Horaire : Lundi 16h-19h
Lieu : Pavillon Lionel-Groulx
Responsable : Gilbert David
Pour amorcer l'étude des pratiques dramaturgiques du théâtre québécois depuis 1980, ce séminaire se propose d'abord de passer en revue les principales théorisations du drame moderne et contemporain (Szondi, Abirached, Sarrazac, Lehmann). C'est toutefois sous l'angle du rapport entre les formes dramatiques et postdramatiques que seront essentiellement menés la réflexion et les travaux collectifs. La dramaturgie québécoise du dernier quart de siècle a vu en effet émerger nombre d'«objets dramatiques» qui, préfigurés par le Gauvreau des Entrailles (1944-1946), ont mis en crise la «pièce bien faite» et, plus largement, l'écriture dite réaliste. Il est aujourd'hui largement admis que la «surconscience linguistique» (Lise Gauvin) a, dans la foulée du «Nouveau théâtre québécois» investi la fiction dramatique en y incorporant des «mouvements de sens», des rythmes, des voix qui répondent à une poétique spécifique. Il y a lieu d'explorer plus avant cette poétique pour voir comment et jusqu'à quel point celle-ci procède d'une double posture en interaction: d'une part, celle qui relève de la sphère textocentrique, avec une écriture qui présente une résistance certaine, quoique à des degrés divers, à la représentation scénique; d'autre part, celle que l'on associe à la «dramaturgie de l'acteur» pour désigner des formes qui imbriquent en un même acte performatif une partition verbale et une écriture scénique.
Ainsi, les créations collectives, les performances autofictionnelles (à la Pol Pelletier), les spectacles postdramatiques (d'un Lepage ou d'une Marie Brassard) participeraient plus volontiers de cette dernière approche, pendant que les textes d'un Gauvreau, d'un Chaurette, d'une Marchessault ou d'un Danis, pour ne nommer qu'eux, pencheraient plutôt vers la déconstruction du «drame absolu». On aura compris que ce qui est en jeu ici c'est moins le discours de la fable que les mutations qui affectent l'action, la mise en voix et la politique du rythme dans la reconfiguration de la fiction dramaturgique au Québec.
a) Corpus
Textes de théâtre et/ou spectacles de Claude Gauvreau, Normand Chaurette, Jovette Marchessault, René-Daniel Dubois, Jean-Pierre Ronfard, Pol Pelletier, Robert Lepage, Carole Fréchette, Larry Tremblay, Daniel Danis, Lise Vaillancourt, Wajdi Mouawad, Marie Brassard et François Godin.
b) Choix d'études
ABIRACHED, Robert, La crise du personnage dans le théâtre moderne, Paris, Grasset, 1978.
DANAN, Joseph (dir.), «Mutations de l'action», L'Annuaire théâtral , n° 36, Ottawa, CRCCF et SQET, 2004, p. 7-112.
GODIN, Jean Cléo et Dominique LAFON, Dramaturgies québécoises des années quatre-vingt , Montréal, Leméac, 1999.
HAMEL, Réginald (dir.), Panorama de la littérature québécoise contemporaine , Montréal, Guérin, 1997 [voir le chapitre de Jean Cléo GODIN ainsi que celui de Bernard ANDRÈS et Pascal RIENDEAU sur la dramaturgie, p. 187-239.]
HÉBERT, Chantal et Irène PERELLI-CONTOS (dir.), Le théâtre et ses nouvelles dynamiques narratives , Presses de l'Université Laval, 2004.
LEHMANN, Hans-Thies, Le théâtre postdramatique , traduction de l'allemand par P.-H. Ledru, Paris, L'Arche, 2002.
MESCHONNIC, Henri, Politique du rythme, politique du sujet , Paris, Éditions Verdier, 1995.
PAVIS, Patrice, Le théâtre contemporain, Analyse des textes de Sarraute à Vinaver , Paris, Nathan, coll. «Lettres sup.», 2002.
SARRAZAC, Jean-Pierre (dir.), Lexique du drame moderne et contemporain , Belford, Éditions Circé, coll. «Circé poche», 2005.
SZONDI, Peter, Théorie du drame moderne, traduction de l'allemand par P. Pavis, avec la collaboration de J. et M. Bollack, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1983.
UBERSFELD, Anne, Lire le théâtre III, Le dialogue de théâtre , Paris, Belin, coll. «Lettres Sup», 1996.Exposé oral (45-50 m.) : 40 %
Travail écrit (12-15 pages) : 60 %
Dernière mise à jour : 10 octobre 2006
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