PIERRE POPOVIC (514-343-6481)
Vendredi, 8h30 à 11h30, A-2411, Pavillon Maximilien-Caron
Début : 14 septembre 2007.
1. Objectifs et contenu
Héritière d'une tradition où brillent des noms comme ceux de Lucien Goldmann, Walter Benjamin et Geörgy Lukàcs, la sociologie du texte réunit des critiques tels Claude Duchet, Jacques Dubois, Marc Angenot, Henri Mitterand, Gilles Marcotte, Benoît Denis, Benoît Melançon, Régine Robin, Dolf Oehler, Pierre V. Zima, Charles Grivel, Isabelle Tournier, Michel Biron, Michel Lacroix, Pascal Brissette, Geneviève Lafrance, Maxime Prévost ou Yan Hamel, pour n'en citer que quelques-uns.
Au cours du séminaire, les mots sociologie du texte (ou sociocritique ) seront pris dans un sens large. Ils désigneront les diverses méthodes qui entreprennent de déterminer et de qualifier le rapport entre le littéraire et le social à partir d'une herméneutique centrée sur le texte littéraire et en considérant que le littéraire et le social ne sont pas dans une relation d'extranéité, mais bien dans un continuum discursif et sémiotique.
Le séminaire portera sur la représentation de la ville dans les littératures française et québécoise contemporaines . On s'intéressera à deux genres particuliers : le roman et la poésie, et à trois villes occidentales singulières : Marseille, Montréal, Paris. Les mutations sociales et technologiques des vingt dernières années sont telles que l'idée même de ville est aujourd'hui mise en cause, tout particulièrement sur le plan des représentations imaginaires qui la médiatisent. La ville contemporaine n'a plus de centre, plus de frontière, plus de marché autarcique. Chaque jour elle crée de paradoxales ruines nouvelles. Les relations interindividuelles et les rapports entre les groupes s'y présentent sous des formes inédites. La pluralité culturelle vient bousculer la tradition des lieux et les vieux récits de fondation. La séparation du privé et du public change de forme.
Comment ces bouleversements passent-ils dans la fiction romanesque et dans la poésie ? Sous quels aspects ? Quels sens la littérature leur donne-t-elle ? À partir de quelle sélection d'événements, de lieux, de trajets et de moments ? Sur la base de l'élaboration de quels personnages et de la thématisation de quels phénomènes sociaux ? Au tamis de quel style, de quelle écriture, de quelles procédures de «mise en texte» ? Des réponses apportées à ces questions se dégageront les profils imaginaires de Marseille, de Paris, de
Montréal, villes de mots que l'on comparera pour évaluer leurs similitudes et leurs dissemblances. On prendra la mesure du lest de lieux communs, de redondances et de récurrences hérité des modèles légués par la tradition littéraire pour mettre ensuite en évidence la diversité des formes contemporaines en les rapportant à l'évolution du contexte sociohistorique de la seconde moitié du XXe siècle. Les travaux porteront sur un corpus d'une vingtaine de romans et de recueils. Le séminaire se déroulera comme suit. Après trois séances d'introduction (théorie, histoire, méthode), quelques séances seront consacrées à un fonds commun de lectures critiques (examen attentif d'études portant sur le sujet du séminaire) et à des analyses de textes faites en groupe (une petite anthologie d'extraits choisis sera distribuée au début de la session). Viendront ensuite les exposés des séminaristes ; chacun d'eux travaillera sur une oeuvre figurant dans la «Liste de textes» retranscrite ci-dessous.
Le séminaire sera relié aux activités du Collège de sociocritique de Montréal.
2. Bibliographie
a) Corpus
Nelly Arcan, Folle ; Yves Beauchemin, Le Matou ; Abdel-Hafed Benotman, Éboueur sur échafaud ; Henri-Frédéric Blanc, Les pourritures terrestres ; Jean-François Chassay, Les taches solaires ; Michael Delisle, «Le pont» (dans Le sort de Fille ) ; Patrick Goujon, Moi non ; Michel Houellebecq, Poésies ; Jean-Claude Izzo, Les marins perdus ; Thierry Jonquet, Moloch ; Pierre-Robert Leclerc, Le libraire de la rue Poliveau ; Jean-Marie Gustave Le Clézio, Désert ; Émile Ollivier, La brûlerie ; Danielle Phaneuf, La folle de Warshaw ; Frédéric Valabrègue, Les Mauvestis ; Frédéric Valabrègue, La Ville sans nom ; Didier van Cauwelaert, Un aller simple ; Frank Venaille, Hourra les morts ! ; Monique Proulx, Les Aurores montréales. Nouvelles ; Benoît Bouthillette, La trace de l'escargot ; Michel Tremblay, Le trou dans le mur ; Pierre Yergeau, Du virtuel à la romance ; Jean-Claude Izzo, Chourmo ; Yvan Queffelec, Disparue dans la nuit ; Marc Weitzmann, Fraternite ; Thierry Jonquet, Ad vitam æternam ; Serge Joncour, Que la paix soit avec vous .
b) Choix d'études
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