin. Proses 1953-1996 en 2004, tous deux à l'Hexagone.
C’est au printemps 2003 que le groupe a entrepris le second volet de sa recherche, soit l’édition critique des entretiens et de la correspondance des années 1950-1960, grâce à une nouvelle subvention CRSH (2003-2006).
Outre les publications déjà réalisées ou en cours de réalisation, la recherche a également suscité la rédaction de textes critiques, la mise en ligne de l’inventaire de la bibliothèque personnelle de Gaston Miron et la participation à des événements destinés à éclairer les parties nouvellement émergées de l’œuvre mironnienne. L’équipe travaille également à la préparation d’une journée d’études qui se tiendrait dans le cadre de l’ACFAS en mai 2004.
Le groupe de recherche sur l’œuvre de Gaston Miron est membre depuis sa formation du regroupement IRMA (Initiative interuniversitaire de recherche sur les manuscrits et les archives littéraires).
L’équipe se compose de Marie-Andrée Beaudet (chercheure principale), professeur au Département des littératures de l’Université Laval et de Pierre Nepveu (co-chercheur), professeur au Département d’études françaises de l’Université de Montréal. Plusieurs assistants de recherche ont été ou sont présentement associés au projet :
Dernière mise à jour : 4 janvier 2006
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