Été 2010 – Université du Québec à Montréal

HAR 7101 – Théories historiques et arts visuels

Horaire : les mardi et jeudi de 13 h 30 à 16 h 30 -
Local : J-R 535
Professeur : Dominic Hardy
Bureau : J-R660
Tél : 514-987-3000, poste 6448

 

Descriptif général

Que veut l'histoire de l'art ? Du moment que l'on réfléchit sur les actions et les effets dont on suppose que la discipline serait d'une certaine manière « consciente » vis-à-vis d'elle-même - et de sa construction théorique – c'est autour du désir d'agir que l'acte de faire de l'histoire de l'art prendrait, ou formerait, du sens. Dans la deuxième moitié du 20e siècle, à force de vouloir tenir compte de leurs assises théoriques, les historiens de l'art ont interrogé les éléments de spécificité de leur discipline (art, histoire), celle-ci étant entendue, voire imaginée, dans le cadre d'une pensée critique toujours renouvelée de ses limites et de ses ambitions. C'est à partir de l'histoire de cette interrogation que ce séminaire articulera aux préoccupations individuelles des participants trois axes d'étude qui nous permettront de penser ensemble des questions d'historiographie, d'interdisciplinarité et d'épistémologie :

  • Nous reviendrons sur une séquence d'approches historiques qui ont marqué l'éclosion et la définition de la discipline depuis le 18e siècle, notamment dans le cadre du renouveau historiographique que la discipline a connu récemment à l'aide d'études qu'on pourrait dire emblématiques d'un certain désir de réapproprier (ou ré-imaginer ?) quelques figures complexes de l'histoire de notre discipline (on pense aux retours récents sur Wolfflin, sur Warburg et Riegl, par exemple).
  • Ensuite, les formes et les figures de récit dans l'histoire de l'art nous intéresseront dans une mesure où elles s'adaptent à des formes de textualité très diverses (la notice critique, l'article scientifique, la monographie, l'exposition et la collection muséale), susceptibles à leur tour de se modifier au gré des transformations technologiques qui en forment les conditions d'émergence et de « lecture ». Cette étude des dispositifs et des structures spatiales encadrera notre réflexion sur les multiples « tournants » théoriques qu'a connus la discipline au 20e siècle (selon des modèles muséologiques, d'histoire sociale, d'études culturelles, postcoloniales et féministes notamment).
  • Enfin, nous réfléchirons sur quelques figures de connaissance importantes pour le travail historique, en portant notre attention sur la construction de sa subjectivité selon l'évolution des paradigmes de visualité, d'historicité et de conceptualisation spatiale présents dans les démarches historiques propres à son époque.

Nous chercherons ainsi à comprendre comment les assises actuelles de notre discipline nous permettent de situer nos propres actions en tant qu'historiennes, historiens de l'art, tout en tenant compte de la construction théorique de notre position dans l'imagination des récits historiques que nous menons vis à vis des arts visuels.

 

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