FERLAND, Albert. Le Canada chanté. Montréal : Déom Frère, 1908-1909. 4 v. en 1. Livre Premier : Les horizons (32 p. 1908); Livre deuxième : Le terroir (29 p. 1909); Livre troisième : L'âme des bois (24 p. 1909).
Entends-tu, paysan, la chanson des corneilles,
Du sein du gouffre bleu saluant ton pays ?
Leur retour fait chanter la mémoire des vieilles,
Évoquant les soleils des printemps de jadis. [Première strophe, p. 17]
C'est Pâques dans les bois comme au sein des maisons.
Tandis que l'homme rêve à l'appel des églises,
Les corneilles d'avril, prodigues de chansons,
Annoncent le printemps aux proches forêts grises. [Première strophe, p. 11]
À M. le sénateur et Mme Alfred Thibaudeau
Passant, les pins ! Le mont s'emplit de leur nuit verte.
Ici, nombreux et forts, les a groupés l'amour.
Vois. De leurs bras obscurs ils déchirent le jour.
La majesté des pins à ton ’me est offerte. [Première strophe, p. 17]
À Sir Wilfrid Laurier,
Premier ministre du Canada
Tels dorment dans la mort aux pieds des vivants
Les arbres dont l'amour a tourmenté la terre,
Arbres forts que jadis la fuite des grands vents
Faisait, tumultueux, chanter dans la lumière. [Première strophe, p. 11]
Quand l'arbre enténébré dans les lacs semble choir,
Grenouilles que la mort du soleil fait poètes,
Vos chants, tels des adieux à la fuite du Soir,
Surgissent, solennels, au bord des eaux muettes. [Première strophe, p. 17]
Comme un troupeau de boeufs, vers la chute du jour,
Emplit de beuglements le calme des prairies,
Vous avez, quand vient l'heure où l'âme a plus d'amour
Peuplé de chants profonds mes jeunes rêveries. [Première strophe, p. 18]
© 2005 À la rencontre du régionalisme littéraire et artistique : l'illustration au Québec