Étude historique de principales réalisations en caricature et satire graphique dans les arts visuels de l’occident depuis le XVIe siècle à nos jours, avec attention portée sur la circulation de l’image satirique à l’ère de l’imprimé et sa récupération par les systèmes de musées et d’archives nationales. Étude des vocabulaires et technologies de l’image satirique. Analyse historiographique des recherches ayant contribué à identifier le statut de la caricature et de la satire graphique en histoire de l’art.
Argumentaire :
Ce cours permettra aux étudiants, étudiantes d’acquérir des connaissances sur un corpus transhistorique de productions caricaturales et satiriques, ainsi que sur les questions et méthodes de recherche qui marquent actuellement ce champ d’études.
Dans un premier temps il sera possible de dresser un bilan depuis éclosion du genre au tournant maniérisme/Baroque (Carraci, Le Bernin), qui nous permettra de couvrir les étapes suivantes: tradition emblématique de polémique visuelle (Guerres de religion, 17e siècle Hollande-Angleterre), circulation de la caricature dessinée comme transfert commercial et identitaire à l’ère du Grand Tour, avènement de la sphère publique satirique et des notions de liberté d’expression politique (Hogarth, Rowlandson, Gillray), satire visuelle et institutions politiques françaises (David, Daumier), satire graphique à l’ère de la reproduction mécanique (évolution des pratiques technologiques – du dessin et la gravure sur bois à la lithographie et la reproduction photomécanique - dans la caricature européenne, états-unienne, québécoise et mexicaine aux XIXe-XXe siècles), questions de genre et de statut social et artistique dans la rencontre entre sphères artistiques (la caricature et la satire négociant les frontières entre beaux-arts, design, illustration et, de nos jours, les pratiques contemporaines de performance et d’installation).
Ensuite, il sera important d’insister sur certaines productions qui posent les limites du genre: les productions dont la violence pousse à sa limite la caractéristique “dé-figurative” de la caricature comme base du critique sociale et institutionnelle. Dans cet axe, productions historiques et contemporaines seront examinées en semble pour poser la question de la place du satirique dans l’art contemporain: par exemple, Goya/frères Chapman, Hogarth /Yinka Shonibare, artistes des Premières nations (Carl Beam, Kent Monkman) dont les productions tendent aussi à satiriser les institutions mêmes de l’histoire de l’art.
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